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Wade le « sculpteur » dérape puis demande pardon

On savait Abdoulaye Wade excentrique et parfois allumé. Mais le président sénégalais a franchi toutes les limites avec des propos jugés « offensants et humiliants » par le cardinal Théodore Adrien Sarr, chef de l'église catholique du Sénégal.


Rédigé par leral.net le Vendredi 1 Janvier 2010 à 20:36 | | 3 commentaire(s)|

Wade le « sculpteur » dérape puis demande pardon


Jeudi, pour calmer le jeu après une journée d'affrontements à Dakar entre jeunes catholiques et forces de l'ordre, le chef de l'Etat sénégalais a demandé pardon à l'église.

Pour s'excuser, le président sénégalais a envoyé au chef de l'église une délégation conduite par son propre fils, le ministre d'Etat, Karim Wade, et comprenant plusieurs ministres. Karim Wade a fait savoir qu'ils étaient venus demander pardon à l'église :

« En aucun cas le président de la République n'a voulu offenser ou porter atteinte à la communauté chrétienne. Si les propos du Président ont porté atteinte ou touché les Sénégalais chrétiens, nous présentons nos excuses à la communauté chrétienne sénégalaise et à la communauté chrétienne internationale. »

« Des gens adorent le Christ qui n'est pas Dieu »
L'objet du délit ? Une sculpture au centre d'une gigantesque controverse à Dakar, et surtout des propos tenus par Abdoulaye Wade lundi devant des enseignants.

Le président s'en est pris aux pourfendeurs du monument dont il revendique la paternité, en des termes qui ont choqué les catholiques : répondant aux religieux musulmans qui ont qualifié son monument de « païen », il a comparé son monument aux représentations du Christ dans les églises, soulignant que « des gens adorent le Christ qui n'est pas Dieu » :

« On prie Jésus dans les églises, tout le monde le sait, mais ils [les détracteurs du monument, ndlr] n'ont jamais demandé qu'on casse les églises, ils n'ont jamais fait d'objections ils ne s'intéressent pas à ce que les gens font là-bas. Moi aussi, je ne me préoccupe pas de ce qu'ils font et c'est ça la tolérance. »

« Une fois encore, la foi de l'Eglise a été bafouée »
Outré par la comparaison, le chef de l'église, le cardinal Sarr, a aussitôt réagi dans un discours :
« Une fois encore, la foi de l'Eglise a été bafouée, par la plus haute autorité du pays.

Meurtris et humiliés, nous l'avons été par les propos insupportables de Monsieur le Président de la République, banalisant publiquement, devant des éducateurs de nos enfants, ce qui fait le cœur de notre foi.

Meurtris et humiliés, nous l'avons été par les risques de divisions que de tels propos pourraient engendrer dans une communauté nationale caractérisée par une entente exemplaire entre chrétiens et musulmans. »

Les chrétiens représentent 10% de la population du Sénégal
Le lendemain, raconte Pressafrik.com, partenaire de Rue89 au Sénégal, des jeunes ont pris la direction du palais présidentiel en portant une croix. Ils ont été rejoints dans leur marche forcée par les marchands ambulants.
Une procession qui va se heurter à la férocité des forces de l'ordre. Elles ont mis en place une barrière humaine et ont commencé à balancer des grenades lacrymogènes. Les cris fusent de partout. Des grenades lacrymogènes aboutissent à l'intérieur de la cathédrale. L'atmosphère est irrespirable, les yeux larmoient.

Les chrétiens constituent une minorité religieuse au Sénégal avec moins de 10% de la population totale. Ils sont majoritairement des ethnies diolas, sérères et manjaks.

Qui est le sculpteur, Abdoulaye Wade ou Ousmane Sow ?
Au coeur de cette controverse, le désormais célèbre Monument de la Renaissance africaine, en cours de finition dans le quartier populaire dakarois de Ouakam.

Il y a eu d'abord la revendication de la paternité de cette oeuvre monumentale par le président Wade lui-même, qui est même allé jusqu'à réclamer des droits d'auteur de 35% sur les futures recettes, alors qu'elle avait été initiée par le célèbre artiste sénégalais Ousmane Sow. Ce dernier s'est ensuite retiré du projet et s'est fâché avec le président sénégalais.

Il y a ensuite le rejet de cette sculpture par les religieux musulmans pour « paganisme », certains y voyant même un monument d'influence maçonnique à la suite de la récente révélation par le président Wade, dans le magazine L'Express, de son « passé maçonnique ».

« Qui disait que la vieillesse est un naufrage ? »
L'opposition sénégalaise s'en donne à coeur joie contre Wade, certains dénonçant un président octogénaire devenu « sénile » ; d'autres dénonçant, comme le fait le quotidien Sud, « une forme extrême de mégalomanie couplée à son impuissance, qu'il traduit dans une violence verbale anti-religieuse » :

« Sinon, comment comprendre, que dans un Etat laïc, qui doit garantir la liberté de culte et de pratique, Maître peut-il se permettre de dire à ceux qu'il considère comme ses coreligionnaires “d'aller voir ce qui se passe dans les Eglises, où des gens adorent le Christ qui n'est pas Dieu ? ”

Et le quotidien de conclure :

“Qui disait que la vieillesse est un naufrage ? Maître se raccroche désespérément à son radeau de la Méduse et veut nous entraîner dans un naufrage collectif”.

Illustraton : la photo du “monument de la Renaissance africaine”, sculpture controversée à Dakar. Les deux personnages dessinés au bas de l'image donnent une idée de sa taille. (DR)

rue89.com



1.Posté par badag51 le 02/01/2010 18:55 | Alerter
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Après les retrouvailles historiques de Thiès, tout le monde avait cru Que Wade allait enfin tenir la bride à son fils et lui faire entendre raison. Grande a été la déception des sénégalais de constater que l’enfant maudit, sources de tous déboires du peuple meurtri, continue à dérouler sa feuille de route avec obstination et la pire des arrogances. Il n’est pas exagéré d’en conclure que le temps a gommé les enseignements du 22 mars dans les souvenirs râpés par l’âge du vieux et ceux atteints de cécité intellectuelle du prince. Les conséquences en sont dramatiques. Le vieux comme un lion blessé tire dans tous les sens. Chacun a reçu sa part : les confréries religieuses, l’église catholique, les imams, la presse. Et c’est toujours comme cela que le vieux a agi pour baliser le chemin du trône à son fils. Avant ces victimes, d’autres ont reçu leurs lots d’injures, d’accusations et de harcèlement. Les plus connus d’entre eux sont d’abord Idrissa Seck et ses proches. Ce jeune prodige de la politique a été la première victime du projet de dévolution monarchique du pouvoir. Le vieux l’a accusé de vol et certains caciques de l’opposition ont sauté sur cette aubaine pour se débarrasser d’un sérieux rival. Maintenant que tout est clair, Idy doit reprendre du poil de la bête et engager le combat pour la récupération de l’appareil politique du Pds muselé par la famille Wade afin de laisser la Gc se déployer dans le pays. Les responsables du Pds doivent se ressaisir et refuser d’être sacrifiés pour la satisfaction des ambitions sordides d’un fils à papa que les sénégalais prennent en horreur. On se sert de certains pour détruire d’autres et, après, on les immole à leur tour. Il arrivera un moment où tous les responsables de ce parti se retrouveront au fond de la trappe. Il est grand temps pour eux de se rebiffer alors qu’ils peuvent encore le faire sinon plus tard il sera tard. Ce sont les Pape Diop qui n’a perdu Dakar que parce que l’enfant maudit s’était refugié derrière lui, les Ousmane Masseck Ndiaye piégés, sans le savoir par quelques membres de la Gc, les Omar Sarr que l’on cherche à déstabiliser et tous les responsables qui ont tout sacrifié au parti et que l’on projette d’évincer pour les remplacer par de jeunes arrivistes incapables de gagner dans un seul bureau de vote , mais maîtres dans l’art de pérorer comme des perroquets. Parmi les victimes il faut aussi citer Le valeureux Bara Tall et Macky Sall même s’il a pris part, par le passé, au complot ourdi contre Idrissa Seck. Il ignorait alors comme la plupart des responsables libéraux qui rasent aujourd’hui les murs que son nom figurait en bonne place dans la liste des condamnés. Il est vrai que certains libéraux se préparent à riposter et à tenir leur congrès eux aussi, mais ils doivent associer tous les responsables libéraux qui sont sous la menace d’une radiation pure et simple. C’est malheureux pour Wade qui avait tous les moyens d’entrer dans l’histoire par la grande porte comme le Grand Nelson Mandela.
Badag51

2.Posté par jean le 02/01/2010 19:55 | Alerter
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Je m appelle pascal catholique ,de pere et de mere et d arriere grand pere et mere,je m indigne du comportement du cardinal...Les dires du chef de l etat ne peuvent offencer que ceux qui veulent politiser...Monsieur souvenez vous il y a de cela plusieurs annees ,un pretre du diocese de thies avait ecrit une lettre a adbou diouf suite a l arrestation de l abbe augustin senghor ,ce dernier a ete sactionne par vous meme et alors wade c est un chef d etat...Dans l eglise meme il y a des discriminations,les sereres sont servis au detriment des autres tout le monde le sait...La presence des pierres dans l anceinte de l eglise c est une honte pour les vrais catho...Jesus n a jamais prone la violence,vous ne pouvez manipuler personne...Au vatican il y a des chomeurs,combien de fermes fonctionnelles avez vous realiser avec la caritas ?Jesus disait pardonne leur car ils ne savent pas ceux qu ils font,c est cela la,la vraie sagesse.....


3.Posté par Soutoura le 02/01/2010 20:24 | Alerter
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Quoi que fasse le PDS et quelle que soit la stratégie que ce parti (qui est au juste un bien de la famille Wade) peut faire pour sortir du gouffre, c'est trop tard. Pour être juste, il est bon de savoir que le PDS en soit, n'est rien. Sans la trahison de Moustapha Niasse qui était fâché avec PS, sans le coup de main de Dansokho, Pr Batchilly et les autres traîtres, jamais Wade n'aurait réussi la prouesse de prendre le pouvoir pour transformer la république en royaume et le fauteuil présidentiel en trône. Alors, cessons de nous lamenter et donnons-nous plutôt la main, pour chasser cette dynastie d'abord, avant de voir après celui à qui nous accorderons notre confiance après l'avoir vu travailler au lieu de discourir sans cesse.

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