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MECANNICIEN : Un métier dur, mais de plus en plus investi par la gent féminine

La mécanique était jadis l'apanage des hommes. Mais de nos jours, ce métier est fortement investi par la gent féminine qui y fait des merveilles.


Rédigé par leral.net le Jeudi 14 Juillet 2011 à 13:53 | | 3 commentaire(s)|

MECANNICIEN : Un métier dur, mais de plus en plus investi par la gent féminine
La mécanique, comme tant d'autres métiers, n'est plus l'apanage des hommes. En effet, la gent féminine, qui était jadis cloîtrée dans les foyers effectuant les tâches ménagères, pratique aujourd'hui des activités qualifiées dans le temps de «métier d'homme». Il en est ainsi de la mécanique, un métier dur, qui demande beaucoup de dynamisme et de volonté, maintenant investi par les femmes qui y vivent aussi leur passion.
Au garage Femme auto, située au carrefour des deux voies et de la Voie de dégagement nord (Vdn), en cette après-midi de lundi, le chaud soleil martyrise les crânes. À l'entrée du garage, des voitures de toutes marques stationnent et attendent d'être réparées. À l'intérieur des lieux, le sable mélangé avec l'huile et la graisse pour véhicule, piquent nos narines et montre nettement qu'on est dans un garage mécanique. Le grincement des moteurs des voitures ou des scooters tympanise. Des vas et viens incessant animent les lieux. Au moment où certains mécaniciens se penchent sur des voitures pour diagnostiquer les pannes, d'autres sont en plein dépannages au point de ne pas remarquer les entrées et sorties. Certains qui venaient à peine de finir leur travail profitent du vent frais, produit par l'ombre des voitures, pour échapper à ce soleil de plomb qui darde ses rayons.
Mais dans ce beau monde très mobile et très actif, muni des tournes à vis, de clé à roue, les habits couverts d'huile et de graisse, il est aisé de remarquer un important contingent de femmes. Ces mécaniciennes sont presque toutes des jeunes filles et des jeunes dames. Moins nombreuses que les hommes, elles occupent pourtant largement l'espace. Elles s'activent autour des voitures ou des moteurs, vissent et dévissent. Très dynamiques, elles n'hésitent pas à s'allonger en- dessous des voitures pour affiner les diagnostics des pannes à réparer.
«Mécanicienne, cfest vraiment un métier très difficile, je lfavoue. Mais c'est ma passion et je partirais jusqu'au bout pour le vivre», lance Ndèye Sophie, trouvée en train de sfaffairer sur un véhicule pour un dépannage. Le sourire aux lèvres, les habits noirâtres, cette jeune mécanicienne qui a fait plus de 7 ans dans ce métier indique qu'elle y est à lfaise. Dfoù le choix qufelle a fait dfexercer cette profession. Mais elle nfa pas le temps dfen dire plus car contrainte de reprendre avec rigueur son travail.
Habillées en pantalons parfois déchirés, en Tee-shirt qui ont perdu leur couleur initiale à cause de l'huile et la graisse, casquettes vissées à la tête, ces jeunes dames ressemblent, à bien des égards, à des hommes. Il est dfailleurs difficile pour un étranger qui débarque en ces lieux de distinguer les garçons des filles. Car tous ont les mêmes accoutrements et les mêmes attitudes. Et même le physique présente des similitudes, pour ces bonnes-dames aux airs de «garçons manqués».
Les heures passées, les allés et les venus des voitures qui stationnent ou qui partent après une remise en état, se multiplient. Débordées par le travail, les mécaniciennes, qui nfont même pas le temps de se rafraîchir, profitent dfun moindre moment de relâche pour sfoffrir un instant de récupération. Ainsi, s'allongent-elles à même le sol, en faisant quelques génuflexions et autres exercices dfassouplissement pour soulager leurs muscles soumis à un intense rythme de travail, depuis les premières heures de la matinée.
Pourtant, malgré la fatigue, tout se passe ici dans une ambiance des plus joviales et dans la bonne humeur. Car lfambiance est au rendez-vous, en dépit de la rudesse de la charge travail et de la dureté de la tâche. Dur et pénible est en effet ce métier de mécanicien pourtant très prisé aujourdfhui par les filles. Aussi, le client restant roi, sa satisfaction reste le seul plaisir qui donne de lfallant à ces jeunes femmes, à pied dfœuvre de 8 heures à 18 heures, tous les jours, du lundi au samedi, ici, au garage Femme Auto.

NDÈYE COUMBA MBOUP, PATRONNE DU GARAGE FEMME AUTO : «J'ai démissionné de mon travail pour lancer ce garage afin de venir en aide aux techniciennes sans emploi»
Ndèye Coumba Mboup, mécanicienne et patronne du garage Femme Auto, est revenue sur les difficultés que rencontre son entreprise qui emploie de jeunes mécaniciennes. Un garage qui tente, tant bien que mal, de résister aux soubresauts de la conjoncture et de passer au travers des rafales déstabilisatrices.
«J'ai créé l'entreprise Femme Auto depuis le début des années 2000 par mes propres moyens. J'ai démissionné de mon travail pour lancer ce garage afin de venir en aide aux jeunes, surtout aux techniciennes sans emploi», explique-t-elle avant d'ajouter : «Aujourd'hui, on a un effectif de 33 agents salariés. Mais nous faisons face à une grande difficulté. C’est que Femme Auto n’a pas de terrain lui appartement et où il peut travailler tranquillement. Si l'Etat nous avait donné un terrain, nous aurions dépassé le stade auquel nous sommes aujourd’hui depuis très longtemps. Parce qu’en occupant un espace qui ne nous appartient pas, il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas faire. Je peux même dire que notre activité est freinée par cette situation».
Quand on lui demande pourquoi ça coince quant à la disponibilité d’un terrain mieux sécurisé pour Femme Auto, afin d’exercer en toute tranquillité son activité, Ndèye Coumba Mboup explique : «Comme on est dans une phase politique et que je suis apolitique, nombre d'autorités me mettent les bâtons dans les roues». Une situation qu’elle trouve injuste en clamant : «Je suis la seule femme garagiste qui a créé son garage par ses propres moyens. J'emploie des jeunes jusqu'au nombre de 33. Et je suis la première femme garagiste mécanicienne au Sénégal. Et malgré cela, je n'ai reçu aucun appui venant de l'Etat. Au contraire, des politiciens me harcèlent en me demandant des taxes par-ci et par-là».
S’étant débrouillée avec ses propres moyens pour lancer son garage, Ndèye Coumba Mboup indique que depuis lors, elle ne cesse de se battre pour assouvir sa passion et garder son garage «en vie», malgré les difficultés. «Je ne demande pas d'appui financier. Tout ce que je demande, c'est avoir un terrain pour pouvoir travailler en paix. Parce que je ne peux pas créer des emplois dans mon pays, aider des jeunes, surtout des filles sans ressources et qui n'avaient pas de travail et qu’en retour, des gens, des politiciens surtout tentent à longueur de journée de briser mon élan en me mettant des bâtons dans les roues», lâche-t-elle, tel un cri de cœur.

MARIÈME SECK : Du rêve de pilote d'avion, au métier de mécanicien auto

Très active et dynamique, elle a les allures de garçon manqué. Elle, c’est Marième Seck. Son métier, mécanicienne. Âgée de 18 ans, cette jeune fille qui voulait pourtant devenir pilote d'avion. Du moins c’était en effet cela son rêve. Mais il a été brisé. Aussi, s'est-elle résolue à embrasser le métier de mécanicien auto, victime d’une arrêt brutal de ses études en classe de troisième secondaire.
«J'étais élève et j’ai étudié jusqu’en classe de troisième. Et puisque je n'avais pas obtenu mon Bfm, j'ai dû quitter l’école. J’ai dit à ma mère que je voulais suivre une formation. Car je voulais être pilote et je n’ai eu que ce rêve dans ma vie. Mais il s’est brisé avec mon échec au Bfem car mon niveau d'études ne me permettait pas de le réaliser», confie Marième Seck, le sourire aux lèvres.
Employée au garage Femme Auto, cette jeune fille frêle aux habits noircis par l'huile et la graisse des moteurs, a une voix presque masculine. Marième dégage déjà l'image d'une dame de fer, tellement elle présente des traits de garçon manqué. Réceptionniste de véhicule à Femme auto, elle est toujours la première à débarquer sur le lieu du travail. «Je me réveille à 6 heures du matin et tous les jours je suis la première à venir au travail. On m'a confié les clés. Je suis donc comme réceptionniste, je dois donc être là avant tous les autres. Et toutes les voitures qui arrivent, c'est moi qui les réceptionne. Je demande au client ce qu'il veut, je l'accueille, je l'écoute attentivement et après je parle avec mon assistante technique. Puis, j'appelle un mécanicien pour lui dire ce que le client attend comme travaux sur son véhicule. Mais en même temps, je fais de la mécanique», explique-t-elle dans un langage de la rue qui renvoie aux envolées des rappeurs de la banlieue.
Taille moyenne, un peu maigrichonne, une belle dentition qui illumine son visage angélique, Marième Seck n'a pas choisi ce métier par le fruit du hasard. «Depuis que j'étais petite, je savais que si je ne devenais pas pilote ou militaire, je serais mécanicienne», lance-t-elle en effet tout en indiquant que: «Notre école était tout prés d'un garage de mécanicien. Et je fréquentais ce garage tout le temps. Les gens me disaient souvent que je pouvais faire de la mécanique. Et un jour, après mon échec scolaire, j'en ai parlé avec ma mère et c’est elle qui m'a dit de venir ici à Femme Auto. C'était au début de 2010. Cela fait maintenant un peu plus d’un an et je ne le regrette pas».
En effet, après une année seulement de pratique, Marième a été frappé par un tel amour du métier, qu’elle ne pense pas en embrasser un autre. «Quand je suis arrivée ici, je ne pouvais pas grand- chose. Mais j'observais tranquillement et, au fur et à mesure je comprenais. Le métier n'est pas difficile, il suffit jusque d'être intelligent et d'avoir la volonté. Si la mécanique était un métier de force, aucune femme ne l'aurait faite. Je veux réussir dans ce métier, aller à l'extérieur juste pour avoir du matériel et revenir m'installer au Sénégal en créant mon garage, comme Ndèye Coumba ma patronne l’a fait», rêve la jeune fille.
Bien que très passionnée par son travail, Marième a cependant d'autres passe- temps favoris en dehors de la mécanique. À l'heure de la descente, vers 18 heures, la jeune fille est pressée de rentrer chez elle, prendre une bonne bouche, pour ensuite se mettre devant son ordinaire et surfer sur Internet, histoire de voir ce qui se passe dans le monde. «J'aime beaucoup surfer sur le Net, aller à la plage les dimanches et passer avec mes amies le plus de temps possible. Je prie aussi également. Je ne rate aucune prière», fait-elle savoir.

Marianne NDIAYE
source Le Populaire




1.Posté par question le 14/07/2011 15:50 | Alerter
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Bonjour
Quel est le meilleur garage auto de dakar, hormis les concessionnaires (des professionnels sûrs, avec matos électronique etc..) ?
Quelqu'un a une proposition ?

2.Posté par ass le 14/07/2011 22:02 | Alerter
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Pourquoi mettre 2 ''N'' à ''Mécanicien'' ?

3.Posté par SALMA le 15/07/2011 11:59 | Alerter
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