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Le Président en quête d'une nouvelle alliance: Les pièces du puzzle

Le chef de l’Etat a décidé d’élargir son «espace de pouvoir» en comptant sur des hommes de Benno bokk yaakaar, mais aussi sur ceux qui sont en dehors de cette coalition. Dans son message aux Apéristes à l’occasion du 7ème anniversaire de son parti, il a annoncé une nouvelle «alliance en chantier» qui va l’accompagner dans la «reconstruction» du pays. Pour sa réélection aussi. Mais qui pourraient être ces hommes sur qui Macky Sall compte ?


Rédigé par leral.net le Samedi 5 Décembre 2015 à 23:07 | | 0 commentaire(s)|

Cela peut passer inaperçu, mais c’est une révélation de taille que Macky Sall a faite dans son Message à ses camarades, à l’occasion du 7ème anniversaire de l’Apr, publié en intégralité dans Le Soleil d’hier. Le chef de l’Etat est en train de peaufiner une stratégie électorale qui n’a rien d’une réplique à celle de l’opposition dont Jeune Afrique a fait état.

«La construction du Sénégal nouveau dépasse les seules forces et les seules frontières de l’Apr. Vous le savez bien. C’est pourquoi je me réjouis de l’acceptation par le Directoire et par l’écrasante majorité du parti, de ma décision d’élargir les bases de l’espace de pouvoir à toutes les Sénégalaises et à tous les Sénégalais qui, dans Benno bokk yaakaar et en dehors de dette coalition, entendent m’accompagner dans ma politique de reconstruction du Sénégal. Dans la future alliance en chantier, notre parti aura, pour sûr, une place de choix», a-t-il informé les Apéristes.

En effet, pour Macky Sall, «être ensemble (...), c’est éviter les échappées solitaires sans lendemain dans un Sénégal en quête de renouveau de la pratique politique». Citant le général Charles De Gaulle, il dit : «L’ambition individuelle est une passion enfantine.»

Un gouvernement élargi pour la réélection ?

C’est déjà certain à son niveau puisqu’il parle de «décision» déjà prise. Et les termes sont sans équivoque ni ambiguïté lorsqu’il entend «élargir les bases de l’espace de pouvoir» qui ne peut être qu’un nouveau gouvernement ou de nouveaux «postes senior», comme le disait Jean Paul Dias, à de gros poissons qui auront mordu à l’hameçon.

«L’espace de pouvoir» ne peut être une entrée dans Bby ni une autre coalition, comme il avait eu à l’ébaucher sous la forme d’une Amp (Alliance pour la majorité présidentielle) en novembre 2013 en référence à l’Ump de la Droite française devenue d’ailleurs «les Républicains». Wade avait tenté l’Alliance Sopi pour demain, qui devient quelques jours après L’Alliance Sopi pour toujours, puis les Fal 2012.

Les cibles de Macky Sall sont donc, évidemment, «dans Benno bokk yaakaar et «en dehors de la coalition», comme il le dit lui-même. Mais qui sont-ils pour enchanter autant le Président à l’idée de prendre une telle mesure ?

C’est sans doute un schéma électoral et électoraliste sur lequel il mise pour avoir un second mandat. Dans la majorité présidentielle, Macky Sall a déjà eu l’assurance d’un des plus grands partis et des plus grands potentiels adversaires : L’Afp et Moustapha Niasse. Il lui restait de fidéliser les satellites de ce que fut Benno siggil senegaal qui avait porté la candidature de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Il reste une autre formation et un autre homme qui ne se feront pas convaincre facilement : Le Parti socialiste et Ousmane Tanor Dieng qui en contrôle les rênes. Dans cet «espace de pouvoir», tente-t-il d’offrir une place à l’enfant de Nguéniène ? Compte-t-il proposer au parti mieux que deux postes dans le gouvernement, quelques Pca et directions que, dans les coulisses de la Maison du Parti, l’on ne trouve pas à la hauteur du soutien?

Le Pds pour boucher un Ps incertain ?


Autre éventualité : qui sont ces gens ou partis «en dehors de la coalition» à qui le chef de l’Etat fait allusion ? Pour l’instant, dans le cercle des opposants, il n’y a que Djibo Kâ qui semble être candidat à cette ouverture. Macky Sall a-t-il encore «recruté» dans les rangs de ce qui est aujourd’hui le Cadre de concertation de l’opposition, après avoir «obtenu» l’Urd ?

Inimaginable, mais pas impossible que le Pds soit dans le schéma. Un tel scénario ne peut être pertinent que si le Ps ne le soutient pas et que le cas Karim Wade est enterré et avec la bénédiction de son père.

Miser sur le cheval Fada ?

Mais peut-être aussi l’autre Pds, celui de Modou Diagne Fada, accusé d’être un «cheval de Troie» par les «Conservateurs». Et même, par allusion, par Idrissa Seck. Parlant de la crise à l’Assemblée, le leader de Rewmi, qui était à Touba la semaine dernière, avait déclaré que Macky Sall est en train de «déployer des ressources considérables pour étouffer l’opposition en débauchant certains, en se servant d’autres comme des chevaux de Troie».

Pape Diop s’éloigne


Le leader de Bokk gis gis s’éloigne de plus en plus des probabilités de rejoindre Macky Sall et se retrouve, pour le moment, avec Wade. Il est aussi celui qui, dit-on, a coordonné le projet du groupe parlementaire avorté de l’opposition (Pds, Rewmi, Ucs, Bgg, Fsd/Bj, Aj/Pads) sous la présidence de Aïda Mbodj et du Cadre de concertation de la même opposition C20 qui se cherche encore. Pourtant dans la reconquête de Dakar, après le raz-de-marée de Khalifa Sall et sa coalition Taxawu Dakar aux Locales, Pape Diop pourrait tout au moins réduire le gap si Macky Sall l’intègre dans ses calculs.

Idrissa, «Impossible Seck»

L’on va emprunter aux animateurs de Jalgati xibaar «Impossible Seck» pour désigner Idrissa Seck. Et des retrouvailles entre Macky et le leader de Rewmi qui veut diriger l’autre Rewmi (le pays) sont dans l’ordre du rêve. Le démantèlement de son état-major par Macky Sall est un compte qui n’est pas encore soldé. C’est qu’en plus, après l’échec du 4ème Président, Idy garde l’espoir de devenir le 5ème. Et peut-être dès la fin du premier mandat !

Baldé pour reprendre Ziguinchor ?

A défaut de compter sur Thiès, Macky Sall voudrait bien se rattraper à Ziguinchor en se rapprochant de son maire Abdoulaye Baldé. Mais en même temps, ce serait refaire à l’opposition le «coup de Djibo» : diminuer la force de frappe du Pds et de ses alliés. Sauf que tout pourrait dépendre du dossier de l’ancien ministre qui a maille à partir avec la Crei.

Le Quotidien