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[Vidéo] Le plan de Bush s'élève à 700 milliards de dollars

Rédigé par leral .net le 21 Septembre 2008 à 06:28 | Lu 828 fois

L'administration américaine engage 700 milliards de dollars pour racheter pendant deux ans les créances douteuses des banques touchées par la crise. "Une solution massive pour régler un problème massif", explique George Bush.


L'administration américaine met 700 milliards de dollars sur la table pour enrayer la grave crise de confiance des marchés financiers, demandant au Congrès de la laisser récupérer des créances douteuses pour apurer les comptes des banques et relancer la machine du crédit.

Le plan de l'administration Bush, désormais en négociations avec le Congrès, donne autorité au gouvernement pendant deux ans pour récupérer des actifs liés à des emprunts hypothécaires, qui sont à la racine de la crise financière, voire également "d'autres actifs, autant que nécessaire".

"Le Trésor aura l'autorité (pendant deux ans) d'émettre jusqu'à 700 milliards de dollars de titres pour financer l'achat d'actifs douteux", a expliqué le ministère près de 24 heures après avoir adressé son projet de loi au Congrès.

Le président George W. Bush a expliqué samedi aux Américains que l'énormité sans précédent des sommes engagées, qui doivent conduire à relever le plafond de la dette américaine à quelque 11.300 milliards de dollars, était nécessaire pour éviter le coût encore plus énorme qu'aurait une crise généralisée.

"Je suis convaincu que cette approche audacieuse coûtera beaucoup moins aux familles américaines que l'alternative" consistant à ne pas intervenir, a-t-il affirmé, brandissant la menace de suppressions d'emplois "massives", d'une dégradation continue du marché immobilier et d'un tarissement des prêts à la consommation: une crise qui pourrait égaler en gravité la Grande dépression des années 1930.

Le secrétaire au Trésor Paulson, qui se laisse toute latitude dans son plan pour déterminer les actifs qui seront repris et les institutions financières concernées, devait faire le tour des plateaux de télévision dimanche pour s'expliquer sur des mesures qui font tousser jusque dans les rangs républicains.

Samedi, l'influent sénateur démocrate Charles Schumer a salué l'"ouverture d'esprit et la coopération" du ministre, avec lequel il venait de s'entretenir, alors que la majorité démocrate du Congrès réclame l'ajout de mesures pour les contribuables et les propriétaires immobiliers.

"M. Paulson a compris que beaucoup (d'élus) au Congrès, à la fois des démocrates et des républicains, veulent s'assurer qu'il y ait (dans le projet de loi) des protections pour les propriétaires immobiliers", a dit M. Schumer.

La présidente de la Chambre Nancy Pelosi et le chef de la majorité du Sénat Harry Reid, en affichant leur fermeté sur ce thème, ont indiqué qu'ils entendaient adopter le texte avant que le Congrès ajourne ses travaux pour cause de campagne avant les élections parlementaires et présidentielle du 4 novembre. La fin des travaux parlementaires est actuellement fixée à la fin de la semaine.

Le plan gouvernemental a été publié au terme d'une folle semaine marquée par la panique puis l'euphorie des Bourses, avec des interventions en cascade de l'administration Bush, qui a assisté au dépôt de bilan de la banque d'affaires Lehman Brothers et nationalisé l'assureur AIG, sans compter toute une série de mesures de portée plus immédiate destinées à rassurer et à favoriser la liquidité des marchés.

En dépit des détails apportés par l'administration, l'opération comporte encore des inconnues.

"La question à mille milliards, c'est comment le gouvernement va fixer le prix des créances empoisonnées" dont il entend soulager les banques, a expliqué à l'AFP Mary Ann Hurley, analyste chez DA Davidson & Co. Le Trésor a annoncé qu'il entendait suivre les mécanismes habituels du marché, comme des enchères inversées.

Brian Bethune, économiste de Global Insight, a estimé pour sa part que le coût final pour les contribuables pourrait être inférieur aux 700 milliards annoncés, "si on considère que l'économie et le marché immobilier pourraient se redresser peut-être au deuxième trimestre 2009 et en 2010", ce qui permettrait au gouvernement de se défaire des actifs récupérés à un prix meilleur prix que celui auquel il les aura acquis.