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Un réalisateur français dans le Paysage Audiovisuel Brésilien (PAB)

Après 20 ans de carrière en France comme scénariste et réalisateur, Karim Akadiri Soumaïla a décidé de s'installer au Brésil avec pour projet professionnel de mettre un pied dans le PAB !


Rédigé par leral.net le Lundi 10 Octobre 2011 à 14:16 | | 1 commentaire(s)|

Un réalisateur français dans le Paysage Audiovisuel Brésilien (PAB)
Karim A.S, réalisateur et scénariste français, d'origine afro-antillaise, est venu s'installer au Brésil il y a deux ans, avec Monica Fernandes, styliste du créateur Pedro Lourenço, après vingt ans de bons et loyaux services dans le PAF (Paysage Audiovisuel Français). Il a travaillé pour France Télévision, Arte, Canal Plus, Orange cinéma séries et TV5 Monde.

Il a réalisé au Brésil des reportages sur les résidences privées d'Oscar Niemeyer, le design des frères Campana, la São Paulo fashion Week, un film de 26 minutes sur Walter Lewy, peintre surréaliste germano brésilien.

Avec A Retomada, film de 52 minutes consacré au renouveau du cinéma brésilien, diffusé en 2011 sur Canal Brasil, Karim met un pied dans le PAB.

A Retomada a été multidiffusé (25 fois) sur Canal Brasil. Comment a-t-il été accueilli par le public brésilien ?

A Retomada a été produit par Orange cinéma séries dans le cadre d’une programmation que le groupe de chaines numériques consacrait au cinéma brésilien et aux mini-séries produites par HBO Brasil. Mon film faisait écho à cette soirée thématique.

Ce fut, pour ce concurrent de Canal Plus qui a commencé d’émettre en 2008, la première co-production et au Brésil, la première fois qu’un documentaire réunissait les réalisateurs majeurs de la Retomada. C’est la raison pour laquelle Canal Brasil l’a diffusé aussi rapidement.
Et de ce fait le public comme la critique brésilienne a bien reçu ce documentaire qui constituait pour eux une première du genre. J’ai pu sans complaisance décrypter ce mouvement cinématographique dans sa force comme dans ses manquements.

Un de vos projets au Brésil est de réaliser, pour la télévision brésilienne, un magazine audiovisuel sur l'excellence française. Pouvez-vous nous expliquer ?

Ce projet de magazine audiovisuel est destiné à la GNT (Globosat au Brésil) et Capa TV (France) qui met en avant l'excellence du savoir-faire français dans les domaines du luxe et de l’artisanat.

Les marques de luxe françaises sont depuis deux ans à la conquête du Brésil, et j’aimerais accompagner ce mouvement par le reportage en mettant en valeur le fleuron de ce savoir-faire.

J’ai déjà fait des films sur le sujet pour le magazine Chic d’Arte et de Nec Plus Ultra diffusé sur TV5 Monde.

J’ai également en projet un documentaire, sur l’incontournable Mondial 2014 pour Canal+ et Capa. Mais comme je n'abandonne pas la fiction, je travaille également sur l’écriture d’un long-métrage et un unitaire de fiction pour la télévision.

Pour concrétiser votre projet, vous avez décidé de franchir un cap en devenant un entrepreneur. Pourquoi ?

Ce pays vous pousse à l’esprit d’entreprise. Après 20 ans de métier, formé en France, il me serait difficile de me fondre dans une maison de production aux méthodes de travail opposées.

De plus après avoir fait le tour de certaines maisons de productions de renom, il m’a semblé comprendre que je n’y avais pas ma place.

Il ne me restait qu'une seule issue, créer ma structure de production pour générer des coproductions entre les deux pays et mettre à profit mes 20 ans d’expérience dans le paysage audiovisuel brésilien. Je pourrai ainsi continuer, avec la même détermination qui m’a toujours animé, d’aiguiser mon regard sur le monde.

Quels sont les avantages d'une coproduction entre la France et le Brésil ?

L’avantage de coproduire entre les deux pays, c’est de bénéficier de sources de financements distinctes.
En France ce sont les chaines de télévision qui financent les productions audiovisuelles, se greffent ensuite le CNC (centre national de la cinématographie) et autres sources de financements spécifiques (Sofica).
Au Brésil, ce sont les entreprises qui assurent le financement à travers un mécanisme de défiscalisation comme la loi Rouanet, et Ancine, organisme équivalent du CNC.

De plus, dans le secteur audiovisuel, il existe des accords entre les deux pays pour faciliter les coproductions et permettre la libre circulation des biens culturels.

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?

La première difficulté réside dans la lenteur administrative du Brésil pour les entrepreneurs étrangers. L’on vous impose un partenariat d’office lorsque vous êtes étrangers ce qui peut constituer un mariage forcé donc contre nature en termes de méthodes de travail. Mais il semblerait que Dilma Rousseff, en promulguant une nouvelle loi, permettrait de passer outre et d’ainsi rester le seul maître à bord de sa propre entreprise.

Mais la difficulté principale réside dans la quête d’investisseurs. Le directeur d’Ubifrance me faisait à juste titre remarquer l’absence d’investisseurs pour les entrepreneurs indépendants français expérimentés dans leur domaine. Il aurait souhaité, si son mandat le lui permettait, y remédier en provoquant des rencontres entres ces investisseurs et des startups.

Quel rôle peuvent jouer les institutions françaises pour faciliter l'implantation des entrepreneurs français au Brésil ?

Dans la communauté hétérogène de Français de l’étranger, nos statuts sont bien distincts.

Vous avez d'un côté les expatriés avec tout l’appareillage de protections sociales et de l’autre, n’ayons pas peur des mots, des immigrés français dont l’intégration à l’étranger est une vraie gageure.

L’on parle depuis quelques temps d’une députation des Français de l’étranger. Sans vouloir sombrer dans l’assistanat, cette députation a un rôle à jouer vis-à-vis des certains Français qui peuvent paraître les plus vulnérables ou d’autres à l’inverse dotés d’un esprit d’entreprise et de conquête.

Il y a un véritable vivier parmi ces candidats à l’immigration ou l’expatriation. Investir sur ces startups, c’est aussi contribuer à l’essor des Français de l’extérieur et permettre ainsi le rayonnement culturel et entrepreneurial de la France au Brésil, comme ailleurs.



1.Posté par wade le 10/10/2011 16:21 | Alerter
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bravo.

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