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Elaboration du Code pastoral: Le processus entamé dans le doute

Bien après ses voisins, le Sénégal entame un processus de formulation d’un Code pastoral. Mais la démarche des autorités est loin de convaincre. L’expert Oussouby Touré a prévenu que la faible implication des organisations pastorales risque de conduire à un échec.


Rédigé par leral.net le Lundi 9 Septembre 2013 à 12:01 | | 1 commentaire(s)|

Elaboration du Code pastoral: Le processus entamé dans le doute
C’est avec une joie non dissimulée que le ministre de l’Elevage et des Productions animales a annoncé que le processus d’élaboration d’un Code pastoral est bien entamé. Réponse à une vieille doléance des associations d’éleveurs du pays, la démarche entamée par les services de Aminata Mbengue Ndiaye ne convainc toutefois pas le consultant Oussouby Touré. Selon l’expert, «la démarche méthodologique n’est pas bonne, même si la décision politique est à saluer». En effet, le consultant qui présentait, il y a deux jours, les résultats d’un audit devant conduire à la définition d’un plan d’action pour l’antenne Sénégal du Réseau billital maroobe (Rbm), a souligné «que la complexité des enjeux du foncier pastoral ne permet pas en six mois de réaliser un consensus élargi à l’ensemble des acteurs».

M. Oussouby Touré, qui dénonce la précipitation dans la procédure, estime «qu’on ne s’inscrit pas dans une démarche de course contre la montre pour élaborer un Code pastoral, on ne peut pas le faire en 6 mois». Pour le consultant, «le défi aujourd’hui est donc pour les organisations pastorales de définir leur propre vision et aller à la table des négociations pour engager la discussion avec les experts du gouvernement». Mais en l’état actuel des choses, M. Touré estime que «les éleveurs n’ont pas la capacité de siéger dans le comité de pilotage et de créer un rapport de force qui leur soit favorable». Malgré les assurances données par le ministre de l’Elevage, qui explique que le processus a déjà capitalisé des expériences réussies, menées dans des régions comme Tambacounda, M. Touré reste perplexe. Il estime que dans de telles conditions, le Code pastoral ne serait rien de moins qu’une catastrophe. «Ce serait une catastrophe si le code était examiné par l’Assemblée nationale et qu’il soit promulgué sans que les préoccupations des éleveurs ne soient prises en compte. Ce serait un échec de cet exercice».

Les faiblesses des organisations pastorales

Mais le principal échec sera certainement celui des organisations pastorales. Selon M. Touré, les organisations pastorales ont une grande part de responsabilité dans le fait que le Sénégal ait été le dernier de la classe. Beaucoup de pays de la sous-région ayant déjà adopté des instruments adéquats. C’est le cas du Niger, du Mali, du Burkina, de la Mauritanie, du Tchad et même du Cameroun. Mais au Sénégal, constate M. Touré, la configuration du mouvement associatif pastoral est caractérisée par sa complexité. «Nous avons un émiettement de ce mouvement, qui conduit à une dispersion des forces avec des organisations à des stades de développement différents, avec des capacités d’intervention diverses, et cela constitue un facteur d’affaiblissement».

Aussi, l’exercice entamé le mercredi dernier par le réseau sonne comme une nouvelle étape. Il va permettre aux organisations d’éleveurs de mieux «planifier leurs actions, prélude à une société pastorale capable de participer au développement du pays», comme le souligne le président de l’antenne Sénégal du Rbm, M. Aliou Samba Bâ. Ce que confirme M. Touré. «Dans tous les pays de la sous-région, la mobilisation des organisations pastorales a été le levier le plus puissant dans la prise en charge des préoccupations de sécurisation du foncier pastoral, qui est une question que les décideurs ne connaissent pas très bien» dit-il. M. Touré ajoute aussi qu’une fédération des efforts permettra d’améliorer la prise en charge d’un certain nombre d’activités qui sont essentielles dans les zones d’élevage, comme la sécurisation de la mobilité pastorale, la facilitation de l’accès aux intrants zootechniques, en particulier l’aliment de bétail et la valorisation optimale de tous les produits animaux, notamment le lait.


Souce: lequotidien.sn



1.Posté par diao le 28/09/2013 19:35 (depuis mobile) | Alerter
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cest une bonne initiative de mettre un code pastoral pour eviter davantage les differends entre agriculteur et eleveur qui sont vraiment inseparables.Mais il fallait. que les autorites implique davantage les des parties. diao sirifou.

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