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la détention de Khalifa Sall à Rebeuss divise l'opinion

Au Sénégal, l'inculpation et le placement en détention du maire de Dakar pour détournement de fond publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux, des crimes passibles d'une peine de 5 à 10 ans d'emprisonnement, provoquent toujours des tensions. Il est reproché à Khalifa Sall et à six de ses proches collaborateurs de n'avoir pas justifié l'utilisation de 2,7 millions d'euros issus d'un fonds de l'Etat entre 2011 et 2015. Et un débat est né ces dernières heures sur la nécessité ou pas d'incarcérer Khalifa Sall.


Rédigé par leral.net le Vendredi 10 Mars 2017 à 14:50 | | 0 commentaire(s)|

Si Khalifa Sall dispose d'une chambre spéciale à la prison de Rebeuss - qui n'est d'ailleurs pas celle qu'occupait Karim Wade - d'un poste radio et d'une télévision, le maire de Dakar est isolé et doit attendre les visites de ses collaborateurs pour donner ses consignes.

Pour le secrétaire général de l'Association des maires du Sénégal (AMS), Mbaye Dione, membre de la coalition de la majorité, cette incarcération n'était pas nécessaire. « Ce qui est arrivé à notre camarade, notre collègue maire, Khalifa Ababacar Sall, est regrettable, estime-t-il. Quand on gère des deniers publics, il faut s’attendre à rendre compte. Mais nous pensons qu’avant d’inculper un maire, avant d’emprisonner un maire, on pouvait trouver des formules qui permettaient à la justice de faire son travail à l’encontre du maire Khalifa Ababacar Sall dès l’instant que le dossier a été confié à un juge d’instruction, qui a la latitude de convoquer Khalifa et qui a la latitude de le laisser s’occuper des choses de la mairie qui sont extrêmement importantes. L’incarcération d’entrée de jeu, à mon avis c’est trop. C’est trop parce que, jusqu’au moment où nous parlons, Khalifa Sall est présumé innocent. Rien n’empêche aujourd’hui si les conditions sont réunies de le placer sous liberté provisoire, liberté conditionnelle. Nous pensons au-delà du cas Khalifa Sall que les maires du Sénégal doivent avoir une immunité. »

Des charges trop lourdes selon Amnesty

Mouhamadou Mbodj, responsable du Forum civil, estime que le fait d'exclure Khalifa Sall du jeu politique va diviser un peu plus le pays : « Le fait de le maintenir hors du champ du jeu politique risque de cristalliser les réactions. Personne n’écoute plus personne ».

Autre point de vue de la société civile : Seydi Gassama d'Amnesty International Sénégal considère que les charges à l'encontre de Khalifa Sall sont trop lourdes : « De toute évidence, il n’y a pas eu enrichissement illicite. Depuis 1960, tous les maires qui ont géré Dakar, ont géré ces fonds exactement de la même manière. La meilleure démarche aurait été de dire que dorénavant, voici les règles nouvelles de la gestion de cette caisse d’avance. En respectant effectivement les règles de la comptabilité publique ».

S'il continue de suivre les activités de sa mairie, Khalifa Sall a néanmoins énormément délégué à ses adjoints et se concentre en priorité de se défense avec ses avocats. Ces derniers crient au complot politique.










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