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Yingluck Shinawatra : «Je ne suis pas une marionnette»

le 18 Juillet 2012 à 08:53 | Lu 476 fois

Yingluck Shinawatra, la première femme chef du gouvernement thailandais, sera à Paris en visite officielle du 19 au 21 juillet.


Yingluck Shinawatra : «Je ne suis pas une marionnette»
Au pouvoir depuis juillet 2011, Yingluck Shinawatra, femme d'affaires nouvelle en politique, doit encore affirmer son autorité et se démarquer de la figure tutélaire de son frère ainé Thaksin Shinawatra, premier ministre renversé par un coup d'État militaire en 2006. Il vit en exil à Dubaï après une condamnation pour corruption.

LE FIGARO. - Pour votre première visite officielle en Europe, vous vous rendez en France du 19 au 21 juillet: quel est l'objet de ce voyage?

La France est un partenaire important de la Thaïlande. Nous allons discuter des échanges commerciaux bilatéraux. Et puis, je suis comme tous les Thaïlandais, j'aime me rendre à Paris.

Votre mandat a débuté dans des conditions difficiles, votre gestion des graves inondations qui ont frappé Bangkok, la capitale et le pays a été critiquée…

Je savais que la vie politique n'était pas tendre, mais je ne m'attendais pas à une catastrophe naturelle majeure dès le premier jour de mon entrée en fonction. Malgré les difficultés, j'ai chaque jour été fière d'être à ce poste.

De quoi êtes-vous le plus satisfaite?

J'aime les choses concrètes: la réduction du taux d'imposition des sociétés de 30 à 23 % cette année et l'augmentation de 40 % du salaire minimum, à 300 bahts par jour.

Vous êtes parfois décrite comme une marionnette de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra. Êtes-vous influencée par votre frère?

Je ne peux pas vous répondre non, car nous faisons partie de la même famille. Mais je suis capable de prendre mes propres décisions. Je ferai mes preuves. Je prends les décisions et je les applique en m'adaptant aux circonstances. Et, comme souvent les femmes le font, je surveille les détails.

Son retour au pays est au cœur de toutes les conversations. Quand pourra-t-il rentrer?

Je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire.

Depuis sept ans, le pays est divisé entre les «chemises jaunes» monarchistes et les «chemises rouges», paysans et ouvriers nostalgiques de l'ex-premier ministre Thaksin. Y a-t-il des progrès dans le processus de réconciliation?

Nous suivons les recommandations de la commission «vérité et réconciliation». Nous avons démarré la compensation financière des victimes des violences politiques, ce qui englobe les «chemises jaunes», les «chemises rouges» et les militaires. Cela permettra de désamorcer les tensions, puis de se parler pour trouver une issue.

L'armée est un acteur important de la politique thaïlandaise. Craignez-vous un nouveau coup d'État militaire?

Le passé a prouvé que les coups d'État ne mènent le pays nulle part. C'est pour éviter que cela ne se reproduise que nous mettons en œuvre cette politique de réconciliation nationale.

En Thaïlande, la loi sur le crime de lèse-majesté est l'une des plus répressives au monde: 33 inculpés en 2005, plus de 400 en 2011. Faut-il l'amender?

Le problème n'est pas la loi, mais son utilisation abusive. Nous devons veiller à ce qu'elle ne serve plus à des fins politiques.

En huit ans, plus de 5500 personnes ont été tuées dans l'extrême sud de la Thaïlande. Comment stopper le cycle de violences?

Notre politique se base sur l'écoute, la main tendue et le développement. Grâce à notre programme de développement économique du sud de la Thaïlande, à l'augmentation du budget pour améliorer les conditions de vie et le niveau d'éducation, les opinions se rapprocheront.


Par Florence Compain


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