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Yoro Dia : «Wade Napoléon et Karim le Roi de Rome»

Dans une analyse qu’il a livrée et laissé sur son fil FB, le politologue, Yoro Dia a comparé Wade à Napoléon et Karim au Roi de Rome.


Rédigé par leral.net le Vendredi 25 Avril 2014 à 21:53 | | 13 commentaire(s)|

Yoro Dia : «Wade Napoléon et Karim le Roi de Rome»
Nous avons assisté à « l’invasion d’un pays par un seul homme ». C’est cette phrase sublime de Chateaubriand qui résuma merveilleusement le retour d’exil de Napoléon de l’Ile d’Elbe et les 100 jours qui lui ont permis de reconquérir le pouvoir.

Wade âpres deux ans d’exil revient au Sénégal pour relever le même défi que Napoléon à savoir soumettre un pays et institutions pour un seul homme : son fils Karim Wade. En tout cas il a l’audace de Napoléon mais il n’a aucune chance de réussir « l’invasion d’un pays par un seul homme » et pour un seul homme. Le retour de 2014 ne peut pas être comparable à celui du 27 octobre 1999.

En 1999, le régime socialiste âpres 40 ans était dans sa phase thermidorienne. 1999 marque la fin d’un cycle pour le régime socialiste alors que le régime de Macky Sall est la continuation d’un autre cycle inaugurée par Wade. En moins de 100 jours on ne voit pas comment Wade peut changer le cours des choses car il n’en a pas les forces politiques et encore moins les forces sociales.

En 1999 Wade menait un combat pour le Sénégal et 2014, il mène un combat pour son fils. En lieu et place de Ali Bongo ou de Faure Gnassimbé, Karim Wade risque d’avoir le même destin que le roi de Rome. Le roi de Rome, le fils de Napoléon qu’il a essayé jusqu’à la dernière minute de mettre sur le trône. Le 27 octobre 1999 j’avais eu la chance d’avoir décroché la première déclaration de Wade devant le mythique siège du PDS de Colobane.

La marée humaine qui avait déferle à Dakar pour accueillir Wade était un « superbe lever de soleil » qui allait éclairer la marche vers l’alternance. Ce dernier retour de Wade va être un coucher de soleil sur un homme exceptionnel avec un destin exceptionnel qui a été au centre de la vie politique de notre pays des années 1970 à nos jours. Ce dernier combat risque de connaitre le même sort que le troisième mandat : perdu d’avance.

Napoléon c’est à fois Austerlitz, code civil mais aussi Waterloo. Pour l’histoire Wade, ce sera l’exception sénégalaise, l’alternance du 19 mars, les infrastructures. Autant de grands combats et de grandes batailles gagnées mais ce sera aussi les petits combats perdus comme le troisième mandat et la croisade pour la libération de son fils. Wade aura au moins deux mérites : semer un désordre régénérateur dans une vie politique devenue fort ennuyeuse et ressusciter le PDS dans une léthargie profonde depuis le départ de Wade parce que Wade est le noyau de ce parti. Ce qui est à la fois sa grande force et sa plus grande faiblesse.
Yoro Dia, politologue






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