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Wade, une offre anachronique - Par Alioune Badara Niang

Dès l’entame de mon propos, je dois préciser, comme beaucoup de sénégalais, que j’ai été estomaqué et outré par le spectacle, offert par Me Wade le vendredi dernier. Cette grosse farce n’honore pas notre pays et surtout l’ancien Président. C’est le sujet de l’heure... bien malgré nous !
Je me demande, pour un ex premier citoyen qui souhaite revenir chez lui après un moment d’absence, est-ce une raison pour que toute la république soit sens dessus - dessous et le peuple en ce qui le concerne, pris en otage ? Oh, que non !


Rédigé par leral.net le Mercredi 30 Avril 2014 à 16:28 | | 11 commentaire(s)|

Wade, une offre anachronique - Par Alioune Badara Niang
Ma conviction personnelle est qu’à dire vrai, le retour de Me Abdoulaye Wade, ancien président de la République au Sénégal, ne devait susciter aucune passion encore moins ce tohu- bohu folklorique, car nous ne sommes pas amnésiques des errements de la gestion catastrophique de ses 12 ans passés à la tête du Pays.

Si je me souviens bien, je crois que notre Sénégal a plus que souffert du fonctionnement gabegique de l'administration Wade avec nos ressources financières dépensées dans des bamboches et dans le gaspillage farfelu.

Aussi, le saignement des entreprises par le biais de prélèvements quotidiens de fortes sommes d'argent en liquide, ce qui a eu comme corollaire l’asphyxie de notre fonction publique.

Egalement, la dégradation de notre appareil diplomatique, les multiples incidents internationaux, le discrédit jeté sur le valeureux corps des consuls et ambassadeurs, et ainsi que la grande braderie des passeports diplomatiques.

Enfin, le scandale de la dévolution monarchique qui avait fini de mettre tous les sénégalais d’accord sur la sénilité de Wade.
Loin de moi l’idée de réduire l’homme Abdoulaye Wade à un diable qui n’a apporté que malheurs au Sénégal car ce serait une négation de l’histoire. Il y a des routes, des briques et des blocs de bétons qui se sont dressés un peu partout dans le pays, surtout à Dakar, à mettre à son actif. Fort heureusement, car après 40 ans de pouvoir, tout sauf social, des socialistes, notre pays méritait bien ces infrastructures.

Il est d’ailleurs curieux de constater que tout ce cirque autour du retour au pays du prédécesseur du Président Macky Sall, a été savamment orchestré par des groupies et autres profiteurs de l'ancien système, bien mal en point politiquement et aussi de par leur patrimoine…. suspect.

Mais qu’ils sachent que le peuple sénégalais est mûr et reconnait les marchands de chimères.
Reconnaissons-le, Monsieur Macky Sall, l'actuel locataire du Palais de la République, a hérité d’un Sénégal exsangue et essaye tant bien que mal, depuis son avènement, de lui trouver un remède. Cela, le peuple l’a tellement bien compris, qu’il lui accorde toujours un délai de grâce.

En plus de deux années de gestion du pouvoir Mr Macky Sall présente un bilan satisfaisant mais les sénégalais veulent qu’il fasse plus et mieux. A juste raison d’ailleurs, car l’immensité de l’espoir placé en lui par l’écrasante majorité (65%) du peuple sénégalais (surtout les jeunes), qui l’a porté à la magistrature suprême en Mars 2012 ne doit pas être déçue.

Certes des acquis sociaux majeurs ont été obtenu comme la baisse des impôts sur les salaires, la création d’emplois jeunes, la baisse des loyers, la couverture universelle maladie, bourses familiales… Et conscient qu’on ne peut pas faire tout comme de la magie, le Président Sall sait pertinemment, qu’il doit accélérer le rythme des réalisations avec ce qu’il a comme moyens. En tout cas, c'est l'invite que nous lui lançons.

Nous devons continuer de miser sur la sincérité du Président Sall, sa foi en la possibilité d’un Sénégal émergent, en le soutenant davantage dans la poursuite des efforts engagés, qui sont autant de gages pour la suite.

La mise en place du PSE - plan Sénégal émergent, d’organismes de contrôle et de lutte contre la corruption tels que L’OFNAC, sont des leviers puissants pour le développement de notre pays, et pourront impacter durablement son taux de croissance.

Au regard de toutes ces initiatives, que peut faire alors une offre de service d’un has been Abdoulaye Wade? Soyons plus sérieux !

Seulement, je suis triste pour lui car comment comprendre qu’un vieillard de 85 ans ou même plus - on ne connait pas son âge réel, qui devait profiter de sa retraite des affaires publiques, pour garder une posture de sage ou être occupé à raconter des contes et autres histoires de la grande marche de la démocratie en Afrique, à laquelle il a beaucoup contribué, à ses petit- fils, soit encore là, à appeler les sénégalais à la révolte, à l’insurrection.

Encore une manœuvre politicienne des perdants d’hier, grands ignorants de la définition du mot politique, celle qui est de bien gérer les affaires de la cité, dans l’intérêt exclusif de ses habitants.

La condescendance notée dans l’attitude de ces petites gens, montre finalement qu'en Afrique, après avoir présidé aux destinées de son pays, on peut préférer la rue publique à la République. Et aussi plus grave, Abdoulaye Wade refuse de dire publiquement, même du bout des lèvres, qu'effectivement le sort de son fils, est la principale raison de son agitation sous un format « théâtre populaire » .

On peut bien haïr le chien, pardon le cheval, mais il faut aussi avouer qu’il porte bien des dents marrons, la couleur qu’arbore le parti du Président Sall.

badaraniang@gmail.com






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