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Changement de mentalités : Ces femmes qui travaillent dur pour la dépense quotidienne

Les temps changent. Les mentalités aussi. Le salaire d’une seule personne n’étant plus suffisant pour faire face à toutes les dépenses, des femmes et des jeunes filles ont investi de nouveaux métiers pour subvenir à leurs besoins et éventuellement donner un coup de main au sein du ménage.


Rédigé par leral.net le Mercredi 28 Septembre 2011 à 12:00 | | 0 commentaire(s)|

Changement de mentalités : Ces femmes qui travaillent dur pour la dépense quotidienne
Marché Yarakh, dans l’univers des écailleuses chargées de nettoyer le poisson contre paiement. L’ambiance est gaie malgré la forte concurrence autour de l’emplacement de ces braves femmes.
Placées à l’entrée, chacune d’elles se fait aider par un assistant. Celui-ci lorgne dans tous les sens et aborde tous les potentiels clients.
Certains, après leur achat, sont visiblement soulagés de se débarrasser d’un fardeau.
« Les écailleuses nous rendent un grand service», apprécie Mme Fall, une cliente. Elle souligne que les écailles, arêtes et autres entrailles dégagent une odeur nauséabonde dans les poubelles des maisons.
Fatou Sarr, écailleuse, négocie un seau rempli de poissons. Les deux tombent parties d’accord et elle se met aussitôt à la tâche.
On dirait qu’elle a fait ce travail toute sa vie. « J’ai quitté avec mon mari et mes enfants Niakhar (région de Fatick), il y a 7 ans, pour chercher fortune à Dakar», confie-t-elle. La vie étant dure dans la capitale sénégalaise, Fatou s’est convertie écailleuse, il y a cinq ans.
« Pour aider mon mari », précise-t-elle. Son métier, la native de Niakhar en est fière. «Je n’ai pas honte d’exercer ce métier qui me permet de contribuer aux dépenses de la maison et qui m’évite de quémander auprès des autres», explique-t-elle.
A sa gauche, sa voisine Marième Diao, la trentaine à peine, est récente dans le circuit. Marième est célibataire. Elle lève un coin du voile sur ses motivations. « Je fais ce métier depuis 1 an et demi parce que j’en avais assez de toujours demander de l’argent à mes parents», dit-elle.

La restauration pour gagner sa vie
Elle ajoute : « Mes petites sœurs sont mariées et ont quelqu’un pour les soutenir, moi pas encore, il faut bien que je me débrouille pour pouvoir assurer mes dépenses».
Cinq étals plus loin, la dame Sokhna Faye, veuve depuis presque 3 ans, avoue : « du vivant de mon époux, je ne travaillais pas ; mais actuellement les temps sont difficiles, il fallait que je m’occupe».
Une amie écailleuse lui a parlé du métier. Depuis lors, elle y trouve « son bonheur ». « Avec ce que je gagne, je subviens à mes besoins et à ceux de ma famille», révèle-t-elle.
A Keur Mbaye Fall, dans la lointaine banlieue, des femmes s’activent dans la restauration. Fatou Faye, tenancière d’une gargote, est entourée de clients. Ceux-ci l’appellent affectueusement « mère Faya ».Elle se presse pour les satisfaire.
« J’ai choisi ce métier pour aider mon mari maçon. Dans la vie, si Dieu te met en rapport avec quelqu’un, que vous fondez une famille ensemble et qu’il fait tout son possible pour subvenir à vos besoins, ton devoir est de l’aider».
Depuis 1992, mère Faye exerce ce métier. Ses bénéfices tournent entre 500 et 1.000 Fcfa par jour.
Fatou Cissé, par contre, a installé sa table dans le garage de sa luxueuse maison, où elle vend le petit déjeuner. Visiblement, elle semble être à l’abri du besoin. «Certes, mon mari travaille ; mais j’ai des enfants qui vont à l’école et qui ont besoin de tas de petites choses. De plus, j’exerce ce métier pour pouvoir régler mes propres besoins. Je dois être capable de m’acheter certaines choses sans passer par mon mari», révèle-t-elle.
Mère Sonko, qui prend de l’âge, est quant à elle vendeuse pour s’occuper et satisfaire son penchant pour les belles choses. « Je vieillis et comme je ne fais pas grand-chose, j’ai demandé à mes enfants de me trouver quelque occupation. Ils m’ont installé ce petit commerce ».

Travailler pour soutenir son époux
A la Patte d’Oie, les marchands ambulants disputent l’espace aux piétons et aux véhicules. Dans cette masse grouillante, les vendeurs de crédit courent de gauche à droite et se faufilent entre les voitures. Astou, une jeune fille au teint noir s’active dans ce commerce pour soutenir sa mère veuve. « Je suis l’aînée de ma famille, mon père étant décédé, j’aide ma mère à faire face aux dépenses de la maison », explique-t-elle. Et de révéler que sa recette journalière varie entre 1.500 et 2.000 Fcfa. Sa compagne Khadia souligne que le boulot est difficile au regard des efforts fournis. Elle déplore les avances « déplacées » des conducteurs ou collègues et « les humiliations ».
Comme elle, de plus en plus de filles sont poussées par la conjoncture difficile à investir des secteurs jusqu’ici réservés aux hommes. Elles ont en commun le désir de se prendre en charge et, dès fois, quand les moyens le permettent, d’aider les proches. Une nouvelle mentalité qui remet en cause la répartition par sexe des rôles.


Le Soleil






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