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Un verdict clément pour le superflic de Bo Xilai

le 24 Septembre 2012 à 12:29 | Lu 194 fois

Wang Lijun, ex-chef de la police de la mégapole de Chongqing et ex-bras droit du dirigeant chinois Bo Xilai, a été condamné lundi par un tribunal de Chengdu à quinze ans de réclusion.


Un verdict clément pour le superflic de Bo Xilai
De notre correspondant à Pékin

Le verdict est tombé ce lundi sur Wang Lijun, le «superflic» du politicien déchu Bo Xilai. L'homme par qui le scandale est arrivé a été condamné à quinze ans de prison par le tribunal de Chengdu, dans le sud-ouest du pays. L'ancien chef de la police de Chongqing a décidé de ne pas faire appel. Et pour cause: la peine est plutôt clémente pour un homme qui a été reconnu coupable de défection, d'abus de pouvoir, de corruption et de «détournement de la loi à des fins personnelles». Sur le Web chinois, l'avis est presque unanime. Une grande majorité des internautes chinois, passionnés depuis des mois par l'affaire, estiment «qu'il s'en tire bien».

Wang Lijun, donc, a sauvé sa tête. La semaine dernière, au terme d'un procès à moitié public, à moitié secret, les juges avaient indiqué qu'il avait apporté une «importante contribution», en livrant beaucoup d'informations sur les affaires auxquelles il était mêlé. En clair, il avait considérablement aidé à charger le dossier de Bo Xilai et de son épouse Gu Kailai. Cette dernière, accusée d'avoir empoisonné l'homme d'affaires britannique Neil Heywood, a été condamnée en août à la peine capitale assortie d'un sursis à exécution de deux ans, soit l'équivalent de la prison à perpétuité. Même la «trahison» de Wang Lijun, sa fuite et sa tentative de défection au consulat américain de Chengdu, est atténuée par la menace que faisait peser sur sa vie l'ire de Bo Xilai.

Mépris du droit et de la morale
Issu de la minorité mongole, âgé de 52 ans, Wang Lijun est réputé être un expert en arts martiaux, au corps recouvert de cicatrices de blessures passées. Il avait croisé Bo Xilai quand celui-ci était en poste dans la province nordiste du Liaoning. À Chongqing, il était devenu son âme damnée, son bras droit pour la bataille menée contre les «gangs noirs». Une saine croisade contre les mafias toutes puissantes de la ville, mais menée au mépris du droit et de la morale. Sans scrupules et sans états d'âme, Wang Lijun avait même inspiré une série télévisée, Tiexue jinghun («Police au mental de fer et de sang»).

La semaine dernière, l'agence officielle Chine Nouvelle a publié des extraits de ce procès sensible. On y apprend que Wang Lijun avait tenté de prévenir du crime le patron de la ville, qui n'est pas nommé mais dont tout le monde comprend qu'il s'agit de Bo Xilai. Et que celui-ci lui aurait intimé le silence, allant même jusqu'à le gifler. Ces révélations ouvrent la voie à un procès criminel pour Bo Xilai, pour avoir couvert l'affaire. Pour l'instant, il n'est accusé que d'avoir manqué à la discipline du Parti, et son sort doit diviser les hauts dirigeants chinois. Le sujet est extrêmement délicat, alors que le 18e Congrès doit s'ouvrir le mois prochain. Pour l'heure, Bo est toujours gardé au secret.

Par Arnaud de La Grange