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Un juge fait le parallèle entre la mort de Pearl et Karachi

le 26 Juin 2012 à 10:51 | Lu 363 fois

Marc Trévidic est convaincu que l'assassinat du journaliste américain et l'explosion qui a tué onze ingénieurs français sont tous les deux la conséquence du non-respect de contrats d'armement avec le Pakistan.


Un juge fait le parallèle entre la mort de Pearl et Karachi
Daniel Pearl et les victimes de l'attentat de Karachi avaient un point en commun: ils étaient tous ressortissants de pays qui n'auraient pas respecté leur contrat d'armement avec le Pakistan. Chargé du volet terroriste de l'affaire Karachi, le juge Marc Trévidic a acquis la certitude de ce parallèle à l'issue de son déplacement aux États-Unis en février, révèle lundi une enquête du Parisien .

Dans le cadre du contrat Agosta portant sur la vente de sous-marins français au Pakistan, des commissions ont été versées à des décideurs pakistanais, pratique légale à l'époque. Mais à celles-ci se seraient ajoutées des rétrocommissions par lesquelles une partie des sommes revenait illégalement en France au profit de responsables politiques français. La justice se demande si ces rétrocommissions ont pu alimenter la campagne présidentielle d'Édouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole. Après sa victoire en 1995, Jacques Chirac avait fait cesser le versement des commissions. Marc Trévidic pense que cet arrêt pourrait être la cause de l'attentat de Karachi, qui a coûté la vie à 11 ingénieurs français travaillant sur la construction de ces sous-marins en mai 2002.

Audition clé d'Omar Sheikh
Or, explique Le Parisien, cette hypothèse politico-financière semble d'autant plus plausible qu'une cause similaire semble se trouver derrière la décapitation filmée du journaliste américain perpétrée trois mois plus tôt.

C'est l'audition d'Omar Sheikh, islamiste de 39 ans détenu à Guantanamo, qui a apporté un éclairage décisif sur l'assassinat du reporter du Wall Street Journal. Ce pakistano-britannique considéré comme l'organisateur de l'enlèvement et suspecté d'être un agent des services secrets pakistanais (ISI) a en effet authentifié deux mails envoyés à l'époque par les ravisseurs aux autorités américaines. Parmi les conditions posées à la libération de l'otage figurait l'exécution du contrat signée en 1990 avec les États-Unis portant sur la livraison d'avions F-16 ou à défaut le «remboursement avec intérêts du paiement effectué par le Pakistan pour les avions». De quoi mettre à mal la thèse islamiste, longtemps privilégiée par le prédécesseur de Marc Trévidic, le juge Bruguière.


Par lefigaro.fr