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Wade, Macky et les faucons

Dans son ouvrage «Pour l'honneur de la gendarmerie sénégalaise », le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw monte en épingle le complot des « faucons civils et militaires » qui ont travaillé à dresser le Président Wade contre collaborateur d'alors, Macky Sall. L'auteur démonte leur plan et parle du rôle joué par le Général Fall dans ce dossier.


Rédigé par leral.net le Dimanche 20 Juillet 2014 à 13:35 | | 3 commentaire(s)|

Wade, Macky et les faucons
«Le jeu des faucons civils et militaires»

«Je comprends la révolte d’un Macky Sall, que Wade accusa de tout, alors qu’il était innocent par rapport au clan de Wade. Des faucons, comme le Général Fall , profitèrent de tout pour troubler la quiétude d’un Président sénile, et user de son âge , de sa vieillesse, pour lui créer , à tout bout de champ, partout des ennemis », a déclaré sans ambages le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw son livre : « Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise ».

Avant de décliner les procédés de Wade : « Wade n’avait pas besoins de jugement , ni de juge. On lui offrait des personnes à abattre, il les faisait abattre. Les faucons reprochaient à Macky sall, ses succès de Premier Ministre, et de Directeur de campagne de Wade ». Les faucons évoluaient dans un système où personne n’était à l’abri. « Dès la fin des élections législatives de 2007, ils avaient mis en place un plan pour déstabiliser Macky et l’éloigner de Wade. Il ne répondait pas à leur critère de prédation et de mise à sac des biens de l’Etat. Il gênait et Wade avait confiance en lui. Tout le clan du Wadisme allait faire preuve de constance et de réussite dans sa capacité à manipuler le Président de la république », indique-t-il.

Et de poursuivre : « Le clan Wade inventait des histoires de détournements de fonds et d’atteinte à la sûreté de l’Etat.Un dossier Macky sall était monté dés Mai 2007 par les faucons, avec l’aide de prétendus services de renseignements, qui faisaient des fiches contre le Premier Ministre.Le Général Abdoulaye Fall profita de cette situation nauséabonde du Premier ministre pour sauver sa propre tête , en liant le sort de Macky à mon propre sort .Il offrira aux faucons le dernier prétexte pour faire perdre à Macky, et à jamais, la confiance du Président ». Il explique dans les détails la façon dont les faucons ont réussi leur coup.

«En m’accusant de servir les intérêts de Macky, le Général avait confirmé au Président les soupçons que les faucons avaient mis sur la table depuis belle lurette. Le Président réagissait en Don, il scella mon sort et le sort du Premier Ministre par deux décrets . Le premier décret nomma Aguibou Soumaré Premier Ministre, à la place de Macky Sall, à la surprise générale. Le deuxième décret nomme Dieye Haut commandant en second de la gendarmerie, là aussi à la surprise générale ».

«Me faire taire à tout prix»

Le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw raconte aussi les méthodes utilisées par le Général Abdoulaye Fall pour le nuire. « Le Général, certainement mis au courant de mes décisions et stratégies par le colonel Cissé, avec qui il entretenait une relation d’intérêt, déploya un ensemble de stratégie pour me nuire et me neutraliser. Les menaces, délations, agressions, attentats et pressions prirent toutes les formes possibles », dit-il. Et là, renseigne-t-il, un marabout de ma famille maraboutique de Gouye Mbinde a été mis à contribution pour me couper de ma protection mouride par deux actions.

Selon lui, le «Général n’hésita pas à mentir honteusement à Sérigne Bara, à l’époque Khalife général des mourides, en lui disant que j’avais eu des problèmes avec le Président Wade, car j’avais interdis aux militaires de voter ». Connaissant mon tempérament, souligne le colonel, El hadj Bara accepta cette explication sans sourciller.

La deuxième offensive fut dirigée vers Serigne Sidy Moctar, Khalife de la famille maraboutique pour me desservir. « Un marabout, traitre et intéressé, introduisit le Général chez le khalife de Gouye Mbinde pour exposer le différend qui nous opposait. Le Général, cette fois-ci, expliqua à Serigne Cheikh Maty Leye que j’avais voulu, avec la complicité de certains colonels, ravir sa place. J’avais monté un complot pour prendre sa place dans le commandement, alors qu’il m’avait donné toute sa confiance ».

La réponse de Serigne Cheikh ne s’est pas fait attendre puisque, selon le colonel Ndaw , celui-ci répondit en ces termes : « Le colonel n’avait pas reçu une telle éducation et qu’une telle attitude le surprendrait de ma part ». Le « Général ne s’est pas limité à ces manœuvres » Toujours déterminé à en finir avec son second, M. Ndaw énonce, que « le Général a également ouvert une autre offensive vers des officiers généraux de la deuxième section, à qui il a fournit des versions mensongères sur mon limogeage ». Et de dire : « je ne sus ces versions que durant le cocktail de noël 2007, offert par le CEMGA, qui m’imposa d’y participer »

«Complicité de la justice militaire»

Le Général haut commandant de la Gendarmerie avait mis en place un dispositif laissant penser que Macky Sall, avec la complicité de certains militaires, veut attenter à la sureté de l’Etat. «Macky Sall fut surpris de s’entendre accuser par le Président de la république de déloyauté et d’atteinte à la sureté de l’Etat avec la complicité de militaires comme le colonel Ndao». Macky sall, si l’on en croit au colonel Ndao, «affirma à la surprise du Président de la république , qu’il ne connaissait pas le colonel Ndaw, ne l’avait jamais rencontré et , par conséquent, n’avait aucun lien , officiel ou non officiel, avec lui »

Grace à son intervention, il parvint à renverser la situation. « Ma lettre et le rapport de police prouvaient au Président les mensonges du Général depuis le mois de juin et la manipulation effectuée. Le Président sembla rentrer dans une colère terrible et voulut sur le champ relever le Général de son commandement ». Ainsi, le Général a été ridiculisé par le Président de la république. « Le Président traita le Général de tous les noms d’oiseaux, lui rappela certains passages douteux de son passé, les accusations de Farba Senghor sur certains événements de la Casamance. Il le traita comme on ne devrait pas traiter un chien », raconte-t-il. C’est de là, renseigne-t-il, qu’il fut conseillé au président de la République de me faire affecter à l’extérieur du pays, en qualité d’Attaché Militaire.

Sud Quotidien






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