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[Audio] LES VALEURS DE CIVILISATION SENEGALAISES D’HIER A AUJOURD’HUI

Nos sociétés traditionnelles ont été profondément perturbées par le choc de la traite des Noirs, de l’islamisation et de l’influence du monde arabo-berbère, et enfin de la colonisation de l’Occident. Ces trois faits historiques ont en effet modifié et remodelé le visage de l’Afrique traditionnelle, au point que beaucoup de nos valeurs anciennes ont été abandonnées et ont progressivement disparu cependant que d’autres valeurs de substitution étaient proposées à la consommation de nos peuples.


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Avril 2011 à 09:07 | | 2 commentaire(s)|

[Audio] LES VALEURS DE CIVILISATION SENEGALAISES D’HIER A AUJOURD’HUI
Dominés politiquement et culturellement, exploités économiquement, nos populations ont davantage subi l’histoire qu’elles n’y ont participée. Elles devenaient ainsi plus exclusivement consommatrices de valeurs importées et imposées, créées ailleurs. Ce long processus d’aliénation, de domination et d’exploitation a duré plusieurs siècles. Les indépendances octroyées n’ont pas fondamentalement modifié la situation de nos peuples. Il était dès lors légitime, qu’à plus ou moins long terme, une prise de conscience s’opère, une inquiétude naisse et une crise axiologique s’installe. Cette dernière a été intensément vécue par les consciences, et une évolution en phases, des types de réaction ont été observés : après la prise de conscience et l’inquiétude, ce furent tantôt la révolte, la résignation et la fatalité, la recherche désordonnée, tantôt la quête lucide et patiente. En tous les cas, la crise est installée et le processus n’est pas achevé. Des indices positifs laissent penser que le peuple sénégalais ne perdra pas son âme.

Car nous assistons, dans notre pays, et depuis près d’une décennie, à une recherche effrénée, quasi-obsessionnelle, de valeurs à la fois morales et religieuses, mais aussi politiques. Car les valeurs de la société traditionnelle ont éclaté, se sont dissoutes sous les effets divers de la modernité, des mutations socio-politiques et économiques. Il y avait eu la colonisation, qui eut comme corollaire l’importation et l’invasion de valeurs de civilisation étrangères, dans leur essence, à notre civilisation négro-africaine. L’ethnocide a certes commencé avec la colonisation mais a été continué et se pérennise en Afrique par les élites occidentalisées. La formation de ce que Balandier a appelé « les Brazzavilles noires », l’éclatement dans ces nouvelles villes de la famille africaine traditionnelle par l’adoption du mode de vie occidental et par la structure même des habitations, liée aux faibles revenus des populations urbaines, le développement de l’exode rural et du chômage, la promiscuité, la délinquance juvénile... constituent des facteurs non négligeables de la mort de nos valeurs de civilisation. Au même moment, des exemples peu édifiants étaient proposés aux palabres des places publiques : détournements de deniers publics, corruption politique et économique, mendicité, vols à mains armées, banditisme, toxicomanie, prostitution, adultère, viols, infanticides... ; autant de faits répugnants et qui révoltent la conscience des hommes.

Cette dissolution de nos valeurs de civilisation apparaît bien comme un long processus qui, par ses caractères diffus et inconscients, ne semblait pas présenter de danger réel, préoccupant pour les responsables politiques. Or ces valeurs constituent l’âme d’un peuple. Un peuple peut-il pourtant exister sans âme, sans normes de référence ? L’Afrique moderne semble avoir pêché dans ce domaine. N’a-t-elle pas voulu se développer (économiquement) trop rapidement en négligeant ou en oubliant les aspects moral et spirituel de son être ? Il demeure que nos populations sont ballottées. Et la quête angoissée de valeurs à laquelle nous sommes témoins depuis quelques années au Sénégal traduit sans nul doute un désarroi, ou, à tout le moins, un sentiment de malaise. Car, d’aucune part ne surgissaient des propositions de solutions : ni du côté de la politique ni du côté moral. Et dans le domaine économique, le chômage et les difficultés croissant, la mendicité se développait en même temps que les hommes semblaient désormais ignorer les sentiments de fierté, de dignité, d’honneur (Jom et Kersa) si chers à nos ancêtres. La misère et la honte sont incompatibles voire antinomiques.
Nous avons manqué de prophètes et de messies.
Et les valeurs importées ne correspondaient pas au génie de notre peuple, qui se trouvait donc dans un état de frustration réelle.

Les espérances naîtront d’un vaste mouvement d’essence éthico-religieuse dont les dates initiales importantes furent : l’accession de Abdou Lahad Mbacké au Khalifat mouride, le rassemblement, au cours des fêtes de Noël 1977 au stade Iba Mar Diop, de toute la jeunesse sénégalaise, toutes sectes confondues, le nombre, de plus en plus impressionnant, de fidèles aux annuels « Magal » de Touba, la visite à Dakar que le Khalife général des Mourides a faite à Ndiouga Kébé et la ferveur populaire que cette visite a suscitée. Sans doute, y a-t-il eu des tentatives de récupération de ce mouvement, mais elles n’ont pu empêcher qu’il se poursuive et se développe. Un tel développement a correspondu avec un besoin réel en valeurs spirituelles, morales et religieuses, du peuple qui en était sevré. Ce développement s’est accompagné d’une expansion massive et exceptionnelle du mouridisme ayant coïncidé avec l’avènement d’Abdou Lahad Mbacké au Khalifat mouride. C’est que, pendant la même période de dérèglement des valeurs et des mœurs, le mouridisme se présentait comme un des rates systèmes, une des exceptionnelles forces qui offrait au peuple sénégalais des valeurs et des productions authentiquement sénégalaises. Ce qui explique son enracinement dans les consciences et la ferveur que manifestent les fidèles au point que le « ndigal » du Khalife apparaît bien, à chaque fois, comme un « impératif catégorique ». De sorte qu’en quelques années, nous avons vu se créer et se multiplier les « dahiras » mourides, les associations de jeunes mourides ; nous avons vu s’accroître, chaque année davantage, le nombre de nouveaux fidèles. Nous avons vu toute une cosmétique, une vêture, bref une esthétique mouride s’enraciner dans les habitudes quotidiennes des populations. Tout cela ayant comme fondement une mystique sincère et profonde. Le refus de certaines valeurs ne se traduisait pas uniquement par des manifestations extérieures vestimentaires, comportementales...

Le mouridisme et le mouvement religieux, dans le cas du Sénégal, ne sont qu’un des exemples types de renouveau de l’Islam dont certains observateurs ont fait mention à travers le monde. Le parallèle avec ce qui se passe en Iran ne serait que trompeur. En Afrique, la situation est tout autre. Aucun mouvement politique ne s’y est jamais développé sur la base des données strictement religieuses. Non pas que les populations africaines et sénégalaises ne soient pas profondément religieuses. Mais simplement, dans un monde qui ne leur propose aucune valeur authentique comme garde-fou contre les fausses valeurs importées dont elles ne veulent pas et qui ne s’accordent pas avec leur génie, nos masses laborieuses cherchent, confusément mais avec détermination, et parviennent parfois à créer les valeurs conformes à leurs aspirations et leurs besoins.

Le mouridisme comme mystique, comme morale, comme système socio-économique et culturel, est un ensemble de valeurs spirituelles authentiquement sénégalaises. Il n’est pas loin, pour certains Sénégalais, de faire figure d’idéologie.

Les valeurs spirituelles, contrairement à ce que pensent certains sont aussi essentielles que les valeurs économiques et politiques. C’est ce que nos populations ont compris. C’est ce qu’elles ont traduit dans les faits : par un retour spontané à l’authenticité sénégalaise, dans une société et un univers qui ne leur proposent que des valeurs fausses, empruntées et inadaptées.
Ce retour spontané à l’authenticité sénégalaise s’est réalisé non seulement dans le domaine religieux (mouridisme, tidjianisme, layène...), mais également dans bien d’autres domaines. Mais c’est surtout au sein de deux catégories sociales qu’il s’est traduit et manifesté avec plus d’éclat et de pertinence : la jeunesse et la gent féminine. Un tel état de choses est compréhensible : les adultes disposent en général de valeurs plus assurées, mieux amarrées.

Au sein de la jeunesse, nous avons constaté un engouement réel, depuis quelques années, pour le fait religieux. Et c’est dans ce domaine précis que s’est manifestée avec plus de force la quête de valeurs et de normes de notre jeunesse. Cette quête s’est réalisée sous diverses formes : appartenance à un ou divers associations ou mouvements religieux, participation concrète et active, assidue et engagée à leur vie, mobilisation et disponibilité à toute épreuve ; adoption d’un mode de vie et d’un code de conduite conforme à l’idéal religieux et moral choisi ; adaptation de la vie intellectuelle et des habitudes quotidiennes aux choix primordiaux. L’option initiale irradie toutes les sphères de la vie de l’individu. Il se dégage ainsi de la personnalité de ces jeunes êtres plus de sérénité, plus d’assurance, plus de calme et plus de pondération : une véritable métamorphose. Une telle métamorphose est difficilement compréhensible pour quiconque ne vit pas une telle richesse spirituelle, un tel renouvellement intérieur de l’être. Il semble ainsi qu’une certaine jeunesse sénégalaise a trouvé une voie, profondément différente de celles qui lui sont proposées quotidiennement et partout, dans la rue et dans les places publiques, mais qui lui apparaissent comme celles de la facilité et de la facticité, de la frivolité et de l’arrivisme, de la réussite au moindre effort et de l’hypocrisie.

Plus que les autres, la jeunesse a besoin, d’une manière générale, de normes et de valeurs de référence. Toujours insatisfaite et contestataire, elle est en quête permanente de valeurs et de sources de renouvellement. La crise de valeurs, qui est une crise de civilisation, concerne plus intimement et plus directement cette jeunesse qui, par sa nature même, aspire au Bien, au Beau et au Vrai. Mais parce qu’immature et fragile, elle succombe parfois aux tentations.

Il n’est donc pas étonnant qu’une catégorie de cette jeunesse ne puisse résister aux diverses sollicitations et à certains modèles qui lui sont servis dans son environnement social immédiat. Une jeunesse dépravée ne l’est pas d’elle-même : elle n’est pas, au sens strict, responsable exclusive de sa dépravation ; les moyens et les conditions d’une telle dépravation sont réunis dans la société et les sirènes n’ont plus besoin, dans notre société, de cacher leur jeu. Elles ont pu et elles peuvent déployer, impunément et au grand jour, leurs sataniques activités. L’alcool, les stupéfiants, les lieux de plaisir et perdition existent à profusion et sont à la portée de main et à la portée de la plus modique bourse de n’importe quel individu. Et quand les adultes ne témoignent plus que de l’indifférence à l’égard de la vie, quand chaque homme ne se considère plus responsable strictement que de lui-même, quand le tabou et l’interdit se dissolvent et qu’il n’y a plus aucune voix pour les imposer, alors chacun se croit tout permis : pourvu qu’il en dispose les moyens et qu’il ait le courage d’incarner ses désirs. Et si l’absence de morale et le relâchement des mœurs s’accompagnent d’une indigence économique et d’un chômage chronique de la jeunesse, il n’est pas alors étonnant que cette même jeunesse, pour réaliser ses illusions, se « vende » au plus offrant, pour toutes sortes de besognes, même les plus immorales et les plus dangereuses : le seuil de la criminalité est proche. Dans ce contexte et pour toutes ces raisons, ce seuil a été atteint par certains de nos jeunes.

En réalité, tout cela traduit le désarroi d’une catégorie de notre jeunesse, privée de normes de référence et ne sachant à quel saint se vouer. Le même désarroi, la même agitation désordonnée, la même recherche confuse de normes et de valeurs sûres se retrouvent dans des catégories déterminées de la gent féminine sénégalaise. Car c’est par les femmes et les jeunes que la mode, les changements et mutations sociaux se perçoivent le plus souvent et le plus aisément. Le goût du changement, de la nouveauté est typiquement féminin.

Il y a quelques années, un vent d’émancipation et de libération a commencé à souffler si fort que nombre de nos braves sénégalaises se sont retrouvées propulsées à des centaines de lieues du pays ; el1es se sont découvertes une nouvelle vocation : le commerce, l’import-export ; leur goût du voyage a trouvé non seulement satisfaction mais a pu également se développer. Il n’était pas toujours facile, pour bien des maris, de les arrêter quand elles avaient goûté aux nouveaux plaisirs des voyages. D’où les multiples conflits qui surgissaient dans bien des ménages sénégalais (cf. notre théâtre amateur a pu décrire, en des scènes saisissantes, certains travers et les nouvelles habitudes de nos femmes commerçantes) ; conflits dans les ménages, crise de l’autorité du mari, nouvelle mentalité de la femme, nouvelles aspirations, nouveaux besoins... : Voici autant de raisons de l’affaiblissement de la structure sociale de base : la famille. Les causes de l’irrespect et de l’éclatement de la famille ne se limitent pas à celles-ci. D’où le nombre élevé de jeunes ménages disloqués depuis quelques années ; et les statistiques de nos institutions judiciaires pourraient bien être révélatrices de la situation dramatique de la famille sénégalaise.

En prenant goût à l’autonomie, en refusant d’assurer des responsabilités au niveau social en se complaisant dans les plaisirs faciles, les risques de l’immoralité, de l’extravagance deviennent réels. Mais ceux-ci n’ont pas toujours résisté devant l’audace de certaines de nos femmes. Et pour beaucoup d’entre elles, l’émancipation, la promotion socio-professionnelle, la liberté et la réalisation de soi devaient s’extérioriser, se manifester par l’extravagance esthétique et l’exhibitionnisme : parure et vêture à profusion étaient souvent disproportionnées et inappropriées ; une cosmétique importée (donc méconnue) était utilisée pour rendre la peau moins noire c’est-à-dire moins laide (c’est le phénomène du « Khessal ») : et les cérémonies familiales (mariages, baptêmes et même parfois décès...) étaient l’occasion d’exhiber tout cela ; c’est-à-dire toutes ces richesses, essentiellement destinées à prouver à la prétentieuse d’en face que « je suis plus riche et plus belle » parce que plus couverte d’or, de fards, de cosmétiques, plus rouge ou plus jaune ou plus orange mais « JAMAIS PLUS BLANCHE ». Ce vaste processus de dépersonnalisation n’a pu être arrêté ni même être endigué, alors qu’au même moment nous affirmions notre Négritude et que s’opérait un retour à la coiffure sénégalaise traditionnelle : les tresses. De tels faits et comportements ne pouvaient que s’accompagner d’un relâchement des mœurs sexuelles voire d’une licence et d’une luxure. Or, il semble que la moralité sexuelle soit liée à la situation économique. Sans doute, la prostitution, comme emploi et moyen de subsistance, a une cause économique : la misère économique. Mais il est une autre forme nouvelle, de prostitution, apparue dans notre société et qui est liée aux phénomènes décrits antérieurement : l’autonomie, l’émancipation, la libération incitent la femme à prendre désormais plaisir là où elle veut, les partenaires mâles ne sont-ils pas toujours prêts à accepter l’aventure, celle-ci ne leur coûtant rien, étant toujours du reste excitante ?

Les jeunes et les femmes ne constituent pas nécessairement des reflets absolument fidèles de l’état de santé d’un peuple ; mais leur situation dans une société est indicatrice de ce que le peuple et la société sont à un moment précis de leur histoire. Jeunes et femmes subissent, assez maladroitement, les effets multiples et concomitants d’une situation économique gravement dégradée ; d’une crise économique globale s’accompagnant, mieux, ayant provoqué une crise axiologique s’étendant à tous les domaines de la vie nationale. Toutes ces crises sont nécessaires, découlent d’un long processus et ont une cause unique qui est de nature économique. Ce qui confirme une thèse chère à Marx : supprimez l’exploitation de l’homme par l’homme et vous abolirez toutes les formes d’aliénation. La liberté authentique n’existe que là où les conditions économiques de son existence sont réunies. La liberté de créer, d’innover, de vivre pleinement, d’être soi et de préserver son authenticité, la honte et la dignité, la fierté et l’honneur demeurent des illusions dans la misère économique. Nos ancêtres créaient des valeurs de civilisation parce qu’ils étaient libres, parce qu’ils ignoraient toute dépendance économique : ils cultivaient en eux et chez leurs enfants le « Jom » et la « Kersa » et préféraient la mort à la honte.

Abdou SYLLA

Reportagfe audio: Mamadou Ndoye Bane de Walf FM





1.Posté par Calif le 05/04/2011 12:09 (depuis mobile) | Alerter
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First!

2.Posté par weiyi le 08/04/2011 01:14 | Alerter
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