La presse devant les questions religieuses:stricto sensu ou ironie

 Mouhamadou Moustapha LO
Mardi 18 Janvier 2011

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u[Louanges et Remerciements soient rendus à Allah; 'la grâce ne peut provenir que d'Allah'
Les deux Paix sur Son esclave, Notre Seigneur, la meilleure créature d'Allah, sur sa famille et sur ses compagnons tant qu'il y 'aura un musulman pour déclarer : 'b[ La Vérité est ma boussole'.
]u]b

Nous avons pris connaissance d'un discours choquant et blasphématoire, signé par l’un des journaux de la place, en l’occurrence le Matin, publié à son quotidien d’informations générales n°4160, à la date du Vendredi 14 Janvier 2011, dans lequel on relate des propos déplacés à l’endroit des valeurs sacrés de la communauté des talibés de Baye Niasse, en engageant publiquement la responsabilité de son Khalife sur certains événements qui se sont passés à Médina et qui sont totalement à son insu.
Les propos relatés dans ces passages dénotent une exagération et un excès de parti pris voire une manque de respect vis-à-vis des valeurs de la communauté des talibés de Baye NIASS. En effet, l’auteur y mentionnent, avec gratuité, ces propos : « Medina Baye sonne la révolte pour protéger certains de ses fils qui seraient trempés dans des affaires nébuleuses. Chercher à humilier des forces de l’ordre n’est pas pour rendre justice aux justiciables. Un pays a besoin d’une justice forte. Sinon bonjour les dégats…. (Daw Thiow).
Ces phrases remettent en cause le bien fondé même de la communauté de Médina Baye NIASS. Pire encore, elles ternissent son image et sa réputation en insinuant que son Khalife cautionne l’injustice en voulant dissimuler des personnes poursuivies par la justice. Nous pensons que c’est une iniquité et une déconsidération à l’égard du Khalife de Medina Baye. Le titre de l’article en témoigne davantage : Révolte de Médina Baye. Le « DE » engage toute la communauté. Pourtant, il était plus judicieux d’écrire Révolte à Médina Baye. Dire que Medina Baye se révolte pour éclipser des justiciables, c’est une affirmation purement gratuite. De surcroît, c’est la deuxième fois que l’image de Médina se voit salir pour le comportement de quelque uns de ceux qui s’y réclament. Tout ceci mérite, cependant, un éclaircissement.
Tout d’abord, dérisoire ont toujours été les tentatives d’explication d’un tout à partir de ses éléments. Plus dérisoire encore les tentatives d’expliquer le tout à partir de l’un de ses éléments (R. Garaudy). Pourtant, que d’efforts déployé par certains pour ramener la philosophie de Baye NIASS à l’un des dérapages constatées dans comportement de certains qui se réclament de lui.
A vrai dire, le comportement de certains membres d’une communauté, quelles qu’ils soient, ne devrait pas engager la responsabilité de toute cette dernière. Dans toutes les structures, que ce soit politique économique, culturelle ou religieuse, il y a des brebis galleuse. Ainsi, vouloir représenter la communauté de Medina Baye à travers l’un ou l’autre de ses membres s’avère anodin, et tel ne doit pas avoir lieu.
Si on était tenté d’apprécier la qualité de la religion musulmane à l’aune des comportements des uns et des autres de ceux qui la compose, alors on serait amené à démentir le bien fondé de son existence. Combien de musulman, aujourd’hui, ne sont pas à l’encontre de ceux que Dieu (le Tout puissant) et son Prophète (PSL) ont effectivement recommandé ? Combien y en a-t-il parmi nous qui ne reflètent pas l’enseignement de l’Islam dans leur vécu quotidien ? Combien se livrant publiquement à des atrocités se réclament musulmans ? Est-ce que ces particularités doivent caractériser la quintessence de l Islam ? Nous pensons que non.
D’ailleurs, si présentement l’Islam est la destination première des critiques et diffamations de l’occident, tels que la corruption, la violence, l’injustice, le fanatisme, etc., c’est bien à cause du comportement excessif de certains parmi nous qu’ils soient chiites, sunnites ou toute autre obédience religieuse.
Cependant, l’enseignement de Baye NIASS est clair et net. Il s’appui sur la charia et la sounna du Prophète. Tous ceux qui se réclament de lui s’identifient, en principe, à ses valeurs. Baye NIASS n’a nullement inventé une nouvelle religion encore moins une nouvelle pratique, il n’a fait qu’ériger un certains nombres de pratiques islamiques en comportement de tous les jours. Il se réclame de la Tidiane, et épouse, à tous les égards sa philosophie, contrairement aux velléités qui tentent de marginaliser les talibés de Baye, en les identifiant par le vocable NIASSENE.
Medina Baye est incarnée par deux emblèmes : le Khalifa et la Mosquée, centre de rayonnement des valeurs de la communauté. Ainsi, lorsque vous affichez le portrait du Khalife et la photo de la mosquée, c’est un signal fort. Et qui sait l’intention qui est derrière ? De toute façon nous répondons non à tels attitudes.
Par ailleurs, le résume dans la façade qui précédé le développement de l’article et l’image montré de la mosquée sont autant de jugements préconçus, et de partialité. En effet, l’image qui est montre dans cet article est une mosquée de Medina Baye en plein chantier. Le décor tout aux alentours de la photo, donne l’impression de caractériser un désordre, ou de symboliser un acte. Pourtant, ce ne sont pas des photographies qui manquent, après tant de jours de couverture médiatique à l’inauguration de la Grande Mosquée de Médina Baye NIASS. Pour couronner le tout, on peut remarquer les toutes premières phrases dans la première page : Coupable de viol sur sa petite fille de moins de 13 ans, un grand-père en prison pour 10. C’est comme une sorte de redondance pour glisser directement vers un deuxième fait ignominieux et remarquablement haïssable comme en témoigne, toujours, la rubrique « Bonjour ! » du « le Matin » précédemment cité. Ce n’est pas une telle attitude qu’on attend des médias
Toutefois, la déontologie du journalisme exige que la probité et l’objectivité soient mêlées à l’encre du journaliste, qui relate les informations, et qu’il n y ait aucune proposition qui ne soit le fruit d’une large investigation.
Bien que la presse soit une entreprise privée, il est néanmoins le quatrième pouvoir et le symbole fort de la démocratie. Son existence et la part de liberté qui lui est réservée est synonyme de transparence, de santé de la politique et d’impartialité de la justice. De la sorte, son principal rôle est de concourir au rétablissement de l’ordre et à la sauvegarde de la cohésion et de l’intégrité nationale. La recherche de profit que lui impose sa survie, ne lui donne nullement le droit de titré à sa merci les informations à relater. L’ordre naturel et la cohésion sociale sont au dessus de tout, pour ne pas dire que les stratégies de communication utilisées dans le cadre de la politique, de l’économie et dans les faits sociaux divers, ne doivent pas être les mêmes que celles dans la religion ou la culture de notre patrie, qui se trouvent au plus profond de chacun d’entre nous. La religion est très sensible a certaines exagération par image ou par écrit. Quant il s’agit de la religion ou des faits cultuels, relatons simplement les choses comme elles se sont essentiellement déroulées, et non ironiser ; ce qui peut déboucher sur on ne sait quoi.
Dans un autre angle, le libéralisme avec son cortège de liberté de conscience, ne doit point signifier « laisser faire laisser aller » comme le stipulent les physiocrates (doctrine économique fondateur du libéralisme, avec en tête, le Docteur Francois Quesnay). Il signifie simplement libre jeu des initiatives individuelles, mais s’étend aussi respect de soi et de son prochain mais également de ses institutions et de son pays, afin que tous puisse vivre en liberté et recevoir les égales de son mérites et de ses compétences. Voila comment nous percevons le libéralisme. Nous ajoutons aussi que la violence de l’Etat contre la transgression des règles, morales, religieuses et politiques est une sagesse de gouvernance.
La liberté d’expression ne signifie pas dire de que l’on veut quand on veut et où on veut : ça c’est une liberté de parole. Elle veut simplement dire liberté d’exprimer son opinion et non liberté d’extérioriser ses sentiments. Où iront-nous dans ce cas. Nous ne sommes pas d’avis avec cet adage qui dit « La polémique fait la puissance de la presse et détermine son utilité » (Nerval). La presse doit être au service du développement de par la reconstruction de la vérité et le lieu de l’expression des doléances ; le peuple n’est-il pas toujours souverain ?
Ainsi, il faut nourrir un certains respect à l’égard des communautés religieuses. Si la police doit descendre sur un pôle cultuel, il faut, au moins par respect et considération, avertir les autorités religieuses sur place ; de la même sorte qu’un Président doit avertir un gouverneur lorsqu’il doit faire une descente dans sa circonférence. Cela n’a rien d’obligatoire mais symbolise une attention particulière aux valeurs transcendantes de l’Islam et des confréries. Nous sommes des musulmans, et, à certains égards, nous ne nous reconnaissons pas de la justice telle que veut l’imposer les occidentaux. Nous avons des valeurs et des lignes de conduite. Les respecter ne fait qu’amener la paix et la concorde, car au Sénégal on ne peut dissocier religion et politique comme cela se fait en Europe. Pour nous la spiritualité est au dessus du temporelle et doit lui édicter sa ligne de conduite. De la sorte, tous ceux qui se réclament Sénégal s’identifient à ces valeurs et se conforment à la ligne de conduite préétablie, pour qu’en cas de démarquage, la justice puisse s’interposer et remettre les pendules à l’heure sans qu’il ne soit nommé ou appelé à l’indulgence de quelle que communauté que soit : Mouride, Tidiane, Khadre, Layène, protestant, athée, catholique, etc. Voila ceux auxquelles doit veiller la presse sénégalaise que nous félicitons au passage pour ces innombrables contributions dans le développement du pays.
Nos chefs confrériques, notamment les Khalifes, méritent beaucoup de respect au même titre que nos institutions pourvu qu’ils soient dans l’intérêt du Général. Je n’irai pas jusqu’a dire qu’ils sont infaillibles, mais ils représentent tout ce que nous avons de plus inestimable. Les mêlées à certaines choses, traduit notre manque de considération vis-à-vis des conceptions religieuses.
Au demeurant, les choses religieuses ne doivent pas être la cible des politiques ou des médias. Pour les uns c’est la gestion de la cité et la coordination dans la satisfaction des besoins des uns et des autres, tandis que pour les autres, c’est le maintien de la divergence d’opinion et la sauvegarde de la transparence à travers l’information, compagnon sans égale de la démocratie. Certes, un Etat est un pouvoir central, mais il gouverne en fonction des repères qui symbolisent son territoire.
Au reste, force est de constater que notre communauté fait quelque fois l’objet d’attaque à cause , certes, du comportement répréhensible de certains de ceux qui s’y réclament, mais tenter de qualifier ces dérapages comme une posture de la communauté, relève d’un excès; et constitue, ipso facto, un signe de manque de considération à l’égard de nos valeurs.
En somme, voila ce que Medina Baye aurait aimé dire par l’intermédiaire de ses intellectuels : une justice impartiale qui traite tous de la même manière, une politique non discriminatoire et qui répond aux attentes des administrés au lieu de chercher à s’aligner à des recommandations internationales qui ne profitent guerre, un développement harmonieux à égalité de chances selon les compétences, une éducation qui ne déracine pas, une recherche de la connaissance qui aide à se connaître, une amélioration de la santé maternelle qui ne laisse pas de place à l’avortement et enfin une presse intègre, probe et désintéressée, s’alignant autant que possible aux valeurs cardinales des communautés auxquelles elle s’assimile. C’est tout, là, le défi du nouveau millénaire et non une croissance sans finalité, ou une réduction de la pauvreté qui n’a pas encore fini de causé du désagrément à plusieurs citoyens du monde ou encore un droit de l’hommes au nom duquel on s’immisce partout et répugne tout.
Vive une presse avec aucune ironie ou euphémisme mais avec plus de respect et de prudence, car, en finalité, la presse est le soubassement des doléances du peuple. La presse est le quatrième Etat du royaume (Thomas Carlyle : Des héros). Ainsi n’est-elle pas là pour tous et par tous ?

Miouhamadou Moustapha LO

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