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Le casse-tête des embouteillages à Dakar, un cauchemar quotidien - Par Yacine Dieng

A Dakar, le temps moyen passé dans les embouteillages augmente quotidiennement et de façon inquiétante tant la population et les activités économiques de la ville ne cessent d'augmenter entraînant d’une part la circulation urbaine et périurbaine d'un plus grand nombre de véhicules de tous genres et affectant grandement la ponctualité des uns et des autres d’autre part.


Rédigé par leral.net le Jeudi 3 Décembre 2015 à 20:26 | | 17 commentaire(s)|

Le casse-tête des embouteillages à Dakar, un cauchemar quotidien - Par Yacine Dieng
Plus qu’auparavant, se déplacer dans la ville devient une angoisse pour des milliers de personnes et relève de la gageure tant la notion de ponctualité n’a plus sa raison d’être par rapport à ces inquiétants embouteillages trop souvent anarchiques et qui ne se produisent plus seulement aux heures de pointe et s'étendent désormais au-delà de la ville, dans la périphérie, les proches banlieues. Que ce soit dans les principaux axes routiers et/ou les artères secondaires le constat à vue d’œil est le même. Les véhicules de tous genres se déplacent au ralenti et s’arrêtent n’importe où, n’importe quand, et n’importe comment. Bref, des embouteillages anarchiques et déconcertants : Un cauchemar au quotidien !

Ces embouteillages ont des impacts économiques et sociaux considérables: ils sont une perte de temps et donc d’argent. Un temps qui devrait être utilisé pour le travail ou les loisirs par exemple. C’est donc une perte économique importante. Pareillement la ponctualité des livraisons est un facteur économique important. En effet les conséquences économiques peuvent être dramatiques lorsque des livraisons sont en retard. A priori, l'estimation du coût des congestions urbaine devrait se placer à au moins 1% du PIB. Ces embouteillages ont des conséquences écologiques très néfastes sur l’environnement: la consommation de carburant lors des embouteillages est une des raisons de l’augmentation de pollution atmosphérique. Modélisons ce point afin de mieux entendre cette problématique: les embouteillages aux Etats-Unis engendrent une consommation de 8.7 milliards de litres de carburant par an, soit 20 millions de tonnes de gaz carbonique.

Au Sénégal en général et à Dakar en particulier, le transport routier domine nettement le bilan énergétique en termes de consommation d’énergie, d’émissions de polluants et de gaz à effet de serre. L’augmentation de la population et de son taux d’équipement automobile trafic automobile en sont les principales causes à cela s’ajoute l’état défectueux et inadapté des infrastructures sur les réseaux des transports. Egalement, l’efficacité des autorités ainsi que leur division en divers organismes n’est pas forcement optimale: Comment comprendre que les autorités publiques n’ont-ils pas pensé à mettre en place des mesures palliatives d’accompagnement face à la démolition du Pont Sénégal 92 et aux conséquences de congestion de l’Autoroute à péage et de la RN1? Comment comprendre qu’à la place de ce pont démolit pourtant depuis le mois de Mai, rien de conséquent ne soit sorti de terre si ce n’est que le monticule de sable qui regarde les automobilistes d'un air goguenard? Comment comprendre que jusqu'à présent la voie de dégagement rapide (VDN) qui pourtant est l’un des axes les plus fréquentés du fait de ses trois lignes puisse encore se rétrécir abruptement en une seule ligne à partir de la foire alors que cette intersection mène vers la banlieue, l’une des zones les plus peuplée de la capitale? C’est donc un facteur aggravant à la fluidité de la circulation.

Il est grand temps pour nos experts de tirer la sonnette d’alarme en mettant aussi bien en garde les gouvernants que les gouvernés et les principaux usagers de la route face à la problématique du trafic automobile (les trafics de voyageurs et de marchandises) et ses avatars à savoir: les embouteillages, la pollution, le gaz à effet de serre, et les nuisances sonores, qui deviendront de plus en plus important et menaçant si les autorités ne mettent pas en place des politiques judicieuses concrètes pour, à la fois encourager les citoyens à utiliser d'autres moyens de transport (transport ferroviaire, fluvial, transports collectifs) moins consommateurs et moins polluants, mais aussi diminuer la circulation dans le centre-ville et protéger l'environnement. Il existe un éventail de solutions pour améliorer le trafic automobile à savoir: Améliorer la fluidité du trafic avec l’élaboration d’un schéma directeur de planification et de développement stratégique des infrastructures de transports routiers (construction de routes/ponts à grande capacité de voie), ferroviaire/fluvial (entre la capitale et ses banlieues, entre la capitale et le reste du pays), et les transports publics collectifs; Améliorer la fluidité du trafic avec une meilleure signalisation ou une régulation de la vitesse. Les systèmes de signalisation deviennent de plus en plus sophistiqués.

Il s'agit, par exemple, de réguler les flux à partir de signaux variables selon la densité du trafic; Promouvoir et développer des véhicules moins polluants pour réduire les émissions de gaz carboniques; Réguler l'usage par la tarification: péage d'infrastructure ou péage urbain; Développer les systèmes de transport intelligent (par exemple nouveaux concepts de chaînes logistiques pour les "livraisons du dernier kilomètre"); Améliorer la prévention des accidents de la route par de meilleurs systèmes de communications; Créer de nouvelles routes adaptées aux différents types de véhicule. Les rocades et autres périphériques ont pour vocation de désengorger le trafic; Améliorer et promouvoir les transports en commun; Promouvoir le covoiturage pour les déplacements vers son lieu de travail; Diminuer le besoin de déplacements motorisés en développant les services, emplois, et commerces de proximité, et d'espaces verts de proximité; Promouvoir le vélo avec la création de pistes cyclables, points d'attaches, etc.; Décaler les horaires de bureaux; Éviter les déplacements en cas d'intempéries. Permettre un trafic automobile durable ou limiter ses conséquences néfastes, c’est contribuer aux réseaux stables et efficaces du transport et donc rendre notre planète plus verte.

A l’heure ou se déroule, en France, la 21e Conférence des Parties (COP 21) à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques qui réunit près de 120 chefs d’Etats, des délégations de 195 pays et 40 000 participants dont des experts et des ONG, quelles sont les actions concrètes menées par les autorités pour améliorer la résilience au changement climatique et promouvoir un développement à faibles émissions de carbone au Sénégal? Quels en sont les impacts sur le quotidien des populations?

Yacine Dieng






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