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De qui Amadou Fall tient-il son mandat ? ( Sahnoun Ndiaye)

Rédigé par leral.net le Dimanche 16 Décembre 2012 à 00:36 | | 0 commentaire(s)|

Telle peut se résumer la question qu’il est légitime de poser à Amadou Fall enseignant à Guinguinéo. Lequel s’immisce, de mon point de vue, dans un débat où il est parfaitement étranger et pour lequel il lui manque des appuis juridiques.


De qui Amadou Fall tient-il son mandat ? ( Sahnoun Ndiaye)
A voir la profession d’Amadou Fall, je suis enclin à penser qu’il défend la corporation des enseignants à qui j’aurai, dans ma réponse à un article de Mody Niang, manqué de respect. Sauf qu’il n’est pas ici question d’amener dans le débat, loin s’en faut, le métier de l’un ou de l’autre. Encore moins de le personnifier.
En rédigeant une contribution pour défendre le point de vue du Parti démocratique sénégalais, les réalisations pendant les douze années passées au pouvoir et pour me mettre en porte-à-faux par rapport à des attaques contre « la fratrie wadienne », je me suis basé sur les règles élémentaires de droit qui confère le pouvoir de parler pour et au nom d’une institution, groupement ou phratrie.
Cet engagement est fondé dans la mesure où d’abord, le PDS est un parti politique légalement constitué, ensuite l’ex-Président Abdoulaye Wade et tout chef d’Etat du Sénégal tient son mandat du peuple sénégalais et enfin le mien étant militant du PDS ayant servi sous les ordres de l’ex-chef d’Etat. C’est dire donc que mon propos n’est pas seulement un cri venu de nulle part mais est étayé par des éléments de droit permettant une expression sur des questions politiques mais aussi administratives.
Dans son introduction Amadou Fall montre la limite de son ouverture d’esprit lui qui affirme que Mody Niang « est plutôt du bon côté ; celui de la défense du Peuple Sénégalais, de la démocratie, des droits de l’Homme, de la bonne et vertueuse gouvernance ».
Soucieux du parallélisme des formes, dans la suite du texte, j’adresserai mes propos directement à Amadou Niang puisqu’il a pris personnellement cette affaire en charge.
De qui Amadou Fall tient-il son mandat ? Le peuple sénégalais s’est-il librement exprimé pour lui décerner le pouvoir autre que celui de bien enseigner ? A-t-il un groupement quelconque légal lui donnant cette latitude ? Rien ne paraît de semblable dans sa contribution.
La liberté d’expression donne le droit à tout citoyen sénégalais de s’exprimer sur toutes les questions qui se posent publiquement. Cependant, elle ne lui donne pas la liberté de s’arroger ce titre fumeux de « défenseur du peuple sénégalais » tout en faisant preuve en plus d’un aussi parfait manque d’impartialité.
Un citoyen qui s’exprime sur des questions politiques en prenant fait et cause pour un parti ou une coalition de partis peut-il se targuer d’être représentatif de tous les Sénégalais. Que nenni ! En effet, il faut un traitement équilibré des problèmes pour pouvoir revendiquer ce titre. Mais il faut auparavant tenir son mandat de quelque part ou de quelqu’un. Je ne pense pas que le titre d’enseignant donne le droit à Amadou Fall d’être le porte-parole du « Peuple sénégalais ». Pire encore s’il fait dans la subversion comme il y a peu.
Ceux qui se rapprochent le plus de cette définition appartiennent à la corporation des journalistes mais même là des règles encadrent la profession. Malheureusement au Sénégal, elles sont tellement ou ignorées ou arrangées qu’il est difficile de s’y retrouver.
Même si cela semble bizarre aujourd’hui pour certains que « quelqu’un à la tête d’un groupe de presse puisse passer son temps à insulter les gens gratuitement », c’était la norme hier et encore aujourd’hui. Ces attaques ciblées ont permis à des hommes et femmes d’occuper actuellement des places de choix dans l’Etat du Sénégal sans que cela ne gêne personne. Comme quoi la presse est maintenant dans notre pays la voie la plus courte pour arriver au pouvoir. A cheval Amadou, toi aussi tu as tes chances.
Finalement, c’est l’absence d’un mandat qui rend suspect les propos d’Amadou Fall. S’il a la grosse prétention d’être pour tous ses concitoyens le représentant dont l’action est « exclusivement tournée et orientée vers le bonheur de notre Peuple », il faut qu’il emprunte la bonne voie. Et même dans ce cas, il eut fallu qu’il se fût levé très tôt.
A ce qu’il semble, Amadou Fall n’est ni membre de la presse ni de la société civile ni d’un parti politique.
Partant du fait qu’il y a attaque politique de la part de Amadou Fall, en tant que militant du PDS, j’ai tenu à apporter des clarifications. A la seule différence que je ne parle pour « le Peuple sénégalais » mais pour ceux dont je peux légitimement réclamer et obtenir un mandat. C’est qui me donne même si elle est petite une vraie légitimité.
Sur certains points dans le texte d’Amadou Fall qui me paraissent mériter une attention, je suis presque meurtri à l’idée de constater qu’il se réjouit de dire que « le travail est le seul principe directeur du développement ». Je ne voulais pas, dans ma contribution incriminée, être amené à proférer de telles évidences.
Dans mon entendement, il n’y a pas de différence entre l’homme qui croit et l’homme qui travaille. Il y a une parfaite continuité ontologiquement parlant. Amadou Fall a des difficultés pour comprendre ce point de vue. Il introduit une séparation mettant d’un côté le croyant qui prie et celui qui travaille. « Le plus petit écolier de ce pays vous réciterait facilement la maxime populaire » : Ligëy ci jaamu yalla la bokk. Il faut obligatoirement descendre d’un niveau, à hauteur d’Amadou Fall, pour le lui faire comprendre. C’est fait !
Je n’ose pas croire qu’Amadou Fall l’enseignant n’a aucune connaissance de la symbolique mais de là à réciter comme un piètre élève que le chapelet sert à compter c’est tout de même d’une tristesse ! Il en doutait, il me semble lui qui fait à tout le « Peuple sénégalais » cette grande révélation. « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt » (Lao Tseu). L’enseignant ne peut pas être en cause. Qui alors ?