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Ziara 2009 : BANDIAGARA CÉLÈBRE LA MÉMOIRE DE EL HADJ OUMAR TALL

Près de 3000 pèlerins venus de plusieurs pays de la sous-région ont participé à la manifestation religieuse
Du 26 et 27 mars dernier, Bandiagara a abrité la Ziara de la Tidianya. Ils étaient près de 3 milles pèlerins venant du Mali, de la Guinée, de la Gambie, du Sénégal, du Gabon, du Cameroun, du Soudan, etc. Parmi les participants ont notait la présence de Moctar Ouane, le ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ainsi que de nombreuses autres personnalités de la sous-région.
Une grande ferveur religieuse régnait dans la ville durant tout le week-end. A l'instar des Ziara qui se tiennent à Nioro du Sahel, Koniakari, celle de Bandiagara est célébrée par les descendants de El Hadj Oumar Tall et tous les adeptes de la Tidiania. Une voie d’origine maghrébine, qui a pour fondateur Seydina Cheikh Ahmed Tidiani, né en Algérie en 1737 et décédé à Fès (Maroc) en 1815. La Tidianya est l’une des dernières voies soufies à faire son apparition. En effet, El hadj Oumar Tall est connu comme étant l'un des plus grands propagateurs de l'islam et de cette voie en Afrique occidentale à travers non seulement le Mali, mais aussi au Sénégal, en Guinée Conakry, au Niger et au Nigeria. Dans ce dernier pays, ce sont les États de Kano et de Sokoto qui ont reçu la visite de cet infatigable combattant pour l'islam.


Rédigé par leral.net le Mardi 14 Avril 2009 à 23:53 | | 0 commentaire(s)|

Ziara 2009 : BANDIAGARA CÉLÈBRE LA MÉMOIRE DE EL HADJ OUMAR TALL
l’Essor n°16422 du - 2009-04-14 08:00:00

Après son pèlerinage à la Mecque et à Médine en 1823, il a été investi comme propagateur de la "Tariqiya Tidiania" par Cheick Ahmed Tidiani, qui tient son rang de sceau des saints par le prophète Mohamed (Paix et salut sur lui). C'est à la suite de ses nombreuses luttes au nom de l'islam que El Hadj Oumar Tall s'est retrouvé à Déguembéré. Une bourgade située à 15 km de Bandiagara. Il disparut miraculeusement en 1864 dans cette grotte quand il fuyait devant l'armée peule. Le site a toujours été vénéré dès lors par ses descendants. Chaque année, de nombreux fidèles de cette confrérie venant du Sénégal, de la Mauritanie, du Burkina, du Nigeria et du Cameroun s'y rendent en pèlerinage.
Exprimer les voeux. Pour immortaliser ses actes, une rencontre de la Tidiania s'est tenue au Maroc sous l'autorité du Roi Hassan II. A la suite de cette rencontre, les Tidianites ont retenu l'idée d'organiser une rencontre annuelle intitulée la Ziara qui a permis de formaliser et de donner toute l'importance que le pèlerinage méritait. En effet, cette célébration commence d'abord à Nioro en 1985 où a eu lieu la toute première Ziara. Et depuis, d'autres Ziara furent organisées à Koniakari et à Bandiagara. Toutes dégagent la même ferveur religieuse, le même recueillement pour l'illustre homme.
Ainsi, le jeudi 26 mars dernier, les fidèles se sont retrouvés à Bandiagara, puis au pied de la colline pour la prière, la visite des lieux saints comme le mausolée des descendants de El hadj au sein du Palais. Le clou de la manifestation a eu lieu à Déguembéré sur la colline, c'est-à-dire l'endroit où El hadj Oumar Tall a disparu. Son hangar sous lequel il se reposait a été remplacé par un abri plus pérenne. C'est là que les pèlerins viennent exprimer leurs voeux les plus chers. Ils jouent aussi à son jeu préféré nommé Guodjè en Peul ou Wolli en Bambara. Il consiste à distribuer à tour de rôle des concurrents des cailloux entre un certain nombre de trou. Le fait de jouer à ce jeu à cet endroit peut porter bonheur.
Lors de ce pèlerinage, les femmes sont les premières à effectuer les rites, puis c'est le tour des hommes. Le rituel s'est poursuivi jusqu'au petit matin. Puis les pèlerins sont revenus à Bandiagara pour coïncider avec la prière du vendredi.
Cette 23ème édition était placée sous la haute présidence de Cheick Macky Koureissi Aguibou Tall 14ème calife de la famille d'El hadj Oumar Tall, chef de village de Bandiagara et ancien diplomate. La tenue de cette Ziara à Bandiagara a un impact croissant sur tous les aspects de la vie de la ville de Bandiagara. Les commerçants, les hôteliers, les restaurateurs, les artisans et même les transporteurs sont unanimes que les affaires marchent bien pendant ce week-end. En effet, cette ville réputée pour son attrait touristique, reçoit habituellement beaucoup de visiteurs. Mais le nombre de pèlerins reçus cette année est particulièrement élevé. On les estime à près de 3000 personnes. En effet, beaucoup de pèlerins viennent quelques jours avant et repartent quelques jours après ce qui fait que les séjours durent près d'une semaine. Les deux grands hôtels que sont "La falaise", "Cambari" ou cheval blanc et le campement "Togouna" ont fait leur plein.
Outre son caractère religieux, cette Ziara représente aussi une rencontre où beaucoup d'autres personnes en profitent. Ainsi, dans chaque famille à Bandiagara, on pouvait compter ce jour au moins 2 pèlerins. Ce qui est le témoignage d'un brassage culturel entre les pèlerins et les populations de Bandiagara. Et sur le plan économique, on peut dire que les commerçants avouent clairement s'être bien frottés les mains. Le devis estimatif de l'organisation est de plus de 5 millions de Fcfa. La Ziara 2009 a été une réussite d'après les organisateurs. Vivement la prochaine édition.

Oumar GUINDO
AMAP Bandiagara


Il a été marqué par les images des guerres
Il photographie aussi bien l'actualité, mais surtout les traits les plus attractifs de notre pays et de l'Afrique. Alioune Ba s'intéresse au détail de la vie quotidienne qui échappe à beaucoup de gens. C'est une manière de changer la perception que l'on a de notre pays et du continent. Comme les artistes de sa génération, il a été marqué par les images des guerres, de la famine, des catastrophes naturelles qu'a connus notre continent. Pourtant chez nous, il existe de très belles choses qui embel-
Alioune Ba : LE PHOTOGRAPHE DE L'ESTHÉTIQUE
lissent notre environnement et qui nous donnent la joie de vivre. Telles sont les motivations du photographe et aussi les raisons qui fondent son sens de l'esthétique.
Le sens de l'esthétique d'Alioune Ba a été forgé au fil du temps, au cours de ses nombreux reportages dans le pays profond. En effet, ce documentariste qui travaille au musée national du Mali travaille depuis longtemps en studio. Il fait les photos documentaires de toutes les pièces de la collection de cette grande institution de la culture malienne. Sur toute l'étendue du territoire, il couvre les cérémonies rituelles et autres fêtes traditionnelles. Des photos qui servent à constituer une archive en images pour les générations à venir.
Alioune Ba s'est intéressé très tôt à des sujets et à des thèmes contemporains. C'est ainsi qu'il a présenté en 1995 une exposition intitulée "Détail des pieds et des mains". Il dévoilait tout le charme des multiples signes, dessins et autres figures qui permettent aux femmes de décorer la plante des pieds et des mains à l'occasion de la fête. Cette exposition a remporté un franc succès aussi bien au Mali, aux USA qu'au Japon. L'exposition est restée près de 3 mois à la Gallery Kai d'Osaka au Japon.
Il a abordé d'autres thèmes comme "Enfant, que deviendras-tu ?", "Femme en milieu rural", "L'orpaillage traditionnel", "Vie quotidienne en milieu rural", "Fleuve", "Caravane de sel dans le désert" entre autres. Son dernier travail "architecture de terre du Mali" a été exposé à la Cité de l'architecture de Paris en 2007.
Alioune Ba est un photographe très prolixe. Ce qui fait qu'il a exposé une vingtaine de fois de 1990 à nos jours. Il a fait 4 expositions au cours des différentes éditions des Rencontres africaines de la photographie de Bamako. Ainsi son talent et sa perspicacité sont reconnus à travers le monde dans toutes les grandes enceintes de la photo. C'est pourquoi, il a exposé aussi bien à Abidjan, Marrakech, Paris, Anvers, Amsterdam, Boon, Berlin, Angoulême, mais aussi et surtout en Arles. Cette dernière ville abrite l'une des plus grandes rencontres de photos au monde. En 1997, il fut lauréat du prix Afrique du Festival des trois continents à Nantes en France.
Depuis un certain nombre d'années, Alioune Ba s'oriente de plus en plus vers une autre dimension de la photo. Comme la musique, le cinéma et le théâtre, la photographie peut également servir d'intermédiation sociale. Aider les personnes bien portantes et même les malades mentaux à surmonter leur handicap avec la photo. C'est ainsi qu'il ont pris part à un atelier de photos avec les malades mentaux du Point G en 2007. Avant cela, il avait tenté une première expérience avec les enfants de la rue, puis avec les enfants affectés ou infectés par le VIH- Sida.
Une approche de l'art qui consiste à se mettre au service de la société et de la communauté d'une manière générale.

Y. D.






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