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Affaire Helios-Free Senegal: Les travailleurs alertent sur un «deal» de 105 milliards sur le dos de l’Etat

L’Etat risque fort d’être floué dans l’affaire Helios – Free Sénégal. Le Syndicat national des Travailleurs de Sentel (Snts)-Free Sénégal tient en tout cas, à avertir l’Etat du « deal» d’une valeur de 105 milliards de francs Cfa qui s’opèrerait sur son dos. Pis, beaucoup de travailleurs de la boîte risquent de se retrouver dans la rue si cette transaction opaque aboutit.


Rédigé par leral.net le Jeudi 1 Octobre 2020 à 09:27 | | 0 commentaire(s)|

Affaire Helios-Free Senegal: Les travailleurs alertent sur un «deal» de 105 milliards sur le dos de l’Etat
105 milliards de nos francs Cfa ! C’est le montant du « deal » qui risque de se faire sur le dos de l’Etat, sans compter les employés sénégalais de Free menacés de perdre leurs emplois et de se retrouver dans la précarité.

En effet, une annonce publiée sur le site de Helios Towers plc fait état d’un accord pour l’acquisition de 1200 sites de Free Sénégal, représentant une valeur intrinsèque d’entreprise de 116 milliards FCfa incluant des taxes et obligations sur le bail foncier à hauteur de 11 milliards FCfa, d’où le montant de 105 milliards FCfa cité plus haut comme montant de la transaction.

Le Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de Sentel (Snts)-Free Sénégal, Abdoulaye Badara Seck, informe que l’accord prévoit également un engagement additionnel de 45 milliards FCfa à investir pour le déploiement de 400 nouveaux sites sur les 5 prochaines années.

Violation du code des communications électroniques

Se disant sceptique par rapport au respect du code des communications électroniques par Free Sénégal, le syndicat des travailleurs du deuxième opérateur de téléphonie mobile de notre pays tient donc à alerter les autorités d’ores et déjà. Abdoulaye Badara Seck rappellent que les articles du Code des communications électroniques stipulent que l’Autorité de régulation est celle qui est habilitée à définir le cahier des charges et à lancer l’appel public à candidatures devant aboutir à la sélection des MVNO, des FAI et des opérateurs d’infrastructures.

« Concernant les MVNO (tels Promobiles, 2S mobiles…) et les FAI (fournisseurs d’accès internet), l’ARTP avait bien défini un cahier de charge et lancé un appel public à candidatures. En choisissant de lancer lui-même son appel d’offres pour sélectionner son opérateur d’infrastructure, l’opérateur Free ne se substitue-t-il pas à l’Autorité de régulation? Ce faisant, l’opérateur Free n’est-il pas en violation du code des communications électroniques ?», s’interroge le représentant des travailleurs.

Enfonçant le clou, il souligne que, tel que prévu par le code des communications électroniques, l’on s’attendrait à ce que la sélection des opérateurs d’infrastructures au Sénégal soit encadrée par l’ARTP à travers un appel public à candidatures et un cahier des charges. Ce qui n’est pas le cas dans le « deal » en question.

A cet effet, M. Seck se demande qu’est-ce qui pourrait expliquer cette cession d’infrastructures à Helios, alors qu’à la connaissance du personnel, aucun appel public à candidatures n’a été finalisé par l’Artp pour les opérateurs d’infrastructures.

« Laisser le champ libre aux opérateurs de téléphonie qui pourraient se substituer à l’Autorité de régulation dans la définition du cahier des charges et la sélection des opérateurs d’infrastructures, signifierait que ce cahier des charges ne prendra en compte qu’essentiellement les intérêts de l’opérateur de téléphonie et non les préoccupations de l’Etat du Sénégal. L’Etat du Sénégal, à travers l’Autorité de régulation, est interpelé » a-t-il fait savoir.

Selon lui, si une telle transaction passe, ce serait la porte ouverte aux spéculations sur le dos de l’Etat. Pour cause, tout opérateur de téléphonie pourrait s’aventurer à céder tout ou partie de ses infrastructures au plus offrant.

« Aurait-il été permis à un quelconque opérateur (que cela soit Orange, Free ou Expresso) d’aller sur le marché international avec son appel d’offres, de contracter avec un MVNO et de revenir avec ce MVNO pour demander l’autorisation de l’Autorité de régulation mise devant le fait accompli ? La réponse est non », a-t-il indiqué.






Le Témoin