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Une fois mort, que devient-on sur Internet ?

le 7 Mai 2015 à 15:02 | Lu 475 fois

Dans notre société ultra-connectée, la mort et le deuil se gèrent aussi sur Internet. Les individus commencent à penser à leur héritage virtuel et des entreprises développent des "coffres-forts numériques". Le collectif 72U a réalisé un court métrage sur le sujet.


Une fois mort, que devient-on sur Internet ?
D'ici une cinquantaine d'années, le nombre de morts devrait dépasser celui des vivants sur Facebook. A l'heure du numérique, le deuil se fait aussi en ligne et les questions liées à l'héritage virtuel sont de plus en plus présentes. Que deviennent les différents comptes des défunts? Peut-on protéger leurs informations privées? Comment récupérer leurs "actifs digitaux", les données dématérialisées?

Le collectif créatif 72U a récemment réalisé un court métrage sur le sujet. Le film expose comment la mort d'un être cher peut être vécue par les proches via Internet. Mary Mendralla, dont le fils Tom s'est suicidé, raconte à quel point les multiples messages et hommages délivrés sur Facebook l'ont aidée: "Savoir que je recevais tellement de soutien de la part de personnes qui tenaient énormément à mon fils était très réconfortant, c'était génial. Je pense que si je n'avais pas eu cela, je n'aurais pas pu m'en sortir aussi bien".

"Si sa page Facebook avait été supprimée, j'aurais été complètement dévastée"
Amyra Braha est conseillère spécialisée dans le deuil à l'ère numérique. Dans le court métrage, elle explique que le réseau social joue un rôle important en cas de décès car il permet aux gens de se souvenir et d'être ensemble. Une amie de Tom raconte d'ailleurs: "Si sa page Facebook avait été supprimée, j'aurais été complètement dévastée. Ce serait comme si je le perdais une nouvelle fois". Mais le réseau social a également parfois fait preuve de maladresses dans ce domaine. En proposant une rétrospective annuelle fin 2014, il a par exemple soumis à un utilisateur une photo de sa petite fille morte, entourée de personnages faisant la fête.

Pour répondre aux demandes des internautes, Facebook a récemment créé une nouvelle fonctionnalité. Les Américains peuvent désormais désigner un "legacy contact": un proche qui gèrera leur page en cas de décès. Celui-ci pourra publier un statut unique, accepter des demandes d'amis ou encore changer la photo de profil. Il n'aura cependant pas accès aux messages privés. Si cette option ne plaît pas aux utilisateurs, ceux-ci peuvent décider à l'avance de supprimer définitivement leur compte après leur mort.

La mort numérique: un marché économique
Sur le plan économique, Mark Zuckerberg préférerait néanmoins que vous choisissiez la première option. Devenue un mémorial, votre page continuera à générer du trafic et donc à être rentable. Mais Facebook n'est bien entendu pas le seul à se préoccuper de votre héritage virtuel. Google, Outlook, Yahoo ou encore Twitter par exemple proposent aussi des formulaires en cas de décès.

Conscients du flou juridique qui entoure la mort numérique, les géants du web prennent les devants. D'autres initiatives sont nées au fur et à mesure. Des sites comme "Paradis Blanc" permettent de créer des mémoriaux en ligne par exemple et des sociétés spécialisées ont développé des coffres-forts virtuels. Moyennant un paiement, les données virtuelles et mots de passe sont ainsi gardés en toute sécurité. Bien qu'il soit relativement nouveau, le marché de l'héritage numérique est prometteur et ils sont nombreux à avoir flairé le filon économique.

7sur7.be


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