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Ceux qui sont morts ont choisi la (leur) mort - Par Macoumba Mbodji


Rédigé par leral.net le Vendredi 24 Avril 2015 à 15:58 | | 6 commentaire(s)|

Ceux qui sont morts ont choisi la (leur) mort - Par Macoumba Mbodji
La Méditerranée engloutit sans discontinuer des migrants et leurs rêves. Chassés par la guerre, et la misère, et comme dans un baroud d’honneur face à un destin quelques fois impitoyable, ils ont choisi les vagues. Les vaincre pour le bonheur des siens ou y succomber pour le malheur et le désespoir.

Pour bon nombre des ces migrants, c’est le coup de pied occidental dans les fourmilières libyennes et syriennes qui a installé malheur et désolation, sans compter auparavant l’Irak et ses armes de destruction massive. De là à y voir un effet boomerang, quand ces malheureux viennent forcer la porte de ceux qui leur ont causé tant de malheurs, il n’ya qu’une vague.

Ces candidats à la mort frapperont aussi longtemps qu’il le faudra aux grilles des frontières, fermées et cadenassées par une opinion publique de plus en plus séduite par l’extrême droite et ses idées rétrogrades.

Toutefois, Il est clair qu’un univers de bombes qui éclatent, et de kamikazes aveugles ne constitue guère le lit d’une émancipation digne d’un être humain.

Cependant, la seule misère ne peut suffire à expliquer la présence de sénégalais parmi ces migrants. Tristesse et désolation s’installent d’abord mais se retirent au fil des jours pour laisser place aux interrogations.

Le Sénégal est un pays pauvre et très endetté. Pourtant des millions d’individus, y vivent, s’y réveillent, mangent, dorment et font des enfants,. Pour la plupart, il est possible d’aller a l’école et de se soigner.

Certains sont même paysans et cultivent leur champ, tandis que d’autres font paitre leurs animaux, maigrelets certes, mais capables de donner du lait et de la viande. Il existe même des jeunes qui se lancent dans le petit commerce, et ne volent ni ne mentent mais se revêtent de leur dignité et de leur noblesse.

D’autres apprennent les rudiments de la menuiserie, de la mécanique, de la maçonnerie ou autres. Un métier qui, quelquefois constitue un meilleur gage de réussite que des études scolaires qui ne permettent que de lire et écrire en français.

Il arrive même que l’on arrive à s’y marier et construire une maison en béton ou banco, un gite pour un bonheur.

Un gouvernement y existe et qui tente de trouver les moyens d’alléger le fardeau.

Pour dire que la situation est juste dure et difficile mais pas désespérée au point d’excuser que l’on tente de joindre les rives de l’occident sur ne embarcation de fortune. Certains ont même pu bénéficier du coup de main familial pour se lancer dans cette expédition somme toute suicidaire. C’est comme jouer à la roulette russe. Ramasser la mise sur la table est le rêve quand on se rate. On peut aussi se tirer une balle dans la tete.et le jeu s’arrête là.

Nous pouvons constater après avoir séché nos larmes de tristesse que les sénégalais morts noyés aux portes de l’Europe l’ont bien cherché. Ils ont choisi de partir. Par conséquent de renoncer à jouer leur partition dans le développement d’un pays qui est le leur et qui, bien que mal en point a permis à l’un des pères de financer l’expédition mortelle de son enfant ou à tel autre parent de céder son cheptel. Il en fallait plus pour passer les assassines vagues de la méditerranée

Ceux qui sont partis ont choisi le risque d’aller vivre ailleurs s’ils y arrivent, d’y amasser fortune( ?) et de revenir auréolés de gloire. Ils ont choisi d’aller troquer leur entière citoyenneté sénégalaise contre un statut de sous-hommes sans papiers là bas au pays des blancs.

Ceux qui ont péri savaient qu’ils prenaient le risque de se noyer. Ils ont estimé que cela en valait la peine.

D’autres jeunes vivent au Sénégal et sont beaucoup plus nombreux que les adultes.Eux aussi auraient bien aimé partir, voir du monde, et n’en ont pas les moyens. Eux préfèrent rester et jouer leur partition, courte ou longue dans cette symphonie du développement de notre pays. Aucun effort n’est à négliger.

Ceux qui sont morts ont en quelque sorte choisi la (leur) mort.


MACOUMBA MBODJI








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