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5e jour du procès de imam Alioune Ndao et Cie : Revivez les minutes de l’interrogatoire des accusés

Le procès d’imam Alioune Badara Ndao et ses présumés complices a repris ce lundi 16 avril devant la Chambre criminelle spéciale de Dakar, avec la poursuite de l’Interrogatoire des accusés.


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Avril 2018 à 22:33 | | 0 commentaire(s)|



09 h 49mn : Ouverture de l’audience.

09 h 51 mn : Me Moussa Sarr, un des conseils de Imam Alioune Ndao à la barre : « lors de la deuxième évocation de cette affaire nous avons sollicité la comparution du Commissaire Ibrahima Diop et du Chef d’escadron Insa Diack parce qu’il y a des choses qui ressortent dans le dossier et auquel le parquet fait référence depuis le début de l’interrogatoire d’audience alors que les accusés qui sont passés l’ont nié. Donc on réitère notre demande pour la comparution à titre de simple renseignement des deux enquêteurs pour la manifestation de la vérité.

Premièrement, on a vu un rapport du chef d’escadron qui dit que Moustapha Faye est un chauffeur d’Imam Alioune Ndao alors ce que ce dernier dit qu’il n’a même pas de chauffeur. Dans un autre rapport, il a aussi dit que la Daara d’Imam Alioune Ndao est un centre d’endoctrinement pour des gens qui partent pour faire le jihad, alors que depuis l’ouverture des débats d’audience, on a vu que les accusés l’ont nié.

Deuxièmement, nous voulons aussi la comparution du Chef d’Etat-major des armées, le Général Cheikh Guèye parce que lors du forum du Cemga en France sur la Paix et sur la sécurité, il s’est prononcé sur le dossier. Donc, il doit comparaître devant cette chambre, pour dire tout ce qu’il sait de ce dossier. Nous tenons à l’éclatement de la vérité dans cette affaire.

Ma troisième requête, je la fais au nom de Me Aly FALL, pour le compte de sa cliente Marième Sow qui formule une demande de mise en liberté provisoire.

Me Massokhna Kane à la barre : La presse a déjà reconnu coupables nos clients. Il y a des informations qu’on ne doit pas véhiculer dans la presse encore moins faire des commentaires là-dessus. Nous vous demandons donc monsieur le juge, l’interdiction de la publicité des débats d’audience à travers la presse, parce qu’ils sont en train de violer la présomption d’innocence de nos clients.

Le Procureur prend la parole et contre-attaque: « Relativement à la demande des avocats d’Imam Alioune Ndao, il faut attendre l’audition de l’accusé Imam Ndao. C’est une requête qui est inopportune à ce stade de la procédure comme je l’avais soutenu depuis le début.

Pour ce qui est de la demande de comparution du Chef d’Etat-major des armées Cheikh Guèye, il y a des formalités à faire respecter. Ils ne peuvent pas attendre l’ouverture des débats pour le demander.

Pour la troisième requête relative au compte-rendu fait à travers la presse, si un accusé estime que ses propos ont été travestis, il y a une procédure mise en place pour que l’accusé demande réparation de son préjudice. Mais de là à interdire que les journalistes assistent et publient les débats d’audience, c’est une requête qui est mal fondée. Il faut rejeter aussi la demande de mise en liberté provisoire de l’accusée Marième Sow.

Le Juge Samba Kane, Président du Tribunal: Je vais délibérer sur vos demandes après la pause.

10h 25 mn : 8e Accusé Abdou Aziz Dia alias « Abu Zubair » à la barre, né en 1990, célibataire sans enfant, domicilié à Colobane Gouye mouride. « Je suis boutiquier. J’ai arrêté mes études en 2e année de Géographie à l’Ucad ».

Juge : Est-ce que vous êtes membre d’un syndicat ou d’une association ?

Accusé : Je fais partie de l’association de notre quartier Colobane Gouye Mouride Rufisque dénommé Alwar.

Juge : Reviens sur les circonstances de ton arrestation.

Accusé : Le jour de mon arrestation je revenais de ma boutique comme d’habitude à l’heure de la pause. Tout un coup, un homme en civil entre dans notre maison au moment où je faisais mes ablutions, et me dit qu’il souhaite partir dans les toilettes. Après avoir accédé à sa demande, il est parti pour revenir avec une dizaine de personnes. Ainsi, ils m’ont demandé mon ordinateur. Sur ce, je leur ai rétorqué que je ne dispose pas d’ordinateur. Ils ont insisté et m’ont conduit à bord de leur véhicule dans la chambre que j’avais prise en location. Ils ont perquisitionné la bas, ils n’ont rien trouvé. Et ils m’ont conduit à la Dic.

Juge : tu étais parti au Nigéria ?

Accusé : Oui, j’avais effectué ce voyage en compagnie de Cheikh Ibrahima Bâ et Mohamed Mballo/

Juge : Qui avait financé le voyage ?

Accusé : C’est Moustapha Diop pour que j’aille faire des études islamiques. Je l’avais rencontré dans la mosquée d’Arafat en Mauritanie où j’enseignais l’arabe. Il m’avait dit qu’il est étudiant en Arabie Saoudite. Je lui avais même dit qu’il y avait un conflit dans ce pays. Mais il m’avait convaincu en me disant si tu meurs là-bas, tu seras considéré comme un martyr comme celui qui est mort dans une noyade. Il m’avait remis 200 mille francs.

Juge : Tu n’étais pas parti pour faire le jihad ?

Accusé : Non.

Juge : Tu étais venu jusqu’ici chez toi avant de partir ou bien ?

Accusé : Oui, j’en avais même informé ma mère

Juge : Reviens sur votre itinéraire de voyage.

Accusé : J’avais pris un bus avec Cheikh Ibrahima BA à Pikine. C’est de là que j’avais fait la connaissance d’Ibrahima Mballo une fois à Kaolack. Arrivés à Diffa au Niger, j’ai appelé Moustapha Diop et des gens qui sont venus nous prendre à bord de deux motos. Le gars qui m’a supporté sur sa moto m’a amené au Nigéria, plus précisément à Abadame. Et une fois la-bas, je n’ai pas vu mes autres compagnons.

Juge : Une fois là-bas, qu’est-ce que vous faisiez comme activité ?

Accusé : Moustapha Diop exerçait comme activité la pêche. Et moi, je suis resté deux mois sans rien faire. Après, des gens m’ont pris pour m’amener à Fathoul Moubine. On m’interdisait de sortir ou de communiquer au téléphone avec ma famille. Et c’est là que j’avais su que l’endroit n’était pas idéal. Et les gens qui m’avaient reçu, ne s’exprimaient qu’en arabe.

Juge : Tu n’avais pas suivi une formation militaire?

Accusé : Non.

Juge : Est-ce ce que tu as dit à l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur en présence de vos avocats ?

Accusé : Non, je n’ai jamais suivi une formation militaire.

Juge : pourquoi donc le nom de Abu Zoubair ?

Accusé : C’est le nom d’un compagnon du prophète. C’est lorsque j’étais en première année à l’université que j’ai pris ce nom suite à une émission que j’avais écouté à la radio Dunya, où l’animateur parlait de son histoire.

Juge : Pourtant en présence de ton avocat, devant le magistrat-instructeur, tu avais dit que tu te réveillais à Fathoul Moubine tous les jours à 6 h du matin avec Abu Dardar et un autre, pour suivre une formation en techniques de tir en arme à feu.

Accusé : Non je n’avais pas dit ça.

Juge : Donc, pourquoi suite à cela tu es parti dans la forêt de Sambissa où il y’avait plusieurs batailles ?

Accusé : Je n’avais participé à aucune bataille.

Juge : Pourtant devant le magistrat-instructeur, tu avais dit tu avais participé et tu recevais après chaque bataille, ta part de butin.

Accusé : Non, je n’avais pas dit ça. Je travaillais dans l’agriculture pour gagner de l’argent.

Juge : Pourquoi donc tu n’étais pas rentré avec le premier groupe sénégalais ?

Accusé : Je n’avais jamais eu à rencontrer des Sénégalais là-bas. Ce sont les gens avec qui j’étais, qui me disaient qu’il y avait des Sénégalais sur les lieux.

Juge : As-tu rencontré le chef de Bokko Haram ?

Accusé: Non.

Juge : Tu connaissais Imam Alioune Badara Ndao?

Accusé : Oui. Mais je n’ai eu à le rencontrer qu’une seule fois et c’était lors d’une conférence à l’université. En ce moment, je faisais la première année. J’ai écoué son prêche, je suis rentré sans échanger avec lui.

Juge : Et imam Alioune Badara Sall ?

Accusé : Je le connais parce qu’on habitait le même quartier à Colobane Gouye Mouride

Procureur : Après votre interpellation chez toi à Rufisque et conduit à la DIc, on t’avait maltraité ?

Accusé : Non, je n’ai subi aucune sévice corporel.

Procureur : Et devant le magistrat-instructeur, tu as lu et signé le PV ?

Accusé : je l’avais signé mais je ne l’avais pas lu.

Procureur : Qui est Abibatou ?

Accusé : C’est lorsque j’étais à Sambissa qu’on m’avait proposé de me la donner en mariage. Mais comme je n’avais pas de l’argent, ils ont abandonné le projet.

Procureur : Tu avais dit aux enquêteurs que tu avais épousé une Nigériane du nom d’Abibatou

Accusé : Non, je n’avais pas dit ça.

Procureur : Devant les enquêteurs sur votre rapport avec Mouhamadou Moustapha Diop, tu avais dit que ce dernier t’avait convaincu depuis la Mauritanie d’aller combattre auprès de Daesh ou de Bokko Haram à travers ses prêches. Tu confirmes ?

Accusé : Non je n’ai pas dit ça. Il ne m’a jamais parlé de Jihad ou Bokko Haram. Il ne me parlait que de l’importance d’aller étudier.

Procureur : Devant le magistrat-instructeur, tu as dit que c’est Moustapha qui m’a influencé d’aller dans le fief de Bokko Haram jusqu’à combattre dans leurs rangs.

Accusé : Non, j’avais dit que c’est lui qui m’avait convaincu d’aller au Nigéria.

Procureur : Qui est Malang Idriss ?

Accusé : C’est le chef qui gère les check-points, là-bas.

Procureur : Tu avais dit que c’est l’un des animateurs du camp d’Abubacar ShaKau

Accusé : Non, j’avais dit au magistrat-instructeur que j’entendais parler de lui comme le 2e chef de Bokko Haram

Procureur : Tu avais dit que c’est Malang Idriss qui vous avez transporté à Fathoul Moubine et c’est lui qui vous aviez initié à la formation de maniement d’arme à feu. Tu l’avais dit devant l’enquêteur et réitéré devant le magistrat-instructeur ?

Accusé : Je n’avais jamais dit ça.

Procureur : Donc, tu confirmes que tu n’as jamais suivi une formation militaire.

Accusé : Oui.

Procureur : Après l’audition d’Ibrahima Diallo par le juge d’instruction qui a confirmé que vous avez suivi ensemble une formation miltaire, tu avais pourtant dit après au juge que tu mentais dans le but de le décharger. Tu as suivi la formation en technique de tirs de Kalachnikov en position debout et couché.

Accusé : Non, je n’ai jamais dit ça. Moi, je n’étais même pas là où les Sénégalais étaient installés. Ce sont les gens avec qui j’étais là-bas qui me disaientt qu’il y avait des Sénégalais sur les lieux.

Procureur: Tu avais dit que tu as dit aux enquêteurs que tu as eu à participer à cinq combats et tu recevais à chaque fois ta part de butin.

Accusé : Je n’ai jamais tenu de tels propos.

Procureur : Pourtant, tu l’avais réitéré devant le magistrat-instructeur et que vous receviez des chaussures et des vêtements après chaque attaque.

Accusé : Non, j’avais dit ceux qui participaient aux attaques. Moi, je n’ai jamais assisté au combat

Procureur : Mais là, le juge t’avait rétorqué comment vous pouvez avoir des vêtements et des chaussures dans des zones qui étaient bombardés par l’armée nigériane

Accusé : Je ne sais en tout cas j’entendais les combattants dire qu’ils se partageaient après chaque attaque les chaussures et les vêtements des victimes

Procureur : Pourquoi tu n’avais pas voulu rentrer avec la première vague de Sénégalais

Accusé : Je ne voulais pas toucher à l’argent que je voyais là-bas. C’est pourquoi j’avais pris la responsabilité de travailler en tant qu’agriculteur, pour rentrer en toute quiétude dans mon pays.

Procureur : Donc tu confirmes que tous tes compatriotes qui quittaient Bokko Haram, rentraient avec de l’argent

Accusé : Je ne peux pas confirmer ça. En tout cas, moi, je voulais être quitte avec ma conscience

Procureur : Tu n’avais pas dit aux enquêteurs que tu avais entendu que tes compatriotes qui étaient rentrés avec de l’argent, avaient pour mission d’instaurer une base djihadiste au Sud du Sénégal

Accusé : Je n’ai jamais dit ça. J’avais dit aux enquêteurs que c’était des rumeurs que j’entendais et que je n’y croyais pas

Procureur: Tu n’avais pas dit aussi aux enquêteurs que tu étais resté en contact avec les gens de Bokko Haram parce que tu voulais qu’ils croient que tu as adhéré à leur projet. Sinon ils sont capables de te tuer. Tu confirmes ?

Accusé : Non

Procureur : Dites-nous quels sont les Sénégalais qui sont morts là-bas ?

Accusé : ce que j’avais entendu à travers des rumeurs c’est Abou Ouraira, Al Amine, Cheikh Ibrahima Dieng….

Procureur : Tu ne connais pas Mohammad Ndiaye alias Abou Youssouph ?

Accusé : Non, je l’ai connu en prison.

Procureur : Tu avais dit que tu l’avais connu à Malika dans le Daara de feu Moussa Mbaye, au moment où vous prépariez votre voyage du Nigéria.

Accusé : Je n’ai jamais séjourné dans ce Daara avec lui.

Juge : Vous êtes revenus quand du Nigéria ?

Accusé : C’est deux semaines après mon retour que les enquêteurs m’avaient arrêté.

13 h 23 mn : l’audience est suspendue jusqu’à 15 h.

15 h 12 mn : Reprise de l’audience. Le juge rejette toutes les demandes de la défense.

Juge : pour ce qui est des demandes formulées ce matin par la défense. Par rapport à la première demande relative à la comparution de commissaire Ibrahima Diop et du Chef d’escadron Issa Diack, le tribunal rappelle que les procès-verbaux ne servent qu’à titre de simples renseignement. Vous pouvez faire confiance au tribunal. Pour la comparution du chef d’Etat-major des armées, le Général Cheikh Gueye, le tribunal ignore ses déclarations. En conséquence, le tribunal estime qu’il ne fait pas partir de la procédure. Pour ce qui est de la demande qui consiste à interdire aux journalistes de publier les débats d’audiences, le tribunal ne dispose pas de cette prérogative ni de ce pouvoir. Le tribunal s’oppose aussi de la demande de mise en liberté provisoire de l’accusée Marième Sow.

15 h 21 mn : Ibrahima Hann, marié, et père de cinq enfants, vendeur de bétails à Kaolack plus précisément Kabatotie

Juge : reviens sur les circonstances de ton arrestation.

Accusé : je faisais de la musique rap et je l’avais abandonné en 1999, avant même de connaitre imam.

Juge : quels sont tes rapports avec Moctar Diohané et ses épouses ?

Accusé : j’ai fait leur connaissance en prison

Juge : quel est votre conception du jihad ?

Accusé : pour moi le jihad c’est pour mes parents.

Juge : quelle était votre réaction suite l’arrestation d’imam Alioune Ndao ?

Accusé : j’ai juste envoyé un message à Saliou Ndiaye et à d’autres personnes pour leur dire de prier pour lui.

Juge : tu n’as jamais échangé au téléphone avec imam Alioune Ndao pour lui parler des « Mbooks » ?

Accusé : je discutais avec lui comme avec d’autres personnes sur la religion

Juge : il y’a une déclaration dans le dossier dans laquelle tu disais l’heure est arrivée pour que Sénégal reçois sa part.

Accusé : je n’ai jamais dit ça

Procureur : A la suite de l’arrestation d’imam Alioune Ndao tu n’avais pas appelé imam Seye et imam Baldé Accusé : Jamais

15 h 46 mn : Amy Sall née en 1988 épouse de Moctar Diohané à la barre

Juge : tu comprends les faits pour lesquels tu es poursuivi ?

Accusée : non.

Juge : revenez sur les circonstances de votre arrestation.

Accusée : C’est un jour du lundi que les enquêteurs m’ont trouvée chez moi à 5h du matin. Ils ont fouillé toute la maison ils n’ont rien vu.

Juge : pourquoi ils t’avaient trouvé chez toi et non chez votre mari

Accusé : En ce moment mon époux n’était pas là. Il m’avait juste dit qu’il allait chercher des « Mbooks » qui devraient venir

Juge : qu’est-ce que vous entendez par le mot « Mbokk »

Accusé : je ne sais pas pour moi tout musulman est un « mbokk »

Juge : il a passé combien de temps là-bas ?

Accusée : huit mois.

Juge : Vous communiquiez en ce moment par quel moyen ?

Accusée : par téléphone.

Juge : qui vous a installé l’application télégramme sur votre téléphone et pourquoi ?

Accusée : c’est Ibrahima Diallo alias Abu Omar et je ne sais pas pourquoi ce choix. Et c’était la première fois que je le voyais.

Juge : Combien de fois tu es parti à Kaolack ?

Accusée: Deux fois. La première fois c’était pour rendre visite à mon amie Rama Ba parce qu’elle était malade. La deuxième fois c’était pour rendre visite au fils de mon époux Abu Wahab

Juge : Tu connaissais Alioune Gueye le mari de Rama Ba ?

Accusé : oui mais on avait aucune relation particulière.

Juge : Rama ne t’avait rien dit sur lui ?

Accusée : non.

Juge : tu avais dit aux enquêteurs qu’il est mort en Lybie où il était parti pour faire le Jihad

Accusée : je n’ai jamais dit ça.

Juge : tu avais vu imam Ndao ?

Accusée : oui.

Juge
: ou se trouve votre co-épouse Maimouna Ly, la mère d’Abu Wahab

Accusée : je l’ignore.

Juge : tu ne savais pas que ton époux était parti au Nigéria

Accusée : c’est par la suite que je l’ai su.

Juge : A son retour il ne t’avait rien donné ?

Accusée : non.

Juge : il résulte de votre déclaration qu’il t’avait donné 500 euros

Accusée: non c’est Coumba Niang qui me l’avait donné et c’était pour aller se soigner

Juge: Combien de fois tu as eu à toucher à cet argent ?

Accusée: A par les 500 euros, c’est les 200 mille francs qui avaient servi à l’achat de mon portable

Procureur : pour toi c’est normal que ton époux voyage sans vous dire sa destination ?

Accusée : oui.

Procureur : à son retour qu’est ce qu’il t’avait dit ?

Accusée : je ne rappelle plus lequel des pays il m’avait dit entre le Niger ou le Nigéria

Procureur : tu n’avais dit aux enquêteurs que ton mari faisait partie de Bokko Harram ?

Accusée : non.

Procureur : tu ne savais pas qu’il avait amené beaucoup d’argent avec lui ?

Accusée : non.

Procureur : tu avais dit devant le juge d’instruction qu’il est rentré avec de l’argent qu’il vous a payé des matelas avec votre coépouse Coumba niang. Il a acheté une maison à Bambilor et c’est imam Alioune Badara Sall qui est chargé de la construction ;

Accusée : j’ignore l’existence de cette maison. En tout cas il nous avait acheté des matelas

Procureur : tu avais déclaré aussi en un moment donné Coumba a voulu vous confier l’argent lorsqu’elle a su que les enquêteurs étaient entrés de vous suivre et tu as refusé

Accusée : Coumba n’a jamais voulu me confier l’argent. Elle m’avait juste donné l’argent que j’avais remis à Ibrahima Diallo pour l’achat des téléphones

Procureur : pourquoi vous aviez quitté votre appartement à la cité Asecna ?

Accusée : Rien comme notre mari n’était plus là chacun est parti auprès de ses parents

Procureur : tu avais dit que vous aviez senti qu’une personne vous suivez dans vos moindres déplacements ?

Accusée : Oui mais ce n’était pas lié à ça.

Procureur : qui vous a informé de l’arrestation de ton mari au Niger ?

Accusée: c’est une femme dont j’ignore l’identité qui me l’avait annoncé par téléphone au moment de rendre à Kaolack chez imam.

Procureur : tu n’avais jamais communiqué sur l’argent avec votre époux par télégramme ?

Accusée : jamais.

Procureur : je fais vous faire écouter cet enregistrement extrait de votre téléphone où votre mari vous parlez de l’argent

Accusée: C’est la première fois que j’entends cet enregistrement.

Son avocat Me Bamba Cissé : je tiens à préciser monsieur le juge que l’authenticité de cet audio pose problème avant de poser des questions à ma cliente.

Me : A la fin de cet audio n’est-ce pas celui qui parlait Amy Sall a dit clairement rassure toi il n’y a aucun problème

Accusée : comme je viens de le dire c’est la première fois que j’entends cet audio.

Me : c’est quoi le terrorisme pour toi ?

Accusée : je l’ignore vraiment.

Me : est-ce qu’ en tant qu’épouse modèle vous trouvez normale de demander à ton époux où est ce qu’il a trouvé son argent ?

Accusée : non. Un conseil de l’accusé Alioune Badara Sall : je tiens à préciser au tribunal que mon client n’est pas imam comme le soutient monsieur le procureur. Il est ingénieur en génie civil et il s’appelle Alioune Badara Sall tout court

Juge : Oui pas de souci maitre

17 h 20mn : l’audience est suspendue jusqu’à demain.




Kady Faty Leral




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