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Pétrole et gaz au Sénégal : pour un « Consensus historique »

« Eviter la malédiction du pétrole et son cortège de conséquences néfastes, en promouvant les conditions de la bénédiction du pétrole, par la bonne gouvernance, la transparence et le dialogue, pour tendre vers le mieux-être des populations ».


Rédigé par leral.net le Lundi 19 Juin 2017 à 09:12 | | 0 commentaire(s)|

Les récentes découvertes de pétrole et de gaz au Sénégal, ont créé une levée des boucliers, pour fustiger « l’opacité » dans la gestion de ces ressources précieuses. Les débats y afférant ont été passionnés et les échanges entre les protagonistes ont frôlé l’indécence et semblaient parfois d’une brutalité inouïe. 
 

La teneur en qualité et en quantité dans la découverte du pétrole et du gaz, ouvre des perspectives qui vont transformer radicalement le Sénégal, sur le plan économique et social. 


Dans moins de dix ans, notre pays entrera dans le club des principaux producteurs de pétrole et de gaz. Alors, ce statut, changera bien de paradigmes. Le Sénégal se verra projeter sur une nouvelle trajectoire géostratégique, du fait de ces découvertes majeures, de ressources stratégiques. Le reste du monde nous regardera et nous jugera autrement, précisément, du fait de ce nouveau statut de pays producteur.

Ce regard et ce jugement seront positifs ou négatifs, selon ce que nous, Sénégalais,
 serons en mesure de transformer ces atouts en malédiction ou en bénédiction. 
 

C’est la raison pour laquelle, pour anticiper sur la gestion future de ces ressources, il nous semble nécessaire que les décideurs sénégalais : Etat, société civile, chefs d’entreprises, hommes politiques adoptent  un « consensus historique », dans l’intérêt de notre peuple et des générations futures. 

Le génie de notre peuple, nous a toujours permis de surmonter certaines épreuves douloureuses dans l’histoire de notre jeune Nation. 


Feu Babacar Sine dit Doudou, avait théorisé en son temps, le « compromis historique ». C’était sous le régime du Président DIOUF. En réalité, Doudou Sine avait adapté ce concept dans le contexte sénégalais de l’époque. 
 

L’auteur de ce « compromis historique », faut-il le rappeler, est le fondateur du parti communiste italien GRAMSCI. 
 

A côté de ce « compromis historique », d’autres concepts étaient théorisés, tels que le renouveau syndical, la participation responsable, etc.

A l’époque les 
élites politiques et intellectuelles se retrouvaient pour échanger sur des sujets d’intérêt national. Souvent, ces débats étaient organisés par le Club Nation et Développement. Ce dialogue a permis au Sénégal de faire des avancées notables sur la voie de la consolidation de son projet démocratique. 
 

Un compromis montre que le désaccord était profond et on y va par calcul. La nécessité serait souvent pressante dans le cadre d’un compromis. On va au consensus parce qu’on n’a pas de raison majeure de s’y opposer. Le consensus serait plutôt facultatif. 
 

Au demeurant, il existe au Sénégal, des cadres et des espaces qui permettent la construction de consensus sectoriels, qui nous permettront d’asseoir un «  Consensus historique ». Nous pouvons en citer quelques-uns : 


Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITE). 

L’ITE est une norme internationale qui vise à améliorer la transparence dans la gestion des revenus tirés de l’extraction des ressources minières, gazières, pétrolières. 

Elle encourage les gouvernements, les entreprises et les organisations de la société civile à travailler ensemble, pour élaborer un cadre pour la publication régulière des paiements et des recettes générés dans les industries extractives. 

Elle a pour objectif de renforcer la bonne gouvernance dans les pays riches en ressources naturelles, en mettant à la disposition du public, toutes les informations relatives aux versements effectués par les sociétés minières, pétrolières et gazières. Le Sénégal a adopté l’ITE. 


  • Le Comité d’orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz (COS-PETROGAZ) 

Le Cos-Pétrogaz est créé par décret n° 2016-1542 du 03 Aout 2016. Il est chargé d’assister le Président de la République et le gouvernement, dans la définition, la supervision, l’évaluation et le contrôle de la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière de développement de projets pétroliers et gaziers. 


  • La journée du Dialogue national. 

Le Président Macky SALL a consacré le 28 Mai, journée du Dialogue national. Cette journée, est l’occasion pour les forces vives de la Nation (acteurs politiques, société civile, familles religieuses, opérateurs économiques, mouvements de femmes et de jeunes), de se retrouver autour du chef de l’Etat, pour échanger sur les différents sujets qui touchent la vie de la Nation. 


Cependant, cette journée du Dialogue national, gagnerait en efficacité, si la question relative au statut du chef de l’opposition est réglée. Cette journée du 28 Mai, ne doit pas verser dans le folklore, au contraire, elle doit être un moment solennel, d’évaluation des dialogues sectoriels. Il faut le dire et le répéter, c’est par le dialogue qu’on peut trouver des consensus et ouvrir les portes de conquêtes futures.

C’est la raison pour laquelle, en tant que fervent défenseur et partisan du dialogue, nous exhortons les acteurs politiques à se parler avec fermeté
, si les circonstances l’exigent, mais toujours dans la courtoisie et le respect mutuel, mais en dehors de toute compromission. 
 

Le fondement du « consensus historique », serait que tout ce qui, touche le pétrole et le gaz, doit-être traité d’abord, dans les instances habilitées : ITE, COS-PETROGAZ, Journée du dialogue national, Assemblée nationale. Exceptionnellement, si ces dites instances ne permettent pas un dialogue constructif, le débat peut-être en ce moment transféré dans l’espace public, pour prendre l’opinion publique à témoin. 


Mais, l’essence du « consensus historique », voudrait qu’une fois des accords, des consensus trouvés dans les instances habilitées, que tout le monde s’y conforme et que le débat soit clos. 


Comme nous l’avons dit plus haut, nous sommes capables de ce « consensus historique », le génie de notre peuple nous le permet. 

 

 Serigne Ousmane BEYE 

       beyeouse@ucad.sn 









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