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VIH: risque accru chez les homosexuels fréquentant les établissements gay à Paris

le 29 Juin 2012 à 21:31 | Lu 679 fois

AFP - Les homosexuels fréquentant des établissements gay parisiens présentent nettement plus de risques de contracter le VIH que l'ensemble des homosexuels en France, selon une étude publiée vendredi.


VIH: risque accru chez les homosexuels fréquentant les établissements gay à Paris
Selon l'étude Prévagay, menée en 2009 par l'Institut de veille sanitaire (InVS) auprès de 886 hommes "ayant des rapports sexuels avec des hommes" (HSH) rencontrés dans 14 établissements gay parisiens (bars, clubs, saunas), les nouveaux cas d'infection par le VIH s'élevaient à 3,8 pour 100 personnes par an, contre environ 1% pour l'ensemble des homosexuels et 0,017% (17 pour 100.000) par an pour l'ensemble de la population française.

Les HSH sont à l'origine de près de la moitié des nouvelles infections par le VIH répertoriées en France, avec une incidence élevée qui n'a guère évolué depuis 2003, à l'instar de ce qui se passe dans les autres pays occidentaux.

Plus inquiétant, une part importante des hommes testés dans l'étude ne connaissait pas son statut vis-vis de l'infection, en dépit d'un recours fréquent aux tests de dépistage.

Sur les 157 testés séropositifs (18%), 31 (soit 20%) ignoraient leur infection au moment de l'enquête, alors même que 19 d'entre eux avaient fait un test de dépistage au cours de l'année écoulée.

"Le recours au test de dépistage ne suffit pas, vu le niveau de risque" relève Stéphane Le Vu, épidémiologiste à InVS, l'un des auteurs de l'étude, qui préconise avant tout d'"améliorer les stratégies de prévention, car il est très difficile de se fier au statut déclaré par le partenaire".

Les nouveaux cas d'infection sont, sans grande surprise, plus importants chez les HSH âgés de moins de 35 ans, soit 4,1% par an contre 2,5% par an pour les plus de 35 ans, une catégorie dans laquelle on trouve davantage de personnes déjà séropositives, ajoute-t-il.

L'enquête, la première du genre, menée en partenariat avec l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et le Syndicat national des entreprises gaies (Sneg) a été effectuée entre avril et juin 2009 auprès de 14 établissements gay parisiens. Sur les 886 hommes ayant accepté un prélèvement biologique (goutte de sang auto prélevée au bout du doigt), 51% avaient eu plus de dix partenaires au cours de l'année écoulée et 35% au moins un rapport anal non protégé avec un partenaire occasionnel.

Elle est publiée dans PLoS ONE, une des revues, libres d'accès en ligne, de la Public Library of Science américaine.



SOURCE:France24