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J’ai très mal…


Rédigé par leral.net le Samedi 26 Février 2011 à 07:43 | | 0 commentaire(s)|

J’ai très mal…
Il existe des traits de caractère qui rassurent, d’autres qui rendent perplexe et certains qui restent sans qualificatifs. Tout ceci résulte certainement de la nature complexe de l’homme dans une vie faite d’espoir et de foi. L’espoir fait la vie et nourrit la foi. Mais, de façon plus pragmatique c’est souvent parce qu’on a la foi qu’on espère à un meilleur avenir. Pourquoi se donnerait-on la mort si on a la foi et qu’on espère ? Le croyant doit toujours espérer, se battre et ne jamais abandonner. Le suicide est banni de toutes les religions révélées puisque le difficile est souvent le chemin du croyant. C’est dans l’abnégation que l’on atteint la pieuté.

Mais, quand cette foi, dans la vie de tous les jours, fait face à l’espoir étrillé, elle est réduite à ne plus servir à grand-chose. La mort par le feu ou l’eau dit on mène à la béatitude. Pourquoi choisir de rêver d‘ un hypothétique Paradis si dans l’Enfer on se trouve déjà ?

C’est de ce présent confus et insupportable dont voulaient s’échapper Oumar Bocoum et Ahmed Tidiane Bâ . Des milliers d’autres jeunes avaient, avant eux, préféré le suicide à leur difficile vie. Ils n’avaient pas d’avenir puisqu’ils n’avaient plus de présent. Ces jeunes ont bravé l’Océan à mains nues, rêvant enfin d’un présent et d’un avenir qu’un cupide et sénile a assombri au bénéfice de l’avenir politique de son looser de fils. Ce vieillard de presque 90 ans n’a d’espoir que pour son rejeton qui prétend n’avoir jamais perdu et qui échoue toujours là où l’échec est totalement impossible. Il nous laisse dans le noir plus de douze heures par jour, nous rationne ce que nous payons à prix fort et il ose nous demander de lui renouveler notre confiance alors qu’il lui est impossible de trouver des solutions à nos problèmes. Son rejeton, brillant ingénieur financier, le meilleur de toute l’Afrique de l’Ouest, a lui les solutions à nos problèmes qu’il a créés mais ses concitoyens sénégalais le détestent alors il préfère garder sa potion magique. Voilà une méprisante ironie.

Ils ont, sans doute, rêvé toute leur vie de jet privés et d’autres mégalomanies sans en avoir les moyens. Aujourd’hui, ils assouvissent leur désir avec des comptes en banque fournis et des villas de rêve à Saint Tropez et partout ailleurs où la vue sur mer est fascinante.

Oumar Bocoum n’était qu’un déçu de plus de l’alternance qui a dépassé le seuil de la résignation et qui a flanché. Son rêve s’est enfoui, enseveli par le vil dessein d’une famille aux mains baladeuses, sans vergognes et sans cœurs. Il a servi sa patrie. Sa patrie l’a abandonné. Il a préféré partir.

J’ai tenté de vivre dans mes pensées ce qui pourrait être une immolation. Vu de l’esprit l’acte était horrible.

J’ai eu mal en pensant à la mère de ce jeune militaire invalide et je n’ai malheureusement que des mots pour lui demander d’être très forte. Elle nous a demandé de ne pas faire comme son fils, nous lui disons que cela doit être un impératif pour chacun d’entre nous de nous battre contre ce qui a amené son fils à s’immoler. L’injustice, le mépris et l’arrogance.

J’ai eu mal face au silence coupable d’un régime qui avait fait nourrir beaucoup d’espoir à une jeunesse aujourd’hui désemparée et j’ai eu beaucoup plus mal quand je me suis rendu à l’évidence pour savoir que leurs soucis ne sont point notre bien être mais le leur.

Nous sommes laissés à nous même. Nous nous résignons et attendons le moment venu pour crier notre déception et revendiquer le pouvoir de choisir qui nous est exclusivement dévolu.

Combien de temps encore devrions-nous nous résigner et devrions nous attendre ? La situation est devenue inadmissible.

Abdou KEBE

Le déçu de l’alternance






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