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ABC, le Grand Sage a parlé (Abdoulaye Bâ, Consultant International)

Le Sage a parlé: Me Alioune Badara Cissé a plaidé en faveur du peuple (des jeunes, des femmes, des sages, des populations des zones enclavées, des pères de famille…).
Il a parlé juste et bien, avec son cœur, en qualité d’être humain au service et à l’écoute de son peuple. Loin d’être un médiateur, il a voulu encore une fois, donner un dernier conseil à son ami, à son frère.


Rédigé par leral.net le Lundi 26 Avril 2021 à 22:06 | | 0 commentaire(s)|

ABC, le Grand Sage a parlé  (Abdoulaye Bâ, Consultant International)
Il est bien placé pour le faire, j’ai été témoin de tous les combats qu’il a pu mener et tous les sacrifices qu’il a pu consentir pour que le Prince puisse être protégé et accéder à la Magistrature suprême.

Malheureusement, lorsqu’on accède au pouvoir, on a un nouveau cercle d’amis et de collaborateurs qui cherche à chasser les meilleurs, les plus brillants, les plus honnêtes, qui vous rappellent chaque jour vos engagements, vos faiblesses, vos promesses et qui disposent de la légitimité de vous rappeler la genèse de votre combat : « servir sans condition le peuple ».

Maitre Alioune Badara Cissé a pu rappeler qu’un président de la République est avant tout un être humain qui a été choisi par une majorité pour se préoccuper de l’intérêt général, du bien-être social et du développement de son pays. Mais qu’en dépit des dorures du pouvoir ; des privilèges ; des influences d’une minorité qui se soucie de la pérennisation du pouvoir, il doit pour autant écouter les sages et les aspirations de son peuple, avec son cœur d’homme sensible, doté d’un important sens de la disponibilité et de l’empathie.

Le Président connait très bien le Sénégal et les Sénégalais, mais parfois sous l’influence de la puissance de l’exercice du pouvoir il oublie qu’il dirige des Sénégalais.

Le Sénégal est assez spécial, car ce peuple est à la fois tolérant mais aussi exigeant, ambitieux, déterminé et courageux quand c’est nécessaire.

A force de subir et de souffrir face aux affres de cette vie morose, à force de garder le silence devant l’insolence, l’arrogance, l’intolérance, l’impertinence, l’indifférence de certains petits leaders qui gravitent autour du grand prince, l’injustice quotidienne et les manipulations de bas étage viennent attiser les souffrances d’une majorité du peuple qui ne cesse de souffrir.

D’ailleurs, c’est pour cette raison que l’ancien président de la République a perdu le pouvoir. Malheureusement, la majeure partie des larbins politiques qui lui ont fait perdre la magistrature suprême, s’agglutinent autour du nouveau Prince pour chasser les véritables acteurs du changement.

Le pouvoir du nouveau Prince a été phagocyté par les germes et certains parasites qui sont aux antipodes de la bonne gouvernance, de l’exemplarité, de la dignité humaine et de la démocratie. Ils veulent tout juste se servir au lieu de servir le peuple.

Lorsqu’un leader cherche à accéder au pouvoir en Afrique, c’est l’ange personnifié : il est disponible, généreux, passionné par la construction nationale et l’amélioration des conditions de vie des populations démunies. Il est tout simplement humain et il est prêt à dégager et à exprimer pleinement tout son humanisme.

Quand ils s’engagent et qu’ils prétendent représenter l’alternative pour l’alternance. Quand ils promettent d’améliorer les conditions de vie des populations démunies, l’attente et l’espoir d’un peuple et qu’après, ils se détournent de leurs engagements et de leur programme, ils tendent à vivre une véritable déchéance politique, qui les conduira inévitablement vers le reniement du peuple et la chute de tout un système. La politique ne se fait pas qu’avec la morale et l’éthique, mais elle ne se fera pas non plus sans la pleine conviction de croire en certaines valeurs tels que : l’honnêteté, la sagesse, la bravoure, l’équité, la conscience sociale. En résumé, un véritable leader politique doit croire et respecter son peuple.

Alioune Badara Cissé est très bien placé pour le rappeler au Prince.

Il s’apprête à partir car il le sait lui-même, il passe les derniers moments de sa mission de Médiateur de la République, dépourvu de tous les moyens nécessaires à l’exercice et à l’accomplissement de sa mission. Il a été royalement ignoré, car à un moment de sa vie, il a osé rappeler au Grand Manitou, la souffrance de son peuple. Il s’est engagé dans la véritable médiation entre un Leader et son peuple, mais encore une fois, les larbins de la République se sont offusqués de cette émancipation institutionnelle de ce serviteur qui devait tout simplement la fermer au détriment des souffrances des Sénégalais.

ABC comme sont nom l’indique sont les premiers lettres de l’alphabet. Il était là avant tout le monde et il a toute la légitimité de donner des conseils et des orientations à son ami, son frère, son Président, car il a participé à la crédibilisation de son combat et de son accession au pouvoir.

Monsieur le Président, il vous reste maintenant trois ans pour donner les meilleures orientations pour la construction et le développement du Sénégal. Ne vous laissez pas divertir ou déstabiliser par les soubresauts des ambitions des petits princes qui gravitent autour de vous et vous entourent, vous méritez mieux. Et il y a un avenir pour des leaders de votre trempe après le Pouvoir. Vous aurez même le temps d’aller vous divertir professionnellement sur la scène internationale, afin de pouvoir revenir un jour servir encore une fois votre pays.

Les signes sont très clairs, toutes les personnes qui vous diront le contraire vous mentiront, c’est votre dernier mandat, même si vous croyez que vous avez le droit de vous représenter. Vous l’aviez si bien dit : « Les gens gesticulent et s’agitent pour rien », vous avez, vous-même suffisamment verrouillé en bonne foi la constitution : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs » dans l’intérêt de la démocratie de notre pays.

Et malheureusement ou heureusement, tous ces jeunes qui auront l’âge de voter en 2024, en plus des indécis, des frustrés et des véritables démocrates épris de justice, ne jetteront pas des pierres mais ils déposeront leur carte à un opposant, si vous avez l’endurance de tenir le pouvoir jusque-là, car une fois que la roche s’est fendue sous la montagne, la stabilité de la masse n’est plus assurée.

Si vous persistez, vous ne connaîtrez et n’affronterez que l’instabilité jusqu’à la fin de l’exercice de votre mandat.

Il vous reste trois ans pour graver votre nom en or massif dans l’histoire institutionnelle de ce pays. Vous êtes un homme bien, un homme bon, juste un être humain, sinon vous n’allez pas accéder aussi facilement au pouvoir pour diriger le peuple sénégalais.

Vous étiez l’espoir de tout un peuple, de toute une nation, mais il faut reconnaître que l’exercice de votre pouvoir s’enlise peu à peu dans des considérations rocailleuses qui l’enlisent dans les détours de l’arrogance, de l’intolérance, de l’impertinence, de l’indifférence et de l’empirisme.

Il est temps de choisir un Premier Ministre et de prendre assez de recul politique, pour diriger ce pays avec la ferme volonté d’assurer une bonne transition démocratique, avec la mise en place d’un scrutin libre et transparent qui permettra, une excellente transition démocratique à travers le choix du meilleur candidat par les Sénégalais et pour les Sénégalais.

Méfiez-vous de tous les serviteurs de l’Etat zélés, excessifs, héros d’un jour, vindicatifs, car ils n’existent et ne doivent agir que pour l’intérêt général à travers la neutralité, l’équité, la discipline et l’honnêteté.

Vous êtes né après les indépendances et je crois que vous devez ce combat à votre peuple.

Le Sénégal le mérite et vous devez plus à ce pays.

Annoncez clairement que vous n’allez plus vous représenter et donnez les gages et les véritables orientations pour que les Sénégalais se mettent enfin au travail pour les trois prochaines années à venir.

Vous serez ainsi libre de toute pression, de toutes manipulations et vous pourrez ainsi inviter toutes les forces vives de la nation à s’aligner à vos côtés, pour l’unique construction nationale.

Démissionnez de la tête de votre parti l’APR (Association des Prétendants de la République) et demandez-leur d’organiser d’ici deux ans, des primaires pour choisir leur propre candidat.

Ne vous mêlez plus de la politique politicienne et parlez et agissez uniquement au nom et pour l’intérêt du peuple.

Reléguez au second plan toutes les personnes qui voudraient vous distraire de cette noble mission qui est de servir le pays.

Les stratagèmes, les stratégies, les manipulations, les partenariats pour rester au pouvoir ne pourront que vous desservir, vous ridiculiser devant le peuple sénégalais et l’opinion internationale, alors que vous méritez mieux. Prenez de la Hauteur, Monsieur le président de la République.

Les Sénégalais ne sont pas contre vous, ils ne vous comprennent plus, il est temps de vous réconcilier avec votre peuple avant que cela ne soit trop tard.

Vos véritables amis, les personnes qui vous aiment et vous apprécient, ne sont pas forcément auprès de vous. Ceux qui vous donnent l’impression d’être contre vous, ne sont pas forcément vos ennemis. Le Sénégal nous appartient à nous tous et nous devons revenir à la raison.

Vous devez préserver nos institutions à travers le respect de la séparation des pouvoirs, pour que force reste à la loi et que la justice puisse être appliquée à tous les citoyens, au même titre et à tous les niveaux, qu’ils soient du pouvoir, de l’opposition, ou un simple citoyen. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare et nous divise.

Les hommes passent et les institutions demeurent et comme le soulignait Obama, l’Afrique a besoin d’institutions fortes.

Dans quelques années, nous ne parlerons plus que de votre héritage politique. Vous avez l’obligation et le devoir de nous laisser un héritage démocratique transparent, limpide, clair et juste. Vous n’avez absolument pas le droit de faire moins que vos prédécesseurs, d’autant plus que vous êtes de loin le plus jeune, celui qui est né après les indépendances africaines.

Vous devez continuer à œuvrer pour la construction nationale et préparer la meilleure transition avec l’implication de tous les acteurs valables de ce pays.

Monsieur le Président, mieux que quiconque vous pouvez et vous devez assurer le lancement des jalons du développement de ce pays et vous avez toute la légitimité pour le faire aujourd’hui et dès à présent.

Je ne suis ni un opposant, ni un partisan, ni un sympathisant, je suis juste un citoyen admiratif de votre parcours politique, qui observe de loin et de près ce chef-d’œuvre qui risquerait de se briser sur les parois fracassantes des exigences du peuple, un simple citoyen qui voudrait juste vous apporter ce regard extérieur neutre et objectif.

Qu’Allah Le Tout-Puissant guide votre pas, Vous assiste, Vous préserve et Vous accorde toute sa Bénédiction, pour une meilleure paix sociale et la construction de notre Cher Sénégal.







Abdoulaye BA
Consultant International
Analyste Politique, Politologue
Expert en Sciences administratives et organisation de l’Etat