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Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Quand les effectifs pléthoriques faussent tout

L’Université Cheikh Anta Diop, fondée en 1957, sur une surface de 50 hectares, était censée accueillir 1500 étudiants. En 2016, elle ploie sous le poids de ses effectifs pléthoriques qu’elle a multipliés par plus de 69, informe Walf Quotidien. Un trop-plein d’étudiants qui plombe la qualité des enseignements qui ne peuvent, dans certaines facultés, se dérouler selon le système Lmd.


Rédigé par leral.net le Jeudi 26 Mai 2016 à 15:28 | | 1 commentaire(s)|

Quatre-vingt mille, 100 mille, plus de cent mille. Les chiffres diffèrent d’une autorité à une autre quand il s’agit de dénombrer les étudiants inscrits à l’Université de Dakar. Dans tous les cas, l’éléphant aura réussi à passer par le trou de l’aiguille. Les effectifs ayant depuis longtemps dépassé le seuil de l’acceptable. A la Faculté des Sciences juridiques et politiques, 7 600 étudiants inscrits en licence 1 sont répartis en deux groupes qui peinent à se contenir dans les amphithéâtres dont les capacités d’accueil restent limitées. « Si nous avons 14 000 étudiants pour en moyenne 8 à 10 matières par semestre, multipliés par deux sessions, vous voyez le nombre de copie que l’on corrige », fait observer Mayatta Ndiaye Mbaye, professeur à la Faculté de droit. Mettant en cause l’orientation des nouveaux bacheliers, il ajoute : « Aujourd’hui, le ministère de l’Enseignement supérieur est intéressé par l’orientation pour tous. On reçoit des étudiants dans un cadre qui ne peut pas les accueillir tous. Ce qui aboutit à la faiblesse du degré d’encadrement ».

Pourtant, les problèmes des juristes en herbe ne sont rien comparés à ceux de leurs collègues de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. En effet, dans cette entité de l’Ucad, les estimations font état de 34 mille étudiants inscrits en 2016. « Pour dire vrai, cela fait des années, à cause des effectifs pléthoriques, que, malgré une surcharge de travail fournie par les enseignants-chercheurs et les chercheurs, nous sommes loin d’atteindre les objectifs assignés : former de bons cadres et techniciens, assurer la transmission des valeurs et des savoirs, participer à la formation des citoyens, préparer la relève… ». Il convient aussi d’incriminer le faible niveau des bacheliers qui nous parviennent du secondaire, le non-respect par l’Etat de ses engagements pour donner aux Universités et aux universitaires les moyens demandés par le système Lmd.

Pour permettre aux étudiants de la Faculté des Lettre de faire cours, les autorités ont sollicité les salles de l’église Saint Dominique, qui fait face à la Librairie Claire Afrique, ainsi que celles de presque toutes les écoles primaires des alentours, sans oublier le Lycée Maurice Delafosse dont les salles sont également mises à profit.






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