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Le coronavirus affecte-t-il notre cerveau ?

Rédigé par leral.net le Dimanche 19 Avril 2020 à 18:27 | | 0 commentaire(s)|

Des malades confus, en perte de repère ou agités : des études commencent à décrire ce phénomène constaté par de nombreux médecins s'occupant de patients atteints du Covid-19.


https://tv.maxisciences.com/14726-w480.mp4?st=ndjuBWUSWpH6fDf793VtnQ&e=1587320798

Le coronavirus affecte-t-il notre cerveau ?
Le coronavirus affecte-t-il notre cerveau ?
Fièvre, toux, difficultés respiratoires, sensation d'oppression thoracique, 
 
perte du goût et de l'odorat
 
... Plus la recherche avance, et plus on se rend compte que les symptômes du Covid-19 peuvent prendre des formes très diverses. À New York, des médecins traitants des patients atteints du nouveau coronavirus ont d'ailleurs constaté 
un autre symptôme jusqu'ici peu évoqué : certains malades éprouvent de la confusion
, au point de ne pas savoir où ils sont, ni quelle est l'année actuelle.
 

Crises convulsives et AVC


Si cette perte de repère peut être la conséquence d'un manque d'oxygène dans le sang, qui se retrouve acheminé en trop petite quantité jusqu'au très vorace cerveau (20% de la consommation d'oxygène du corps pour seulement 2% de son poids total), la confusion constatée chez certains malades, hors de proportion par rapport au niveau d'affection de leurs poumons, semble écarter cette hypothèse.
De quoi soulever la question de l’impact du nouveau coronavirus sur le cerveau et le système nerveux. Selon l'une des premières études menée sur le sujet, publiée dans la revue de l'Association de médecine américaine (Jama), des médecins ont rapporté que 36% de 214 patients chinois observés avaient des symptômes neurologiques, allant de la perte d’odorat à des douleurs nerveuses, jusqu’à des crises convulsives et des accidents vasculaires cérébraux  (AVC).
Dans le très sérieux New England Journal of Medicine, des médecins strasbourgeois expliquent que plus de la moitié de 58 patients en réanimation étaient confus ou agités. Des scanners des cerveaux ont révélé de possibles inflammations.

Une "surchauffe" immunitaire ?


"Si vous vous sentez confus, si vous avez des problèmes pour réfléchir, ce sont de bonnes raisons de consulter un médecin", a déclaré à l'AFP S. Andrew Josephson, chef du département de neurologie à l’université de Californie San Francisco. "La vieille idée selon laquelle il ne faut venir que si on est à bout de souffle n'est sans doute plus valable."
Le virus peut affecter le cerveau de deux manières différentes, précise Michel Toledano, neurologue à la Mayo Clinic dans le Minnesota. Soit par le déclenchement d'une réponse immunitaire anormale appelé "orage de cytokine", qui provoque une inflammation du cerveau (encéphalite auto-immune), soit par une infection directe du cerveau (encéphalite virale).
L'hypothèse la plus probable est aujourd'hui que le virus provoque une "surchauffe" de la réponse immunitaire du patient. Mais pour en avoir la certitude, il faudrait détecter la maladie dans le liquide cérébrospinal comme cela a été fait une fois, pour un Japonais de 24 ans dont le cas a été étudié dans l'International Journal of Infectious Disease. L'imagerie de son cerveau présentait des inflammations, mais les scientifiques restent prudents, le test n'étant pas validé.

40 % des patients guéris consulteraient un neurologue


Jennifer Frontera, neurologue à l'hôpital universitaire Langone à Brooklyn, participe à un projet de recherche international visant à standardiser la collecte de données. Son équipe a déjà consigné des cas de crises convulsives chez des patients Covid-19 qui n'en avaient jamais fait avant de tomber malades, et observé de minuscules hémorragies cérébrales qualifiées d'"inédites".
"Nous voyons beaucoup de patients dans des états de confusion", dit à l'AFP Rohan Arora, neurologue à l'hôpital Long Island Jewish Forest Hills. Il affirme que 40% des patients guéris du Covid-19 finissent par consulter des neurologues. Avec un retour à la normale que le spécialiste estime plus long que pour ceux qui ont survécu à une crise cardiaque  ou un AVC.

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