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Une femme ronde dans un avion casse les tabous liés à l'obésité

le 19 Août 2016 à 09:08 | Lu 2416 fois

Une femme ronde dans un avion casse les tabous liés à l'obésité

 

 

Un homme embarque à bord d’un avion et s’assoit sur son siège, qui se trouve côté hublot. Il est sur un vol régulier entre Tokyo et Hong Kong. Mais quand une femme s’assoit sur le siège d’à côté, son pire cauchemar devient soudain réalité.

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“Bonjour ! Comment allez-vous ?” a lancé la femme en souriant, lorsqu’elle s’est installée à côté de moi. Elle a dû s’asseoir très lentement. Elle remplissait tout l’espace, à tel point que son corps a enfoncé les boutons de la radio des accoudoirs. 

Alors qu’elle s’installait confortablement, elle a posé son énorme bras sur notre accoudoir commun. Elle était si costaud, qu'elle prenait tout l’espace autour de nous. À côté d’elle, sur mon siège, j’avais l’air rapetissé, comme si je n’existais plus. 

J’ai fait une grimace de dégoût et me suis tourné vers la fenêtre. 

Elle s’est alors penchée vers moi et a m’a salué une nouvelle fois d’une voix gaie et chaleureuse. Elle me regardait avec insistance et je me suis senti obligé de me tourner pour la regarder aussi. “Salut”, j’ai répondu, avec répugnance. 

Je me suis retourné pour regarder par le hublot. J’étais de mauvaise humeur en pensant aux longues heures de vol insoutenables avec ce monstre assis à côté de moi.

Elle m’a donné un coup de coude avec son bras, qui ressemblait à un jambonneau. “Je m’appelle Laura. Je suis de Grande-Bretagne. Et vous ? Du Japon ?”

“De Malaisie”, ai-je aboyé.

“Oh je suis tellement désolée ! Acceptez-vous mes sincères excuses ? Allez, serrons-nous la main. Si nous devons passer six heures côte à côte dans cet avion, autant être amis, non ?” Elle a remué sa main devant moi. Je l’ai serrée à contrecoeur, toujours silencieux.

Laura a commencé à vouloir discuter avec moi, ignorant mes réactions très froides. De manière très enjouée, elle a parlé d’elle, de son voyage à Hong Kong pour voir ses amis. Elle a débité toute la liste des choses qu’elle allait acheter pour ses étudiants dans l’internat où elle enseignait. 

Je répondais à ces questions de manière monosyllabique. Imperturbable face à mon hostilité, elle remuait la tête pendant qu’elle faisait des commentaires sur mes réponses. Sa voix était chaleureuse et elle avait l’air attentionnée. Quand on nous a servi le plateau-repas, elle a été aimable et serviable, s’assurant que j’aie suffisamment d’espace sur mon siège et ma tablette pliante. “Je ne veux pas vous cogner avec ma taille d’éléphant !” a-t-elle dit avec la plus grande sincérité. 

À ma grande surprise, son visage, qui m’inspirait de la répugnance quelques heures auparavant, était tout sourire, à la fois plein de vie et empreint d'une sérénité désarmante. Je n’ai pas pu m’empêcher de baisser ma garde.

Laura était une personne qui aimait bien parler. Elle était calée sur tout, de la philosophie à la science. Elle rendait le moindre sujet insignifiant en une chose intéressante, que l’on a envie de comprendre. Ses commentaires étaient à la fois pleins d’humour et inspirants. Quand nous nous sommes mis à discuter des cultures, j’ai été agréablement surpris par ses remarques intelligentes et ses analyses bien réfléchies. 

Durant toute notre conversation, Laura et ses blagues ont toujours réussi à faire rire les membres de l’équipage qui nous servaient. 

Lorsqu’une hôtesse est venue ramasser nos assiettes, Laura a sorti quelques blagues sur sa taille. L’hôtesse a rougi en gloussant et a dit, en prenant la main de Laura : “Grâce à vous, je passe vraiment une meilleure journée !”

Pendant quelques minutes, Laura a attentivement écouté l’hôtesse parler de ses problèmes de poids et lui a donné quelques tuyaux. Reconnaissante, l’hôtesse de l’air a dit, avant de partir : “J’ai du travail. Mais je reviendrai plus tard et vous en parlerai.”

J’ai demandé à Laura : “Vous avez déjà pensé à faire un régime ?”

“Non. J’ai travaillé dur pour être comme cela. Pourquoi aurais-je envie d’abandonner ?”

“Vous n’êtes pas inquiète des maladies cardiovasculaires qui sont liées à l’obésité ?”

“Pas du tout. Vous devenez malade uniquement si vous faites une obsession sur votre poids. Vous voyez des pubs pour des centres d’amincissement qui disent “Éliminez les kilos en trop pour vous sentir libre”. C’est de la connerie ! Nous sommes libres à partir du moment où nous nous sentons bien, tels que nous sommes tous les jours de l’année, peu importe ce à quoi nous ressemblons. Pourquoi aurais-je envie de perdre mon temps avec des régimes amincissants alors que j’ai tellement d’autres choses à faire et tellement d’amis avec qui je peux passer mon temps ? Je mange sainement et je marche régulièrement. Je suis comme cela car je suis née pour être grosse. La vie est tellement riche qu’il est inutile de se la gâcher toute la journée en s’inquiétant de son poids.” 

Elle a siroté son verre de vin. “D’ailleurs, Dieu me rend tellement heureuse que j’ai besoin d’un corps plus grand pour contenir toute cette joie ! Pourquoi devrais-je perdre du poids si c’est pour perdre mon bonheur ?!” Déconcerté par sa réponse, j’ai eu un petit rire qui indiquait que je n’étais pas à l’aise.

Laura a continué : “Les gens me voient souvent comme une femme avec de gros seins, de grosses cuisses et un gros cul. Ils pensent qu’aucun homme ne s’embêterait à me mater dans la rue. Ils me voient comme une fainéante. Ils pensent que je suis trop feignante pour me bouger et que je n’ai pas de volonté. C’est faux.” Elle tend son verre à un membre de l’équipage qui passe. “Plus de ce magnifique vin, s’il vous plaît.” Elle sourit gentiment à l’hôtesse. “Merci. L’équipage fait un superbe service. Que Dieu vous bénisse tous.”

Elle se tourne vers moi. “En fait, je suis très fine à l’intérieur. Je déborde tellement d’énergie que les gens n’arrivent pas à me suivre. Ce trop-plein de chair est là pour me ralentir. Sinon je serais tout le temps en train de courir partout après les hommes.”

“Est-ce que les hommes vous courent après ?”, ai-je demandé, en plaisantant. 

“Bien-sûr qu’ils le font. Je suis mariée et heureuse de l’être, mais les hommes continuent de me draguer.”

“La plupart d’entre eux ont des problèmes dans leur couple et ils ont besoin de quelqu'un à qui ils peuvent se confier. Pour une raison que j’ignore, ils aiment bien me parler. Je pense que j’aurais dû être conseillère conjugale plutôt que professeur !”

Pensive, elle s’arrête de parler quelques secondes, avant de reprendre : “vous savez, les relations entre les hommes et les femmes sont vraiment compliquées. Les femmes font confiance aux hommes et les appellent “chéri” jusqu’à ce qu’elles découvrent qu’on leur a menti et qu’elles se tournent vers des types encore plus idiots ! Les hommes aiment tellement les femmes qu’ils les voient comme leur âme-soeur jusqu’à ce qu’ils regardent leurs relevés de compte et que les femmes ne soient plus que des diables avec des fourches, à leurs yeux !”

La discussion captivante que j’ai eue avec Laura a rendu le vol vraiment plus agréable. J’étais aussi fasciné par la façon dont elle attirait les gens. À la fin du vol, pratiquement la moitié des membres de l’équipage se tenaient près de nous dans l’allée, riant aux blagues de Laura. Les passagers atour de nous se sont joints à cette ambiance presque festive. Laura était au centre de l’attention, remplissant la cabine d’une chaleur délicieuse. 

Quand on s’est dit au revoir à l’aéroport Kai Tak de Hong Kong, je l’ai regardée marcher vers un grand groupe d’adultes et d’enfants adorables. Ils étaient tous heureux en embrassant Laura et en la prenant dans les bras. Elle s’est retournée et m’a fait un clin d’oeil.

J’ai halluciné, en réalisant que Laura était bel et bien la plus belle femme que j’avais jamais rencontrée.”

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Quelle histoire ! On ne pourrait pas décrire la vie d’une meilleure façon. Et le message qu’elle transmet est aussi très important. Tout le monde devrait le lire ! Partagez cette histoire avec tous ceux que vous connaissez !

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