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Yvelines : Une vidéo remet en cause la version des policiers blessés

le 27 Octobre 2015 à 13:43 | Lu 479 fois

 

 

La scène a eu lieu le 16 octobre vers 20h50, devant un local de la cité de la Noé à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines. Cette interpellation a été racontée de deux manières différentes. Il y a d’abord eu la première version officielle, reprise par Le Parisien le 19 octobre, qui n’évoquait pas de violences policières:

«Deux hommes soupçonnés de se livrer à un vaste trafic de drogue depuis plusieurs mois, devant un local, place des Pierreuses, à Chanteloup-les-Vignes ont été interpellés, dans la nuit de vendredi à samedi, par des fonctionnaires de la Brigade anticriminalité (BAC) du commissariat de Conflans-Sainte-Honorine. Un troisième, soupçonné d’être également un membre actif du trafic, est en fuite.»

Mais peu de temps après, une habitante de la cité, qui a filmé la scène depuis sa fenêtre, a publié une vidéo de cette intervention sur Facebook et a contraint la justice à revoir leur première version. La justice a en effet demandé à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la “police des polices”, d’enquêter sur des soupçons de violences policières

Cette vidéo montre notamment des policiers frapper un homme menotté et lui cogner la tête contre une voiture de police avant de le traîner par terre:

Contactée par BuzzFeed France, la direction départementale de la sécurité publique des Yvelines (DDSP) nous confirme l’authenticité de cette vidéo.

La DDSP nous précise aussi que ce soir-là, les policiers du commissariat de Conflans-Sainte-Honorine ont «interpellé deux personnes lors d’une transaction». Lors de cette interpellation, deux policiers ont été blessés - l’un a une entorse à la cheville et 9 jours d’ITT, l’autre une dent cassée et un nombre d’ITT indéterminé.

La vidéo, partagée des milliers de fois, montre l’interpellation du premier dealer présumé lorsqu’il est extrait du local pour être placé dans un véhicule de police. Son avocat Me Jean-David Scemama, raconte la suite au site Courrier des Yvelines :

«Sur ce document, on voit très clairement un policier cogner la tête de mon client sur une voiture banalisée, lui mettre un coup-de-poing, puis le traîner au sol, avant de le charger dans un second véhicule de police. À ce moment-là, on voit clairement que mon client n’opposait aucune résistance et qu’il était menotté».

Me Jean-David Scemama, a annoncé  dans un communiqué avoir déposé plainte lundi «pour violences volontaires aggravées, non-assistance à personne en danger».

L’avocat a également engagé une procédure pour «faux en écritures publiques».

Selon lui, les fonctionnaires ne relatent pas ce que l’on voit sur la vidéo dans leur procès-verbal et notamment le fait que son client ait «été blessé au nez, à la tête, à la bouche et au poignet après cette interpellation».

Son client lui, comparaîtra en novembre devant le tribunal correctionnel de Versailles pour «rébellion, provocation directe à la rébellion et violences volontaires à l’encontre de deux fonctionnaires de police».

La vidéo montre également un policier tirer au flash-ball sans sommation et semble-t-il au niveau du visage (ce qui est formellement interdit):

La DDSP nous livre une version différente pour justifier ce tir:

«Le policier n’a pas tiré sur le jeune homme que l’on voit dans la vidéo, mais en direction d’un groupe de jeunes situé derrière».

Contactée par BuzzFeed, une habitante de la cité amie de l’auteure de la vidéo précise:

«Selon l’auteure de la vidéo, le policier visait bien le jeune homme avec son flash-ball».

En attendant, la section locale de la Ligue des droits de l’homme (LDH) s’est également saisie de cette affaire.

Elle déplore des actes qui «discréditent l’Institution policière» et alimentent la spirale de violences dans le quartier:

«La Ligue des Droits de l’Homme n’accepte pas cette spirale de la violence, où à l’usage disproportionné et inapproprié de la force par des policiers, répondent des actes de destruction qui visent des symboles de la République et du vivre ensemble».

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