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Le droit à l’image souvent violé par les médias (sociologue)

Le droit à l’image est souvent violé par les médias au Sénégal, a relevé le Dr Mor Faye, sociologue des médias et de la communication et enseignant à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, interrogé par la Gazette sur la diffusion des images de l’exhumation des cadavres, suite à la tuerie de Keur Samba Laobé.


Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Mai 2012 à 18:30 | | 0 commentaire(s)|

Le droit à l’image souvent violé par les médias (sociologue)
‘’Je pense que les médias sénégalais ont du chemin à faire en matière de diffusion d’images, parce que souvent, des gens qui sont dans une posture judiciaire sont montrés à la télévision ou en photo, alors qu’ils bénéficient du principe de la présomption d’innocence’’, a-t-il dit dans une interview parue dans le dernier numéro dudit magazine.

Le sociologue note qu’au Sénégal, ‘’il suffit simplement qu’on accuse quelqu’un de vol pour que son image soit diffusée sans la flouter’’.

‘’Beaucoup plus généralement, il faut respecter le droit à l’image’’, a-t-il estimé, rappelant que ‘’chaque personne est détentrice de son image et qu’on ne devrait pas la montrer dans certaines situations compromettantes’’.

‘’Si l’on prend le cas des personnes qui sont impliquées dans des histoires de crimes, de vols ou de banditisme et qui ne sont pas encore jugées, a-t-il indiqué, le fait de publier leurs images est une entorse au principe de la présomption d’innocence. Car tant que la justice ne s’est pas encore prononcée, il y a des images qu’on doit se garder de montrer.’’

Pour le sociologue, ‘’ce principe n’est pas respecté et parfois même on met la vie de ces personnes en danger ou on crée les conditions de leur marginalisation dans la société en montrant leurs images’’.

Il estime qu’il y a ’’des images qu’on doit se garder de montrer et, en l’occurrence, les images des cadavres exhumés qui n’apportent rien de plus par rapport au fait qu’il faut faire savoir au public qu’il y a eu des morts dans un mouvement religieux donné’’. ‘’Normalement, de simples photos auraient suffi’, a-t-il affirmé.

‘’ (…) il y a certaines choses comme les images de cadavres qui ne doivent pas être théâtralisées ou rendues spectaculaires, ne serait-ce que par respect pour la dignité des gens qui sont morts dans les conditions que nous connaissons’’, a-t-il dit en réaction à la diffusion des images de l’exhumation des cadavres des victimes de la tuerie de Keur Samba Lobé, le 22 avril dernier.

‘’Mais ce qu’on constate au Sénégal, c’est que, de plus en plus, on cherche à diffuser l’image qui choque’’, a-t-il regretté.




SOURCE:P.-S.
IG/ASG






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