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Youssou Toure, président du réseau national des enseignants de l’Apr : «Je ne trouve aucun mérite à Abdoul Mbaye»

Sous les feux de la rampe après la houleuse réunion du directoire de l’Alliance pour la République (APR) tenue ce week-end en présence de Macky Sall, le Coordonnateur du Réseau des enseignants de l’APR met les points sur les i. Dans un entretien qu’il a accordé au PAYS, Youssou Touré est revenu sur le fonctionnement du parti qui dévie de sa trajectoire du fait de certaines pratiques, œuvre essentiellement d’un certain trotskiste qui fait et défait à sa guise. Mais également de l’adhésion à l’APR du Premier ministre Abdoul Mbaye à qui, il dit ne reconnaître aucun mérite. Entretien !


Rédigé par leral.net le Mercredi 23 Mai 2012 à 23:02 | | 4 commentaire(s)|

Youssou Toure, président du réseau national des enseignants de l’Apr : «Je ne trouve aucun mérite à Abdoul Mbaye»
Sous les feux de la rampe après la houleuse réunion du directoire de l’Alliance pour la République (APR) tenue ce week- end en présence de Macky Sall, le Coordonnateur du Réseau des enseignants de l’APR met les points sur les i. Dans un entretien qu’il a accordé au PAYS, Youssou Touré est revenu sur le fonctionnement du parti qui dévie de sa trajectoire du fait de certaines pratiques, œuvre essentiellement d’un certain trotskiste qui fait et défait à sa guise. Mais également de l’adhésion à l’APR du Premier ministre Abdoul Mbaye à qui, il dit ne reconnaître aucun mérite. Entretien !



Il se dit que vous avez boudé la dernière rencontre de votre directoire de l’APR que dirigeait le Président Macky Sall, qu’en est-il exactement ?

Je n’ai pas comme habitude de démentir une information venant de la presse parce que j’estime que ce sont des collaborateurs et des partenaires qui font leur travail. Donc, de ce point de vue, je ne peux que prendre acte des déclarations ou bien des faits et gestes que les uns et les autres me prêtent. Je n’ai jamais boudé et il n’a jamais été question de bouder. J’ai pris la parole, j’ai dit mes préoccupations par rapport au fonctionnement du parti et par rapport surtout aux investitures. Et après ma prise de parole, il faisait deux heures du matin. Il se trouve que moi, je suis malade, je suis asthmatique. Et d’ailleurs, je n’ai jamais terminé une rencontre de l’Apr depuis 2009. Tous les membres du directoire le savent. C’est l’un de mes défauts et de mes insuffisances. J’en suis pratiquement incapable. Si je devais bouder, je ne serais pas à la rencontre. Je n’ai rien dit d’exceptionnel qui puisse me valoir quoi que ce soit. Ce que j’ai fait comprendre aux uns et aux autres, et particulièrement au Président Macky Sall, c’est que véritablement il y a problème dans le fonctionnement. Parce que nous, étant responsables et membres du directoire, nous n’avons jamais été associés, ni en amont, ni en aval, aux prises de décisions majeures du parti. Il faudrait que, dans le parti, nous ayons notre mot à dire. Je vais vous donner un exemple et ce n’est pas pour affaiblir le parti : pour les investitures, nous n’avons jamais été associés ni informés de quoi que ce soit. Au nom de quoi quelques responsables prennent l’initiative de faire des propositions et nous qu’on en soit informés qu’au moment où tout est déjà ficelé. A la limite, nous l’apprenons par voie de presse. J’ai appris mon investiture par voie de presse. Est-ce que cela est conforme au fonctionnement démocratique d’une structure. Je crois qu’étant responsables, quelle que soit la place qui nous est réservée, nous devrions au moins être invités à la réflexion, au débat. Parce que nous avons notre mot à dire par rapport à cette question. Il appartiendra maintenant au Président du parti, Macky Sall, de dire son dernier mot. Donc je ne pense pas aujourd’hui que l’on puisse me reprocher quoi que ce soit. Je n’ai jamais fait du chantage à qui que ce soit et le Président Macky Sall le sait parfaitement.

Comment avez-vous appris donc votre investiture à la 43ème place sur la liste nationale de Bennoo Bokk Yakaar ? Est-ce que vous avez soulevé cette question ?

Que l’on me mette à une certaine position, est-ce que je dois l’accepter les yeux fermés. Est-ce que moi-même je n’ai pas le droit à l’erreur, je me pose la question. Je ne suis pas un saint, c’est mon sentiment et c’est le sentiment du réseau. Nous estimons que le réseau n’est pas correctement pris en charge par rapport aux décisions majeures du parti. Nous estimons que le réseau n’est pas associé par rapport aux prises de décisions. J’estime qu’avant d’être mis où que ce soit, on devrait me consulter. D’autant plus que je suis quand même un responsable du parti. Je remercie au passage le Président Macky Sall de m’avoir confié certaines responsabilités. Mais à quoi servent aujourd’hui ces responsabilités ? Tout ce que je connais de l’APR, c’est par voie de presse. Sans les médias, aujourd’hui, je n’aurais aucune information concernant le parti. J’ai l’information en même temps que tout le monde. Je crois qu’il faut rectifier. Maintenant, je comprends quelque part les dysfonctionnements. Parce que c’est un parti qui n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière et c’est un parti qui est né d’un mécontentement, d’un malentendu, d’une agression du pouvoir sortant contre des femmes et des hommes qui ont eu le mérite de travailler pour l’évènement du Président Abdoulaye Wade. Donc en trois ans, le parti ne peut pas être ce que nous voudrions qu’il soit. Nous le comprenons, mais malgré cela, on aurait dû quand même continuer dans la dynamique d’avant élection, en recueillant les avis des uns et des autres, quel que soit leur statut intellectuel. Mais c’est comme s’il y a deux sortes de militants à l’Apr. Des militants importants qui sont au courant de tout comme ce fameux trotskiste (NDLR : allusion faite à Mahmoud Saleh) qui est au sommet de l’Etat, qui peuvent accéder à la Présidence lorsqu’ils veulent, qui peuvent rencontrer le Président Macky Sall à son domicile quand ils veulent et d’autres militants maintenant qui n’en ont pas le droit. Personnellement, aujourd’hui, je me présente à la Présidence, on ne m’accepte pas, je me présente au domicile du Président Macky Sall, on me chasse comme un malpropre et je ne le tenterai même pas. Je suis pauvre, je suis misérable mais en termes de dignité, je refuse d’être pauvre. Si maintenant pour être considéré il faut avoir des moyens financiers, ou avoir un certain profil grand économiste, grand penseur etc., je ne suis rien du tout. Juste un pauvre petit instituteur. Mais, j’ai une expérience et une expertise que je peux mettre à la disposition de mon pays. J’ai fait des formations un peu partout et j’ai eu mes diplômes. J’ai mon diplôme sur les politiques de création d’emploi. Je n’en ai jamais parlé. J’ai eu mon Bac en 1976. Ce diplôme aujourd’hui vaut plus que la maîtrise et même plus. J’ai des compétences et tous les Sénégalais ont des compétences. Je crois que le Président Macky doit faire appel à toutes les compétences quelle que soit d’ailleurs l’appartenance politique de ces compétences. Même les membres du Pds, on a besoin de leurs compétences. C’est tout cela qui forme un pays, on ne peut pas gouverner avec une partie du peuple. On ne doit pas non plus gouverner avec une partie du parti. Ceux qui vous ont soutenu et ceux qui ne vous ont pas soutenu, on doit associer tout le monde à la gestion du pays. Ne serait-ce que par rapport à leur suggestion et a leur contribution.

Par rapport toujours à la rencontre de votre directoire de parti, est-ce que le président Macky Sall a donné une suite favorable à vos doléances ?

En fait, je n’ai pas fait de doléances ; j’ai dit mon sentiment. Je n’ai fait aucune doléance. Si on dit que je fais la politique du ventre, c’est extrêmement grave. Mais je ne réponds pas. J’estime que c’est une insulte. Si c’était cela, j’aurais pu adhérer au PDS, au moins dans ce parti, les gens avaient besoin de moi. Mais si on n’a pas besoin de moi à l’Apr, qu’on me le signifie, j’ai un âge qui ne permet plus de courir derrière quoi que ce soit. Même si je devais avoir un immeuble, je mourrais dans quelque temps. Je quitterais ce bas monde. Je n’exige rien du tout. Je suis là depuis 2000, j’aurai pu intégrer le PDS parce qu’Abdoulaye Wade, il faut au moins lui reconnaître une qualité, il savait détecter les compétences. Au moins Abdoulaye Wade ne banalisait pas la fonction des gens. Il a pris Bécaye Diop qui est un instituteur et, d’ailleurs, j’ai plus d’expertise que ce dernier. Wade a honoré la fonction de l’instituteur en faisant de Bécaye Diop, le ministre des Forces armées et ministre de l’Intérieur et pourtant, le pays n’a pas brûlé, mais c’est avec Ousmane Ngom, bardé de diplômes, que le pays a brûlé. De ce point de vue, la pauvreté dans ce pays est devenue une tare. Je suis pauvre, on me tourne en dérision, je suis pauvre, je n’ai pas droit à la parole. Ceux qui entourent Macky ont les poches pleines. Vraiment, comme on le dit dans une Fable de La Fontaine, je crois que ce que j’ai dit est beaucoup moins grave que ceux que disent de grands responsables de ce parti. Un trotskiste du parti, qui fait et défait, a eu à insulter, en direct devant les journalistes, et il était à côté du Président Macky Sall. Personne ne s’en est ému. Mais quand Youssou Touré dit son sentiment, on dit que je fais la politique du ventre. De ce point de vue, il ne faut pas qu’il y ait des militants à double vitesse.

Vous avez parlé de trotskiste est-ce que vous faites allusion à Mahmoud Saleh, si oui que lui reprochez-vous ?

C’est vous qui le citez, moi je n’ai pas parlé de lui. Là aussi, il faut que les journalistes aient l’honnêteté intellectuelle d’assumer ce qu’ils disent et de ne pas me les faire porter. Moi, je n’ai pas prononcé son nom. J’ai dit qu’il y a un trotskiste qui fait dans la confusion et dans l’amalgame. C’est ce que j’ai dit. Si les gens l’identifient à travers la peinture que j’en ai faite, mais tant mieux. Je dis qu’il y a quelqu’un qui est en train de détruire le parti et qui n’a pas commencé maintenant mais bien avant notre accession au pouvoir. Et qui collabore avec tout le monde, c’est un collaborationniste qui mangeait dans tous les râteliers, aussi bien dans l’opposition que celui du pouvoir. Si vous le citez, assumez-le, si vous me faites porter le chapeau, j’en serais désolé.

Quelle a été la réaction de Macky Sall ?

On m’a reproché de n’avoir pas attendu le discours de Macky Sall. On a voulu faire un amalgame entre Macky Sall en tant que Chef de parti et Macky Sall Président de la République. Je crois que quand on se retrouve entre camarades, la casquette de Président de la République ne doit plus prévaloir sur celle de chef de parti. Il devient un camarade. Or, entre camarades, on peut se permettre certaines choses. Mais pas insulter, du tout. On doit respect au Président Macky. Parce que le Président Macky Sall, il faut le reconnaître, c’est un homme très poli, très courtois. Il a beaucoup de qualités. Il n’a jamais insulté, il n’a jamais sorti de sa bouche des termes discourtois vis-à-vis de qui que ce soit. Même de Wade et de son pouvoir. Il a toujours été correct et avec tout le monde. Mais c’est un débat entre politiques, c’est un directoire, c’est un forum politique. Il est normal que quand on se retrouve, qu’on mette le doigt sur la plaie pour qu’il comprenne et se rectifie. Je ne pense pas qu’il soit un saint. C’est un être humain avec beaucoup de qualités et des insuffisances. Même le Prophète (Psl) en avait. Dieu le rectifiait en lui en- voyant un ange. Pourquoi veut-on à chaque fois déifier celui qui est à la tête de l’Etat. On lui doit respect absolu. Et Macky Sall, nous le respections avant qu’il ne soit élu président de la République et nous continuons à le respecter. Mais un bureau politique, ce n’est pas la Présidence de la République. Moi, je n’ai pas vu des maux qui ont volé bas. J’ai juste regretté le fait que le réseau ne soit pas pris en compte par le parti alors que nous avons abattu avec tous les autres camarades un travail extraordinaire. J’ai également regretté qu’on estime qu’un griot a également plus de poids qu’un Youssou Touré instituteur. Mais qu’est-ce qu’on veut ? Dans ce pays, quand on est pauvre, on n’a pas droit à la parole. Moi, aujourd’hui, c’est ce qui m’arrive. On parle de politique du ventre. Qu’est-ce que je possède aujourd’hui ? Je n’ai ni maison, ni voiture. Rien du tout. Je n’ai jamais tendu la main à qui que ce soit. Ce sont des mensonges grotesques pour salir l’individu. Et c’est là où Wade a échoué. Parce qu’on piétinait les valeurs. Dans ce pays, on cherche à détruire les hommes, on n’incarne plus les valeurs. Sans se sourcier des conséquences que cela peut avoir. De ce point de vue, je fais trop d’erreurs, je suis même fou. Mais c’est à la société de me soigner. Même la société a besoin de fous. On me le reproche, mais j’ai dit que la quarante troisième place qui m’a été attribuée est injuste relativement au travail que j’ai abattu avec d’autres responsables. Je ne suis pas le plus méritant, mais je ne suis pas, également, le moins méritant. Il faut que cela soit clair.

A propos des investitures, vos camarades du Réseau des enseignants vous ont investi au perchoir de l’Assemblée nationale, n’est-ce pas une équation à laquelle votre parti devra faire face ?

Je remercie le réseau pour tous les sacrifices consentis. Beaucoup de membres du réseau m’estiment. Cela me va droit au cœur. Mais moi, véritablement, je ne pense à rien du tout. Quelqu’un qui ne peut pas accéder au domicile du Président Macky Sall, ni à la Présidence de la République, pensez-vous que ce responsable puisse prétendre au poste de Président de l’Assemblée nationale. Je ne me fais pas d’illusions. Même pour être député, je suis relégué à l’arrière-plan. Vous pensez que moi, je songe à être quoi que ce soit dans le gouvernement du président Macky Sall. Parce que je n’ai rien du tout, on me met à la position qu’ils veulent. Pourtant les agents de renseignement dont dispose l’Etat, s’ils délivrent leur bulletin de renseignement, ils diront que Youssou Touré est partout dans le pays pour défendre l’APR. Ils diront que Youssou Touré est un missionnaire de l’APR. Pas plus tard qu’hier, j’étais à Touba, sans ordre de mission, sans carburant, j’ai parcouru le pays sans aucune mission. La seule prétention que j’ai, c’est d’être respecté par mon parti. Je n’attends rien du président Macky Sall. Mais nous sommes dans un parti et le fonctionnement doit être démocratique. Mon syndicat a subi des injustices de la part de l’ancien régime avec Kalidou Diallo, parce que Wade ne gouvernait plus, il régnait. Mais cette injustice continue de plus belle. Deux de mes camardes ont vu leurs salaires suspendus et c’est moi-même qui les prends en charge. Je m’endette et on me convoque partout mais je n’ai demandé à qui que ce soit de payer mes dettes.

Partagez-vous l’avis de Moustapha Cissé Lô selon qui la Présidence de l’Assemblée nationale doit revenir à un apériste pure souche et non à un allié ?

Il a le droit d’avoir son avis. Tout comme il a le droit d’avoir son ambition. Mais je n’ai pas mon mot à dire par rapport à cela. Puisque je n’ai pas été associé. Lui-même a dit hier ou avant-hier qu’il a dîné avec le Chef de l’Etat. Moi je n’ai pas cet honneur. Le parti, c’est pour eux, ils se voient entre eux, entretiennent des relations fraternelles, de proximité. Je n’ai rien à voir dedans, je suis un enseignant ambulant, sans domicile fixe. Ce sont des patrons qui avaient déjà les moyens, ce sont des amis, ils ont cohabité dans le PDS. Tout ce que j’ai à dire, c’est que n’importe qui a le droit d’avoir des ambitions.

Quelles ruptures attendez-vous de Macky Sall ?

La rupture, c’est de gérer autrement. La rupture, ce n’est pas par rapport aux moyens. Mais c’est par rapport à la leçon que nous devons donner par l’exemple. Nous devons être des modèles dans la gestion des affaires de la cité. Je ne pense pas, et c’est mon sentiment, que Macky Sall ne s’entoure que de ses amis. Même s’ils sont compétents. J’ai le sentiment que ceux qui sont proches de lui depuis le PDS, ce sont toujours les mêmes gens qui sont toujours proches de lui. Ils ont tous les droits. A ce niveau, j’invite le Président Macky Sall à une rupture par rapport à ces comportements. Nous avons une République, même si Youssou Touré est exclu de l’APR, du directoire, Youssou n’en demeure pas moins un Sénégalais, un simple citoyen qui a un droit de regard sur la gestion des affaires de la cité. J’ai beaucoup aimé Abdoulaye Wade par rapport à sa modestie et à sa simplicité. En un moment donné, il a beaucoup fait, mais après l’élection de 2007, son entourage, ses plus proches collaborateurs l’ont dévié de sa trajectoire. Ce sont eux qui l’ont mis dans cette situation. Mais Wade, en tant que personne, a beaucoup de qualités. D’abord il recevait les gens jusqu’à deux heures du matin. Il pouvait recevoir un Sénégalais lamda. On ne peut pas le lui reprocher. Je crois que le premier acte de rupture, c’est de mettre les Sénégalais au même pied d’égalité en les respectant. Personnellement, dans mon parti, après la victoire, je me sens inutile. On ne me consulte pas, on ne m’associe pas. Je n’ai conscience d’appartenir à ce parti que, quand il y a directoire. Je viens, je prends la parole comme tout le monde et je m’en vais. Je n’ai aucune autre priorité dans le parti.

Vous êtes instituteur syndicaliste. De ce point de vue, quelle appréciation faites- vous de la gestion de Ibrahima Sall à la tête de ce département ?

La Coalition Bokk Yakaar a rem- porté l’élection présidentielle, l’APR est membre de cette coalition. Mais l’APR en est la locomotive parce qu’étant deuxième au premier tour. Et Macky Sall a eu l’idée géniale de créer le réseau des enseignants de l’APR. Le Réseau n’est pas là pour croquer des cacahuètes. Pendant trois ans, le réseau a travaillé dans le projet du système éducatif. Donc le premier acte que le ministre devait poser, c’est de consulter tous les acteurs. Et nous sommes un des partenaires du ministère parce que le Réseau n’est composé que par des enseignants. Ce sont les enseignants qui appartiennent aux organisations syndicales et qui ont leur mot à dire. Moi, j’avais souhaité que le ministre de l’Education nous reçoive, même dans le cadre politique que nous partageons, pour qu’on lui donne notre point de vue par rapport au système éducatif. Moi, j’ai trente-cinq ans d’expérience. J’ai la maîtrise du système éducatif. Mais si après les injustices que nous avons subies sous Wade, on élit Macky Sall qui nomme un Ministre qui est in- différent par rapport à notre sort, nous avons le droit de protester.

Comment appréhendez-vous votre carrière politique en tant que syndicaliste ?

Je suis entré en politique, je vais continuer mon action politique, que ce soit dans l’APR ou en de- hors de l’APR. Je ne me fais pas de fixation. Depuis 2008, je leur ai dit que je suis fatigué. Parce que c’est nous qui avons théorisé le rajeunissement et le renouvellement du personnel dirigeant syndical. Je vais bientôt passer le témoin, il fallait régler quelques problèmes juridiques. Personne ne peut nous empêcher d’être syndicalistes. La constitution ne peut nous empêcher d’être des syndicalistes. Mais je vais bientôt quitter le Mouvement syndical très prochainement et je vais me consacrer à ma carrière politique. Pour le moment, je suis à l’APR. Si on m’exclut, je vais ailleurs. Si j’avais les moyens, tout de suite, je vais former mon parti. Parce qu’au moins, deux à trois Sénégalais se reconnaîtront dans ce que je fais. J’ai des compétences à faire prévaloir en politique.

Il est question d’audit ces derniers temps, la Cour de répression de l’enrichissement illicite a été réactivée non sans susciter un débat. Votre lecture ?

Il faut une rupture dans tous les domaines, même si ça doit être une rupture dans une certaine forme de continuité. Parce que la continuité de l’Etat est une réalité. On ne peut pas tout remettre en cause. Mais je crois tout de même que le meilleur ministre de Macky Sall, c’est Mimi Touré. Elle a de l’audace. Il faut qu’on l’encourage. Elle en a la volonté politique. Il appartient maintenant aux Sénégalais de l’accompagner. Abdou Diouf avait cette volonté politique, il a été freiné net dans son élan. Le gouvernement du Président Macky Sall a le courage moral, juridique de fouiller par rapport aux biens réels ou supposés des uns et des autres et donc tous les Sénégalais doivent l’encourager. Nous sommes d’accord pour qu’il y ait de la visibilité par rapport aux biens mal acquis.

L’actualité c’est Abdoul Mbaye, le Premier ministre, qui adhère à votre parti. Est-ce un atout pour l’APR ?

Je n’aime pas parler, vous me faites parler pourtant. Je n’ai jamais sollicité d’entretien. Mais si on me demande mes sentiments, que les gens acceptent que je m’exprime sans détour. Personnellement, je ne trouve aucun mérite à Abdoul Mbaye. Je ne lui décerne aucun satisfecit, aucun mérite. C’est un banquier et moi, je suis victime du système bancaire de ce pays. Les banques ont sucé les travailleurs sénégalais. Elles sont en train de tuer nos enfants et nos petits-enfants, faute de prise en charge médicale. J’ai une fille qui a failli mourir. C’est à cause des banques (il marque une pause). Nous sommes des musulmans et nous les attendons à l’au-delà. Elles ne sont là que pour les riches, les voyous et les voleurs. Le premier acte d’Abdoulaye Wade, en 2000, en supprimant l’usure, peut l’amener au paradis. Bien qu’il ait fait beaucoup de dégâts. Il a rendu, en 2000, aux fonctionnaires, leurs salaires. Maintenant, les banques suppléent les voleurs. Allez voir ce que les fonctionnaires perçoivent à la fin du mois. Je suis un instituteur de classe exceptionnelle, je n’arrive même pas à avoir un terrain. Ce n’est pas parce que je jette l’argent par la fenêtre. Aujourd’hui, 90% des enseignants sont des locataires. Ce n’est pas moi qui vais féliciter un banquier, moi qui suis victime des pratiques usuraires de la Banque. Je ne dis pas que c’est un usurier. Je ne le connais même pas. Il a un niveau de vie qui ne permet même pas de le rencontrer. Tout ce que je sais de lui, c’est qu’il est le Premier ministre. Je me suis battu, j’ai souffert, je n’ai pas vu Abdoul Mbaye. Je ne le connais pas et je n’ai aucune envie de le connaître. Sur sa nomination, je n’ai rien à dire. C’est une prérogative du Président de la République. Cela dit, je voudrais rendre hommage au groupe "Walf" et au journal "Le Pays" (CD Media Group : ndlr), qui abattent un travail exceptionnel. J’ai regretté quelques propos amers que j’ai tenus à l’endroit de Karim parce que lui au moins reconnaissait ma valeur. Je remercie le Président Wade, il avait des thuriféraires, des médiocres, mais il n’a jamais traité les gens par rapport à leur profil. Mais c’est cela aussi le Sénégal.

PROPOS RECUEILLIS PAR DJIM MOMATH KIDIERA





1.Posté par El hadj Sy le 24/05/2012 02:23 | Alerter
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Ce gars est tout simplement un gueulard, un frustré. En caressant sa propre personne dans le sens des poils, il prend en meme tempsla facheuse habitude de peindre les autres sous des traits hideux. C'est lui qui insultait Karim et son pere hier. Aujourd'hui, il les applaudit parce qu'il se dit ignorés par Macky et l'APR. Toi qui denigre Abdoul MBaye, quel est ton merite? Sinon que celui de diriger un syndicat qui a fini, parmi d'autres, de jeter le discredit sur l'ecole senegalaise et de sacrifier des milliers d'élèves. Macky sait bien qui est compétent et qui ne l'est pas. C'est parce que tu es certainement mediocre que tu as été laissé en rade par le président Macky. Il ne nommera pas à un poste de responsabilté quelqu'un qui, à travers son organisation, a contribué à mettre à genou le systeme educatuf du pays. 5 à 6 mois de grève pour finalement reprendre le chemin des classes sans qu'aucune de vos revendications n'aient été satisfaites. Quel gachis!!! en tant qu'enseignant, Mr. Touré, tu n'as aucun merite. Tu n'arrives pas à la cheville de toutes ces personnes que tu denigres. Les eternels pleurnichards ne peuvent avoir aucun merite.

2.Posté par hassane le 24/05/2012 07:43 | Alerter
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CEST DOMMAGE... MR TOURE EST UN HOMME SINCERE COMPETENT TOUT LE CONTRAIRE DE LENTOURAGE DE MAKISALL ..TU SERAS COMBATU MAIS DU COURAGE!!!

3.Posté par Baba almadies le 24/05/2012 09:13 | Alerter
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Désolé hassane, mais Youssou Touré n'est pas sincère. Tout les enseignants étaient au courant qu'il insultait Kalidou Diallo la veille pour aller le rejoindre le lendemain. Il n'est pas sincère. C'est un profitard et une grande gueule.

4.Posté par pfff le 24/05/2012 10:51 | Alerter
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Je n'ai pas senti de sincerite dans ses propos....je n'aime pas les gens qui denigrent les autres...Abdoul Mbaye ne t'a rien fait et pourtant tu le denigres..
Je me demande bien si certains gens de l'APR reflechissent...Macky a ete elu par une coalition donc soyez courtois et partagez les postes dans la dignite. Aretez de critiquer Macky et aidez le dans sa noble mission...

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