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Et si 2016 était l’année du MFDC ? (Par Jean-Marie François Biagui)


Rédigé par leral.net le Jeudi 31 Décembre 2015 à 11:38 | | 6 commentaire(s)|

Et si 2016 était l’année du MFDC ? (Par Jean-Marie François Biagui)
Celui qui se considère comme le représentant du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) en Suisse, Ousmane Tamba, était à Ziguinchor tout récemment. Peut-être y a-t-il croisé l’envoyé spécial de cet autre représentant du MFDC en France, Mamadou Nkrumah Sané, et non moins secrétaire général autoproclamé du mouvement depuis la mort, le 14 janvier 2007, de son leader charismatique, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor. En tous les cas, tous les deux ont dû se pavaner imperturbablement en Casamance, c’est-à-dire sans y être inquiétés par aucune autorité d’aucune sorte.

Ne soyons pas dupes, cependant. Car ces deux touristes de marque ne sont mus, ni par les effets collatéraux du « processus de paix en Casamance », ni par l’idée même de paix, encore moins par la valeur ‘‘paix’’. Ceux qui le désirent pourront chercher, et ils ne tarderont pas à trouver les véritables motivations de ces touristes de marque, tout en (re)découvrant, certainement, que ces derniers ont toujours clamé, haut et fort, au nom de leurs mentors respectifs, ou en leur nom propre, que des assises inter-MFDC ne peuvent se tenir chez nous, en Casamance, au seul motif que leur vie, à eux seuls, avec celle de leurs amis et alliés, y serait en danger, et en permanence. Ainsi, dans leur entendement tronqué ou approximatif, leur vie vaut-elle, si ce n’est plus, celle de tous les autres Casamançais réunis, tandis que, à leurs yeux, face au MFDC, les autorités ont perdu le sommeil pour leurs seuls « faits d’armes ».

En fait, nos touristes de marque, qui passent indûment pour des saisonniers du « processus de paix en Casamance », ainsi que leurs mentors, redoutaient et redoutent encore une seule chose : la tenue effective d’assises inter-MFDC où, de toute façon, et de toute évidence, ils brilleront par leurs tares et leurs limites respectives avérées. Car ils ne sont porteurs d’aucun idéal sérieux : leur manque de vision politique et de projet de sortie de crise en Casamance est tout simplement patent sinon pathétique. Pour eux, en effet, l’alternative à la guerre en Casamance, c’est la guerre.

Diable ! Qu’est-ce que ces touristes de marque pouvaient bien tramer pendant leur séjour en Casamance, si l’on sait que leur journal de propagande en ligne (www.journaldupays.com) faisait état au même moment d’un prétendu accrochage violent, qui aurait opposé à Emaye, dans le département d’Oussouye, une unité de l’armée et des hommes de César Atoute Badiate, alors que l’Etat-major général de Atika, la branche armée du MFDC, basé à Cassolole, près de la frontière avec la Guinée-Bissau, nous a assuré qu’il n’en a été strictement rien ? Se seraient-ils convertis comme par enchantement à nous ne saurions quelle culture de paix ?

Quoi qu’il en soit, il importe que toutes et tous, nous fassions bloc, plus que jamais, contre toutes velléités de reprise des hostilités en Casamance.

Sous ce rapport, que nos touristes de marque se le tiennent pour dit, Biagui veille au grain. Il ne sait guère ce que c’est que s’endormir au regard du « problème casamançais ». Ses amis et autres alliés non plus.

C’est que nous veillons, tout éveillés, à la bonne fluidité de la voie tracée, balisée et ouverte par un certain Biagui depuis septembre et octobre 1997. Elle est à double sens, cette voie, et elle s’appelle le « processus de paix en Casamance », que nos touristes de marque avaient pourtant décrié jadis.

Cette voie est à double sens, disions-nous, et elle est fonctionnelle, certes cahin-caha, mais elle est fonctionnelle. De sorte que des ex-maquisards patentés, devenus des « courtiers de la paix », l’empruntent allégrement de nos jours pour se rendre, depuis la Casamance via Dakar, qui en Europe, qui en Amérique, pour y prêcher la « paix ». Mais une chose est sure : là-bas, ils en auront amplement pour l’argent de leurs parrains. Ils y découvriront notamment ce qui reste de l’aile extérieure du MFDC, pour devoir alors comprendre, certainement, pourquoi l’abbé Diamacoune et Biagui avaient décidé jadis de rapatrier les activités substantielles du MFDC au pays. Car, depuis, seuls le symbolique, qui frise parfois le ridicule, et la nostalgie, intimement mêlée à quelque forme de mysticisme, se disputent là-bas l’héritage commun des diasporas du MFDC.

Qu’il nous soit permis, au demeurant, de saluer la lucidité des responsables de l’essentiel de Atika, qui ont su résister aux sirènes de ces touristes de marque et de leurs mentors. Nous félicitons tout particulièrement leur chef, César Atoute Badiate, pour son courage et sa volonté tenace de combattre, dorénavant, coûte que coûte, toutes les formes d’adversité, déclarées ou non, avouées ou non, dans le cadre du « processus de paix en Casamance ».

Un « processus de paix en Casamance » que nous concevons comme irréversible, malgré l’amateurisme des autorités et la cécité de l’Etat.

Plût à Dieu que cette posture nouvelle de César Atoute Badiate et de ses hommes triomphe en cette année 2016, et à tout jamais.

Bonne et Heureuse Année à Toutes et à Tous !

Dakar, le 31 décembre 2015.

Jean-Marie François BIAGUI
Ancien Secrétaire Général du Mouvement
des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC)
Président du Mouvement pour le Fédéralisme
et la Démocratie Constitutionnels (MFDC-fédéraliste)






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