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Rédigé le Jeudi 21 Février 2013 à 21:00 | | 1 commentaire(s)

On n’a pas besoin de revenir ici sur la facilité avec laquelle un groupe infime de rebelles aux motivations disparates (MNLA, MUJAO, ANSAR DINE, AQMI) s’est emparé de la totalité du Nord Mali pour y asseoir une République autoproclamée nommée Asawaad.



Une autre lecture est possible.
Ce qui est choquant par contre, c’est de lire une contribution de Pape Diop - un ancien Président de l’Assemblée Nationale de notre pays - où il résonne, par rapport à la place du Sénégal dans cette crise, en termes de « wolofobougou » et de « Malicounda ». Il est vrai que La géopolitique et la géostratégie qui nourrissent, définissent et régentent depuis longtemps les rapports entre les peuples et les Etats sont trop compliquées pour des âmes si simples, si immatures. C’est pourquoi, j’ai toujours défendu que nous autres africains, sommes plus victimes des bouffons qui ont été placés à la tête de nos Etats (depuis l’indépendance) que des autres calamités (néocolonialisme par exemple) que nous accusons ou évoquons souvent dans les débats et à tort.

S’il y a aujourd’hui des hommes qui ont sauvé le Mali d’une partition certaine, il faudra compter parmi eux le Président Sénégalais (Macky Sall) bien après le teigneux et perspicace Capitaine Sanogo. Ces deux messieurs ont eu le courage de contrer le dessein américain US du « Grand Orient ». Mais savez-vous ce que signifie le « Grand orient » pour le Département d’Etat ?
Dans la stratégie américaine US pour contrôler le monde arabe en y instaurant des régimes à Islam « modéré » mais « contrôlables », il faut impérativement unifier tous les peuples qui partagent non seulement cette religion mais aussi la langue arabe et puis faire sauter un à un tous les régimes conservateurs et islamistes* appelés verrous* souvent catalogués comme faisant partie intégrante de l’axe du mal* cher à Bush. Le régime irakien de Saddam, la Tunisie de Ben Ali et la Libye de Kadhafi furent sacrifiés à l’autel de ces intérêts nouveaux. La révolution égyptienne que les américains n’attendaient point, a plus ou moins sauvé l’Algérie (en sursis jusqu’à présent) qui constitue aujourd’hui le dernier verrou qu’il faut démanteler pour unifier le monde arabe (Afrique du Nord + Moyen-Orient = Grand Orient) dont rêvent Obama et l’administration US. De l’autre côté, comme en Iran, les choses sont plus compliquées encore et traînent depuis . Il ne faut pas oublier que la Banque Mondiale a fini depuis longtemps de créer une nouvelle « région économique » estampillée « Midle Est/North Africa » ou « Mena » dans ses projets d’appui au Développement.
Ce projet, la France de Sarkozy y avait souscrite totalement pour protéger et sécuriser ses intérêts au Niger : il est vrai que AREVA qui exploite l’uranium nigérien, assure 70% de l’énergie des ménages en France.
Le capitaine Sanogo, en prenant le pouvoir par la force, a sorti le faible ATT du jeu Franco-américain. Dépêché à Bamako le 26 Février 2012, Alain Jupé, le Ministre des Affaires Etrangères français de l’époque, y exprimait déjà la conviction de son pays (la France Sarkozyenne*) en ces termes : « il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’asseoir autour de la table, et le Président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention ». N’oublions surtout pas que ATT avait déjà accepté sous la pression américano--française que les touaregs chassés par la révolution libyenne, entrent au Mali avec un armement plus lourd que celui de ses propres forces de défense. Entre-temps, puissamment armé et avec la bénédiction factice de ses défenseurs, le MNLA a lancé dans le Nord - Est du Mali, une offensive qui a mis l’armée malienne en faillite, et le 24 janvier 2012, à Aguel Hok, les envahisseurs ont capturé et exécuté, sans ménagement, prés d’une centaines de militaires maliens. Une telle humiliation ne pouvait que pousser les populations à dénoncer l’impuissance de ATT et puis encore, sa complicité coupable avec les ennemies de son peuple. Sans aucun doute, sous la dictée de la France Sarkozyenne* et des USA, ATT privilégiait la poursuite du processus électoral au détriment de la sécurité et de l’intégrité du territoire malien. Et à ce jeu là, Sanogo passe pour un sauveur certain ! Oui, pour la France et les USA (et sans ambiguïté aucune), il fallait négocier une forme de partition du Mali avec la rébellion : la poursuite du processus électoral ne débouchant que sur l’élection d’un Président de la République qui n’ait aucune légitimité sur un Nord Mali annexé.
Les événements du 21 mars 2012 (renversement de ATT) surprirent tout le monde alors il ne restait plus que l’instrumentalisation de la CEDEAO : elle condamne le putsch, prend des mesures d’embargo et de sanctions économiques et financières contre le Mali, et bloque, dans les ports du Ghana, de Dakar et de Conakry, les armes, pourtant commandées par le défunt régime. La « nécessité de restaurer l’ordre constitutionnel » prenant le pas sur l’exigence de « restaurer l’intégrité territoriale » d’une République sœur agressée de l’intérieur comme de l’extérieur. Il ne fallait en aucun cas, laisser des « putschistes » réorganiser l’armée en déroute, ni l’équiper encore moins l’aider à déloger des rebelles qui sont là où ils sont par la seule volonté des américains. Sous la houlette de l’homme tige de Ouaga, les rebelles sont conviés à la table des négociations au moment où le lémure d’Abidjan (Président en exercice d’une Cedeao conditionnée) essaie de lever une armée de la sous région pour aller déloger Sanogo au profit de la légalité constitutionnelle. Et c’est là où Macky fut brave : en refusant d’envoyer des soldats sénégalais (pas pour libérer un pays frère mais plutôt pour légitimer sa partition définitive), il retarda la stratégie en enraillant tous les rouages de la mécanique des béni oui oui de la Cedeao . C’est vrai que Alassane Ouattara sait combien il est bénéfique* pour un pays de faire des élections dans un pays dont la moitié est entre les mains d’une rébellion armée. Dans le cas malien, heureusement que Sanogo et une bonne frange de la population se sont opposés au déroulement de ce suicidaire processus électoral.
Heureusement, Sarkozy est tombé et avec lui toute la politique française dans le dossier malien. Hollande, devant la fermeté de Macky, s’est enfin résolu à se démarquer du grand dessein américain dans le nord Mali. Comme le Sénégal, la France finit par comprendre que la moindre croisade contre les putschistes, est dans les faits, une guerre larvée contre l’armée régulière du Mali et par conséquent une déstabilisation chaotique de la sous région qui, forcément rejaillira sur ses intérêts au Niger.
Je dis ici que ceux qui n’ont pas compris Macky et qui s’empresse de parler de wax waxeet, sont atteints de cécité intellectuelle et d’amblyopie pour ne pas dire amaurose mortelle en ce qui concerne les réalités géostratégiques du monde actuel. Par conséquent, ils doivent nous épargner de leur volonté de conduire notre Etat dans le futur. Le grand mérite de Macky, pour ceux qui ne savaient pas, réside dans le fait d’avoir poussé, directement ou indirectement par son refus ferme et courageux de sauvegarder d’abord les intérêts du Sénégal, Hollande, à savoir dégager courageusement la France d’une entreprise de « guerre » de la CEDEAO contre l’armée malienne commandée dans les faits par Sanogo, sous prétexte de « rétablissement de l’ordre constitutionnel ». La suite, nous l’avons tous vécue : la France a libéré le Nord Mali profitant des erreurs des rebelles qui ont voulu mieux se positionner dans les éventuelles négociations que tout laissait entendre .
Je m’adresse ici à tous ceux qui nous parle à longueur de journée de néocolonialisme. Et si la France ne s’était pas lancée ? De quelle indépendance parleriez-vous ? De quelle souveraineté se targuerez-vous quand deux tondus et trois pelés armés sont capables de prendre la moitié d’un territoire sous le nez et à la barbe d’une de nos armées régulières de plus de cinquante ans d’existence ?
Le débat est ailleurs ; il est dans l’après guerre, à l’heure de la réconciliation nationale. Ce qui se passe sur le terrain de la reconquête fait aujourd’hui peur. Pourquoi les soldats maliens sont-ils présents dans toutes les villes libérées sauf à Kidal ? Si à Bamako, on ne parle pas le même langage, il y aura de fortes chances que la France, pour ne pas continuer à heurter frontalement le dessein américain US, passe allègrement de sa position de « forces d’intervention » à celle de « forces d’interposition ».
L’intégrité du territoire n’est pas négociable et tous ceux qui prennent les armes contre leurs propres concitoyens ne méritent aucune considération. Jamais, Sanogo, au prix de sa vie (car je pense sincèrement qu’il la perdra bientôt en martyre à l’autel des intérêts américains) ne l’acceptera : il veillera comme un phare placé au dessus de la muraille pour éclairer des jours nouveaux au Mali que nous aimons tous, un et indivisible. Et c’est à ce niveau de responsabilité qu’il faut lire son putsch comme un ATT coupable parce que faible et sa colère comme un Modibo NASA que les américains avait placé dans ce pays pour veiller sur leurs intérêts peu orthodoxes. Croyez-vous honnêtement qu’un Malien, patriote véritable, passerait un seul instant à la Nasa ?



Amadou Fall Enseignant à GUINGUINEO
TEL : 775457544/706805575
Zemaria64@yahoo.fr/zemazia64@hotmail.fr





1.Posté par FAYE le 22/02/2013 15:39 | Alerter
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Le seul point sur lequel je ne suis pas d'accord avec vous concerne la thèse selon laquelle ce sont les américains qui ont été à l'origine des révolutions arabes. Ces révolutions arabes sont le fait des peuples arabes qui se sont mobilisés comme un seul homme pour se libérer de la chape de plomb de dictateurs sanguinaires à courte vue. Si les américains souhaitaient l'avénèment du "Grand 0rient", il faut reconnaître qu'ils ont été pris de cours par les populations qui ont décidé de sortir d'une longue torpeur pour faire l'histoire, leur histoire. Je défends avec vigueur que toute analyse qui vise à minimiser la mobilisation et la décision des populations opprimées qui ont se sont soulevés pour se libérer des régimes obscurantistes, vogue à contre courant de l'histoire. Cette façon de voir les choses est dangereuse et contre révolutionnaire car elle est incapable de prendre en compte ce que disait Karl Marx-qu'on ne cite plus malheureusement- à savoir que ce sont les peuples qui font l'histoire. Ces mêmes peuples continuent la mobilisation pour défendre leur révolution. Les changement que devait amener la révolution ne sont pas aussi radicaux qu'ils devaient l'être. La raison est à chercher dans ce que nous enseigne l'histoire et qu'ont confirmé les révolutions arabes: les révolutions populaires arabes se sont transformées en révolution bourgeoise qui utilise les élections pour réfréner les aspirations des masses populaires. Ces élections ont permis aux islamistes qui n'ont aucun programme de redressement de pays exsangues d'accéder au pouvoir. C'est pourquoi aussi bien en Egypte qu'en Tunisie se mobilisent de jour comme de nuit pour barrer la route aux islamistes au pouvoir.

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