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Aboul Abel Thiam : Le "journal officiel" du Palais

Abou Abel Thiam est devenu un grand duc au cœur de la corporation, qui l'a vu signer, il y a bientôt trente ans, comme reporter sportif au journal "Sopi" de Abdoulaye Wade, ensuite au "Témoin" de Mamadou Oumar Ndiaye, en 1990, puis à Walf Quotidien. Ancien instituteur, journaliste formé sur le tard, il a été un "alcoolique" du travail, habité par "le complexe du pigiste". Il était si coriace à la ligne que Sidy Lamine Niasse avait préféré le recruter, plutôt que de payer ses piges. Talentueux et nerveux, il s'est fait respecter par son talent dans l'écriture.


Rédigé par leral.net le Vendredi 11 Mai 2012 à 04:21 | | 0 commentaire(s)|

Aboul Abel Thiam : Le "journal officiel" du Palais
Après "Walfadjri", un bref passage au Conseil de la République, sous Me Mbaye Jacques Diop, et une petite correspondance à Jeune Afrique, Karim Wade le recommande très chaudement à son "ami sûr" de l'époque, un certain... Macky Sall, tout nouveau Premier ministre de Wade. Puis vient la campagne présidentielle du pape du Sopi et le perchoir de l'Assemblée nationale, pour Macky. Lorsque commence la traversée du désert et qu'il perd sa rutilante voiture, Abdou Abel Thiam souffre en silence et revient dans le métier pour participer au lancement du quotidien "Koch". A la fermeture du quotidien jusque-là édité par le groupe de Laye Bamba Diallo, il lance un site d'infos (seninfos.net) qui fera long feu. Ce site portait d’ailleurs le même nom que l’ancienne radio de Macky Sall, quand il était Premier ministre (Sen Info FM).

Quelques mois avant la campagne pour la Présidentielle de 2012, il se rapproche de son ami et mentor Macky Sall. La suite, on la connaît. Il est conseiller spécial du nouveau chef de l’Etat, porte-parole de la Présidence. Abou devra, rapidement, gagner en tempérance et sagesse. Ce n'est pas gagné pour cet animal journalistique, qui fonctionne à l'instinct et à l'affectif. Elle ne sera pas toujours la bonne parole officielle, elle sera quelquefois approximative, souvent difficile à porter. Comme tous les porte-parole, personne ne défendra mieux que lui les idées fausses. Comment donc faire ce job, lorsqu'on est porteur d'orages avec ses collègues ? Pour ne cite que Mahmoud Saleh et Moustapha Cissé Lô.

Dans la principauté des journalistes, ce fringuant quinquagénaire n'aura pas que des amis. Il irradie, depuis quelques jours, le goût de compter parmi les puissants, d'influencer les décisions, de s'imposer et de paraître. Il ne devra plus s'embrasser à l'approche des événements (nouvelle fonction oblige). Comment être la voix d'un homme taiseux, discret et secret, qui a déjà balisé la voie "un Etat n'est fort que s'il est secret" ?

Wade, c'était la sur-communication. Macky c'est la sous-communication. Sa première conférence de presse fut réservée à la presse étrangère à l'Elysée. Dans un pays où la presse est extraordinairement libre, Abou Abel Thiam, l'homme à "la cordialité pressée", à l'improbable éloquence, s'éveillera en sursaut en pleine nuit, manquera de moral au petit matin, de force au déjeuner et d'appétit au dîner. Mais son personnage de composition ne se craquellera pas si vite. C'est un dur à cuir. Il comprend bientôt, avec ses confrères, que l'ingratitude est un privilège naturel de la démocratie.

Pour le moment, il n'est pas en situation d'exercer une charge ministérielle, mais il saura remplir cette mission ingrate, par nature. C'est le premier journaliste qui accède à ce poste. "Le Pays" lui souhaite une bonne réussite et attend de le recevoir dans ses locaux, avec empressement et confraternité.

Le Pays et lesenegalais.net






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