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Un mémorial réclamé par les fils de tirailleurs sénégalais

L'Association Mémoire du Tirailleur Sénégalais a déjà participé l'an passé à une cérémonie en l'honneur de leurs illustres anciens.


Rédigé par leral.net le Dimanche 26 Avril 2009 à 23:28 | | 0 commentaire(s)|

Un mémorial réclamé par les fils de tirailleurs sénégalais

C'est désormais officiel : 1 137 soldats africains venus combattre sous les couleurs françaises, lors du premier conflit mondial, sont enterrés au cimetière du Trabuquet de Menton. Ce long travail de recensement des défunts, effectué auprès du service des archives municipales, a enfin abouti après plusieurs mois d'épineuses recherches menées avec passion par Gaspard Mbaye, le président de l'A.M.T.S. (Association Mémoire du Tirailleur Sénégalais) et quelques membres de son association niçoise.

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« Il y avait pas mal d'erreurs de transcriptions des noms et de l'origine des soldats. Mais c'était une première étape importante dans le long processus de réhabilitation de la mémoire de ces hommes morts sous le drapeau tricolore et si loin de chez eux... », précise M. Mbaye, qui se bat plus que jamais pour ressusciter une histoire française quelque peu oubliée.

Confrontant les registres de l'état civil de Menton aux fichiers de l'Armée, ce professeur d'histoire domicilié à Antibes a fait preuve d'opiniatreté pour retracer les conditions d'existence de ces hommes venus en terre inconnue, mais tellement « emplis d'une grande fierté ». « Sur les 1137 soldats recensés à Menton, beaucoup d'entre eux sont morts de leurs blessures de guerre, mais aussi de tuberculose. La plupart venaient de l'ex Soudan français, ce qui correspond aujourd'hui aux régions du Mali, Burkina Faso, Sénégal et de la Nouvelle Guinée ».

« Il est temps de faire quelque chose »

L'année prochaine, le président de l'A.M.T.S. envisage de réaliser le même travail de recensement à Cannes et Nice, même si la tâche s'avère encore plus ardue, car les tirailleurs morts ne sont pas répertoriés et ont sans doute disparu au fil des restructurations des cimetières.

Néanmoins, M. Mbaye veut y croire au nom de son objectif premier qui est aussi la devise de son association : " Histoire reconnue, mémoire partagée ".

« Il est temps de faire quelque chose pour ces soldats qui se sont sacrifiés il y a plus de quatre-vingt dix ans au nom de la nation française. Leur engagement n'est pas assez reconnu », clame le président, lui-même fils de tirailleur.

Et d'ajouter : « Nous espérons voir un mémorial à Menton, comme c'est déjà le cas à Fréjus. Ce serait une forme de reconnaissance de ce passé et de l'histoire. Nous le souhaitons intégré dans la vie citoyenne et non quelque part enfoui au fond d'un cimetière... ».

À tous ceux qui ne voient pas forcément ce sentiment patriote d'un très bon oeil, M. Mbaye veut apporter quelques précisions : « Notre association n'est pas communautaire, bien au contraire, elle est ouverte à tout le monde et a une portée universelle et pédagogique. Et surtout, elle est là pour rendre hommage à l'histoire et non pour servir à demander une quelconque indemnisation comme j'ai malheureusement pu l'entendre. Pour construire une France juste, il faut tenir compte de cette diversité ».

Interrogé, le député-maire de Menton, Jean-Claude Guibal, est plutôt favorable : « Je trouve que l'on ne s'est pas très bien comporté à l'égard de ces soldats venus se battre sur le territoire de la métropole. Il faut leur rendre hommage, d'autant qu'à Menton, ils font partie de la mémoire mentonnaise. Je n'imagine pas un monument placé n'importe où en ville, mais plutôt une stèle au Monument aux morts, ou pourquoi pas sur l'un des bâtiments où les tirailleurs sénégalais étaient hospitalisés... ».

En attendant, tous les sympathisants sont invités à la deuxième marche du tirailleur entre Nice et Menton qui aura lieu le 8 mai prochain.

R. D.






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