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Entre « faux amis » et fidèles compagnons: Macky Sall au milieu de tous les coups

Les apparences sont justes en train d’être sauvées mais l’affaire Adji Sarr-Ousmane Sonko et les manifestations qu’elle a engendrées, ont installé un véritable climat de suspicions au sommet du pays. Entre traîtres et fidèles compagnons du Président, l’on se soupçonne.


Rédigé par leral.net le Vendredi 2 Avril 2021 à 09:44 | | 0 commentaire(s)|

Entre « faux amis » et fidèles compagnons: Macky Sall au milieu de tous les coups
Que ce soit au palais de la République, dans le gouvernement et au niveau de la haute administration, les manifestations consécutives à l’affaire Adji Sarr ont installé un climat de suspicions.

Le simple reproche que les uns font aux autres, est de ne pas avoir mouillé le maillot pour le Président lors des manifestations. La couleur de ce sentiment de suspicion généralisé a été annoncée par Aliou Sall, le frère du Président, qui a révélé que la plupart des proches de Macky Sall ne l’ont pas soutenu lors des manifestations.

Déjà, dans les couloirs de la Présidence et du Gouvernement, des collaborateurs étaient désignés au lendemain des évènements regrettables, comme des traîtres qui étaient prêts à lâcher le boss. Des collaborateurs haut perchés du Président ont été indexés.

Ils sont accusés d’avoir pris des dispositions qui leur sont favorables durant toute cette période. Autant dire que dans l’entourage du Président, où la guerre des clans n’a jamais connu de répit, elle est montée d’un cran avec les derniers évènements. Les coups qui pleuvaient entre frères ennemis se sont renforcés ces temps, avec des antagonistes qui ne se font pas de cadeaux.

Avant les manifestations, les changements intervenus au Conseil économique social et environnemental, dans le gouvernement, la direction du Cabinet du chef de l’État et le Secrétariat général de la Présidence, ont accentué l’adversité entre gens opposés du même camp.

Des collaborateurs haut perchés du Président ont été indexés

En attendant que Macky Sall, qui doit avoir l’embarras du choix, identifie qui, autour de lui, lui est fidèle ou pas, chaque protagoniste cherche à renforcer sa position autour de lui. Le fait qu’il soit entouré de nouveaux collaborateurs qui ne s’apprécient pas, a accentué les guéguerres post manifestations.

Dans les jours à venir, il ne faudrait pas être surpris de voir des responsables du camp présidentiel monter au créneau au nom de la défense de Macky Sall. Des mobilisations d’envergure et des descentes à grand frais au terroir, vont se multiplier pour éviter d’être étiquetés "infidèle".

Tant que les clivages s’étaient limités au Palais, où un vrai climat de suspicion entre camps rivaux prévaut depuis les grands changements au sommet de l’État, ils seraient à contenir.

Mais avec les manifestations, certains membres des camps se sont directement mis à se tirer des coups avec objectif : la mort politique de la personne ciblée. Le maître des céans, Macky Sall en l’occurrence, qui intervenait pour réconcilier les antagonistes, semble, cette fois, avoir d’autres préoccupations que de régler des guerres intestines. Il est plus préoccupé de son image, écornée par ce qu’il s’est passé. C’est en effet un secret de Polichinelle que le Président Sall n’a pas l’onction de certains de ses proches, dans le choix des hommes qui l’entourent.

Il y a dans son camp, des responsables qui n’hésitent pas à lui dire leur opinion sur des questions comme celle du troisième mandat. Le choix de certains à des hauts postes, n’a pas toujours l’assentiment de certains membres de l’establishment qui le font savoir. On peut par exemple citer le poste de Mahmoud Saleh qui continue d’être contesté par ses détracteurs.
D’autres le lorgnent et veulent lui prendre sa place. C’est dire qu’autour du Président Sall, chacun s’agite pour ses intérêts. C’est en quelque sorte un match de gladiateurs qui est très loin de connaître une fin.

La guéguerre entre des responsables au sommet, connaît un prolongement au sein de l’Alliance pour la République et dans Benno. Selon qu’on est avec tel ou tel autre, on choisit son camp, prêt à se mitrailler. Chaque combattant de sa propre cause, avance des arguments pour justifier son droit à la position qu’il occupe ou convoite, dans la gestion du pays. Si les uns déclarent être avec Macky Sall depuis les "temps immémoriaux" - depuis le Pds -, d’autres arguent avoir contribuer à toutes ses victoires.






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