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Début précoce de la canicule : Dakar se déshabille plus tôt que prévu

La chaleur est en avance. Pour beaucoup, c’est le changement climatique qui en est la justification. Dans la capitale sénégalaise où il faisait froid jusqu’au mois d’avril, les habitudes commencent à changer.


Rédigé par leral.net le Samedi 17 Mars 2012 à 09:53 | | 0 commentaire(s)|

Début précoce de la canicule : Dakar se déshabille plus tôt que prévu
A Dakar, le froid avait habitué les habitants à se couvrir jusqu’au mois d’avril. Mais cette année, un autre scénario se profile. En effet, la chaleur pointe son nez plus tôt que prévu. Elle oblige les Dakarois à troquer vestes et écharpes contre des habits légers. Notamment les débardeurs et chemises à manches courtes, entre autres. Selon la météo, cette mutation résulte des effets du changement climatique qui sévit de plus en plus.

Cette situation prend tout le monde de court à Dakar, en particulier les vendeurs d’habits. Dans une boutique de prêts-à-porter des Hlm Grand Yoff, l’atmosphère n’est pas aux réjouissances. Et pour cause, la gérante qui requiert l’anonymat déclare : ‘En prévision du froid qui va jusqu’au mois de mai, j’avais commandé des articles que l’on porte que lorsqu’il fait frisquet.’ Malheureusement, elle regrette qu’’avec la situation actuelle, la majeure partie de (ses) clients ne commandent que des articles d’été’. Avec un sourire résigné, elle avoue : ‘Je n’ai pas encore écoulé ma commande, ce sera difficile de faire d’autres achats.’

Même cas de figure dans les marchés hebdomadaires. Celui des Parcelles assainies, qui se tient tous les vendredis, refuse du monde. Dans cette atmosphère de foires, les clients sont sûrs de trouver toutes sortes d’articles à toutes les bourses. Il s’agit des ustensiles de cuisine aux peluches en passant par les greffages, et surtout les habits. Ici, pour se frayer un chemin, il faut jouer des coudes, et surtout, supporter qu’on vous marche sur les pieds. Les étals sont installés à même le sol sur des toiles, séparés par des tiges en fer qui délimitent les places. Les vendeurs, en majorité des hommes, usent de mille stratèges pour attirer les clients.

Des chants, des déguisements, des ‘Tassu’ grivoises à l’encontre des coépouses. Rien n’est laissé au hasard. Et cela semble marcher pour beaucoup. Mais, certainement pas pour Arona Dia, vendeur de friperie. La raison est simple. Sur son étal, le jeune homme d’une vingtaine d’années a une pile d’habits essentiellement composés de pulls. Les quelques clients qui s’arrêtent ne font que fouiller quelques minutes, et partir. La mine dépitée, il confie : ‘Depuis ce matin, je n’ai rien vendu.’ N’empêche, il reste confiant, et se fait même agent de la météo. Arona assure que ‘le froid va revenir. C’est juste une petite accalmie.’

A quelques lieux de là, c’est la même situation. Marché Colobane : Aly Dieng est vendeur de vestes. Le quinquagénaire affirme vendre des habits depuis plus de dix ans. Les affaires marchent bien, dit-il. Mais, poursuit Dieng, les choses tournent au ralenti. Le bonhomme assure : ‘La semaine prochaine, je me mets aux chemises en lin, ou manches courtes’ Et, ce ne sont pas ses camarades qui diront le contraire. Ici, tout le monde pense comme lui. Dans les artères de ce marché, ce qui se vend le plus, ce sont les chaussures ‘nu-pieds’ et les produits de beauté. Ce que confirme Lat Ndiaye, vendeur de cosmétique. Dans sa boutique chargée à bloc, notre interlocuteur patiente devant son comptoir. Il nous sert une leçon de beauté en période de canicule. Il commence son instruction en mettant sur son comptoir divers laits de corps.

Lait de corps, déodorant pour vivre la chaleur

Pour lui, en cas de chaleur, les laits de corps sont plus appropriés. Car, ‘ils contiennent moins de gras.’ Ce qui veut dire ‘pas de taches sur les collets et les poignets, si vous transpirez.’ Il préconise également des déodorants en lieu et place des parfums et des huiles de corps. Il termine sa leçon en ces termes : ‘En période de chaleur, il faut toujours opter pour les choses légères même pour les produits cosmétiques.’ Leçon à retenir ! Ce savoir sur les produits de beauté, Lat Ndiaye dit le tenir de sa longue expérience dans ce métier. Une expérience que partage Ndèye Nabou Amar. Pour cette mère de famille, ‘c’est encore pire que de s’enduire de crème à base d’hydroquinone en période de chaleur.’ Une pique à l’encontre des adeptes de la dépigmentation de la peau.

Moro Seydi est cordonnier, s’il ne tenait qu’à lui, la chaleur n’aurait pas existé. Le jeune homme se plaint : ‘On a du mal à dormir s’il fait chaud.’ Et ce n’est pas que le manque de sommeil qui fait enrager le cordonnier. En fait, il rouspète contre l’habillement des filles en période de canicule. Pour lui, ces dernières profitent de la chaleur pour mettre du ‘n’importe quoi sous prétexte qu’il fait chaud.’ Son voisin, lui, n’est pas de cet avis à propos de la chaleur. ‘Va pousser les filles à prendre un bain’, recommande-t-il. Et les garçons aussi.



Diomma DRAME-Wal Fadjri






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