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Une fois élu, le candidat renoncera à toute autre nationalité avant de prêter serment. Et c’est tout !!! - Par Marvel


Rédigé par leral.net le Mercredi 24 Août 2016 à 12:01 | | 16 commentaire(s)|

Ce débat soulevé, ou plutôt re-soulevé depuis quelques temps concernant la nationalité des candidats aux élections présidentielles au Sénégal suscite bien des émotions. Certains en ont vite fait un fonds de commerce, d’autres un atout politique pour ou contre le pouvoir en place.

Comme tout débat sur les aspects religieux, ethniques, communautaires, identitaires, territoriaux, confrériques, fonciers, etc…., il peut être dangereux si manipulé par des pyromanes, comme il peut être compréhensible du fait de l’ampleur des intérêts en jeu ou de la taille de la population concernée. Cependant il suffit d’une simple volonté politique, soutenue par une frange de patriotes dignes de ce nom pour apporter une solution si celle en place est imparfaite.

Les critères d’éligibilité d’un candidat à des élections à la plus haute magistrature du pays sont différents d’un pays à un autre. Il n’existe donc pas de postulat ou de règle universelle. La France exige du futur Président de la République qu’il soit français tout court, les Etats-Unis exigent que le futur Président soit né américain, le Sénégal quant à lui exige qu’il soit Exclusivement de nationalité sénégalaise.

Les règles étant établies, il n’empêche que dans ces pays, les débats sont encore soulevés de temps à autres, par des personnalités politiques ou non politiques. Sarkozy en a bien fait les frais avec ses origines hongroises ou grecques, Obama n’est pas en reste avec ses origines kenyanes, Ted Cruz vient se rajouter à la liste aux USA malgré qu’il ait renoncé à sa nationalité canadienne acquise à la naissance. Et j’en passe.

Ce débat peut être soulevé à titre préventif si la règle établie laisse des vides juridiques, pose des problèmes d’interprétation, ou ne rassure pas la majorité de l’opinion.

A toute nationalité dans le monde est liée des droits et des devoirs. La nationalité d’un individu, qu’elle soit unique ou multiple, lui confère des droits, mais aussi des devoirs vis-à-vis de l’une ou l’autre nation qui lui confère une nationalité, de naissance, de sol, ou par naturalisation. J’ai 10 nationalités, j’ai certes 10 droits que me confèrent ces nations, mais ces nations ont aussi des droits vis-à-vis de leur ressortissant que je suis et demeure tant que je ne renonce pas à cette nationalité. Je ne peux pas demeurer français à l’insu de la France, ni sénégalais à l’insu de Sunugal, jouir de tous les droits liés à telle nationalité, et me soustraire sans aucun risque à tous les devoirs y afférant.

Par exemple, la nationalité française oblige :
** à se soumettre à toutes les dispositions du code civil français en matière de majorité, émancipation, mariage, testament, successions, etc..
** à se faire recenser pour le service national, et à participer à la journée défense et citoyenneté ;
** et autres obligations

La question que je me pose : une nation X peut-elle interpeller un de ses ressortissants devenu Président de la République au Sénégal, toujours en fonction ou plus du tout en fonction, au sujet d’une règle ou d’un devoir qui lie ce Président ou Ex-Président à cette nation X ? Jusqu’où se limite l’immunité d’un Président ou Ex-Président de la République vis-à-vis d’un pays dont il a aussi la nationalité ?

Un Président de la République, une fois élue, devient une institution, pratiquement la plus haute institution, détenteur des grands secrets de la nation. La République et les contribuables déploient pour lui tous les honneurs, les privilèges, la plus haute sécurité, les meilleurs praticiens. A l’issue de ses fonctions, il reste à vie sous la protection de la République où qu’il soit, conserve de très hauts et couteux privilèges financiers, logistiques, de sécurité, etc…

Un candidat, une fois élu Président, à partir du moment où il prête serment en tant que nouveau Président de la République, à présent garanti de bénéficier et conserver à vie des privilèges uniques, n’a donc pas besoin d’espérer ou de courir après les avantages que lui confèreraient une autre nationalité

Par contre un citoyen qui décide de s’engager sur le terrain de la gestion de la cité, qui prend le risque d’être candidat en acceptant les risques liés à une telle posture, d’engager sa famille et ses proches dans une telle aventure, d’engager ses moyens financiers ou ceux de son parti, de consacrer tout son temps à l’établissement et à la vulgarisation de projets de société, qui consent à tant d’autres sacrifices, une fois qu’il a prouvé qu’il était bien sénégalais, ne doit pas être contraint à cette étape préliminaire de conquête de la confiance des sénégalais, de se départir ipso facto de ses autres nationalités si d’aventures il en avait.

A mon humble avis, il faut ôter du code électoral la mention « exclusivement » accolée à la nationalité sénégalaise que doit avoir tout candidat à la magistrature suprême. Un candidat sénégalais, qui n’est encore élu à rien du tout, doit pouvoir conserver aussi ses autres nationalités.

Par contre, et à titre préventif, il peut être institué qu’un Président une fois nouvellement élu, doit alors renoncer à toute autre nationalité avant sa prestation de serment, et cela pour plusieurs raisons évidentes évoquées précédemment, mais encore : de par ce qu’il va représenter en tant que très haute Institution, de par les moyens colossaux dont il va disposer, de par les informations qu’il va détenir à vie, de par la protection dont il va bénéficier pendant et après son magistère, de par les soucis financiers qu’il ne devrait plus connaître jusqu’à sa mort, de par le risque qu’il ne devrait courir nulle part du fait d’une autre de ses nationalités, de par le devoir qu’il ne devrait pas avoir vis-à-vis d’une autre nation que celle qui a donné presque tous les pouvoirs, de par la nécessité qu’il devra rester à vie à la disposition des autorités de son pays en cas de reddition des comptes sans pouvoir s’y soustraire grâce à une autre nationalité, et de par bien d’autres raisons.

Pour résumer, laissons les candidats avoir le nombre de nationalités qu’ils veulent. Cependant aucun Président élu ne devrait prêter serment sans s’être départi au préalable de toute autre nationalité que celle sénégalaise, car il n’en a plus besoin, ou alors ce serait même suspect.

Que nos législateurs, hommes de droit, constitutionnalistes, se penchent paisiblement donc sur la question et la solution suggérée, sans tomber dans le piège des pyromanes et démagogues, mais avec pour seul objectif le renforcement de la démocratie, de l’intégrité et de la sureté nationale.

MARVEL
Mail : marvel@hotmail.fr






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