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Une Coupe du monde de foot des sans-abri pour changer de vie

Retrouver sa dignité, espérer quitter la rue et changer de vie grâce au football: c'est le pari de la Coupe du monde des sans-abri dont la septième édition se tient à Milan (nord) jusqu'à dimanche.


Rédigé par leral.net le Mardi 8 Septembre 2009 à 16:55 | | 0 commentaire(s)|

Une Coupe du monde de foot des sans-abri pour changer de vie
A quatre contre quatre, les joueurs se défient sur les terrains de "street-soccer" montés dans l'arène du Parc Sempione au centre de Milan.
Mais pour eux, l'enjeu dépasse le titre de champion. "Un ballon peut changer le monde", comme le clame le slogan placardé autour du terrain.
Membre de l'équipe des Etats-Unis, Carlos Hernandez, de Los Angeles, en est la preuve.
"J'ai été sans-abri pendant cinq mois, je passais la journée à errer dans les rues, mangeant parfois les ordures", raconte-t-il.
C'est la rencontre, dans un centre d'accueil pour sans-abri, d'un joueur ayant participé à la compétition l'an dernier qui lui met le pied à l'étrier.
"Grâce à cette personne et au foot, ma vie a changé. Le foot aide beaucoup car on a besoin d'être concentré sur quelque chose, sinon on tombe dans la drogue, dans l'alcool", souligne Carlos, qui vient d'être accepté par une université.
"Quand on est à la rue, on est isolé, on ne pense qu'à soi, à comment on va trouver à manger. Jouer en équipe change les gens", explique l'Ecossais Mel Young, fondateur de l'événement.
Cet homme, à l'origine de l'édition écossaise du journal de sans-abri The Big Issue, a eu l'idée de monter cette Coupe du monde au début des années 2000.
Las des conférences sur les sans-abri... sans sans-abri, il souhaitait les impliquer dans un événement. "Le langage international le plus simple, c'est le foot", pense-t-il alors, et la première édition de la Homeless Worldcup se tient en 2003 en Autriche avec 18 équipes nationales.
Cette année, 500 joueurs de 48 équipes nationales, allant du Brésil à l'Italie en passant par les Philippines et le Mexique, ont fait le déplacement. En 2010, la Coupe se déroulera à Rio de Janeiro et en 2011 à Paris.
Le football permet "de recadrer les sans-abri qui retrouvent ainsi une famille", renchérit Jean-Michel Touré, entraîneur de la Côte d'Ivoire dont l'équipe est notamment formée de jeunes réfugiés dans la capitale Abidjan à cause du conflit qui a déchiré le pays en 2002.
Aider les sans-abri à changer de vie, "c'est la raison principale pour laquelle nous avons fait (la Coupe) et pourquoi nous continuons à la faire car il semble que cela marche", poursuit Mel Young.
En effet, selon les organisateurs, 70% des anciens participants ont vu leur vie changer significativement, trouvant un toit, un emploi ou entamant une formation.
"Tant que je ne le vois pas, je ne peux pas y croire", doute Ali Coulibaly, joueur de l'équipe de France. Arrivé en France du Sénégal il y a 18 ans, il a toujours été dans une situation "précaire", dormant dehors ou dans des appartements en colocation, enchaînant les missions en intérim.
"Ma situation aujourd'hui n'est pas facile, il n'y a que quand je suis sur le terrain que j'oublie tous mes problèmes, une fois que je suis sorti, ça revient", confie-t-il.
"Sans-abri temporaire" depuis le séisme de L'Aquila en avril, Roberto Di Stefano, invité par l'équipe d'Italie, est lui touché d'être "accueilli par des garçons plus défavorisés" et espère surtout "que cela sera l'occasion pour eux de changer de vie". "Car pour nous cela ira mieux bientôt alors qu'eux, leur futur est incertain", souligne-t-il.






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