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“99% des cas de grippe, s’ils étaient testés, seraient positifs” (Dr. Khardiatou Diallo Guèye, responsable du Cte de Fann)

Spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, Dr. Khardiatou Diallo Guèye fait le point de la situation au Cte de Fann, mais aussi sur la grippe qui sévit dans le pays, entre autres sujets abordés. Dans un entretien accordé à "L’As", elle estime qu’actuellement, 99% des cas de grippe, s’ils étaient testés au Covid-19, seraient être positifs.


Rédigé par leral.net le Mardi 27 Juillet 2021 à 14:06 | | 1 commentaire(s)|

 “99% des cas de grippe, s’ils étaient testés, seraient positifs” (Dr. Khardiatou Diallo Guèye, responsable du Cte de Fann)
Une épidémie de grippe sévit depuis quelques semaines dans le pays, selon vous, est-ce une grippe ou le coronavirus ?

Nous sommes au mois d’août et actuellement, il n’y a pas de grippe. Tout ce que l’on voit, ce sont des personnes atteintes de Covid-19. Personne ne fait de tests mais si on s’aventurait à faire des tests, 99% des cas allaient être positifs. Ce n’est pas une grippe, soit c’est le paludisme, soit c’est le coronavirus. Avec le mode de contamination, ce n’est pas le paludisme. Dans une maison, on peut voir 3 à 4 personnes tomber malades, c’est le Covid-19. Pour le personnel soignant, ceux qui viennent à l’hôpital, il faut leur dire que ce qu’ils présentent là peut être le Covid-19. Si tu vois leurs ordonnances, ce sont les médicaments contre la Covid qu’on leur prescrit alors qu’on leur a dit qu’ils ont la grippe. Il faut que le personnel soignant dise la vérité aux patients.

Comment peut-on différencier la grippe et le coronavirus, si l’on sait qu’ils ont les mêmes symptômes ?

Ils ont les mêmes symptômes, c’est pourquoi on ne peut pas faire la différence entre les deux. Actuellement, nous ne pouvons pas parler de grippe, car nous ne sommes pas en saison de grippe. Si ce n’est pas le paludisme dont le mode de contamination n’est pas aussi rapide, si quelqu’un présente ces signes, on doit lui faire un Tdr ou un Pcr. Ils ont les mêmes signes sauf que pour la Covid-19, il faut une détresse respiratoire avec une toux beaucoup plus accentuée. De plus en plus, il y a une augmentation des cas de contaminations et de décès et pourtant, la population ne semble pas prendre la maladie au sérieux.

Selon vous qu’est-ce qu’il faut faire pour qu’elle prenne conscience de l’ampleur de la maladie ?

La maladie est en train de faire des ravages et les chiffres que l’on donne sont en-deçà de ce qui se passe. Quand on vous dit qu’il y a 12 décès, c’est plus de 12, parce qu’il y a des décès qui se passent dans les maisons et dans les cliniques. Ces décès qui se passent dans les cliniques ne sont pas répertoriés, car le privé ne donne pas ses chiffres ; cela est un problème. L’autre problème est que même dans les structures sanitaires, dans les urgences, il y a des décès qui se passent là-bas avant que l’on ne fasse des tests, ou alors le résultat vient quelques jours après le décès du malade. Quand on parle de 10 décès, il y en a au moins 15. La population semble être insouciante ; il faut que tout le monde soit impliqué. Il faut plus d'implication communautaire pour que les choses puissent changer.

Quelle est la situation au Cte de Fann ?

Au Cte de Fann, nous avons des patients qui sont sous oxygène ; nous sommes pleins 24h/24. Quand on sort des patients guéris, il y a déjà des patients qui attendent. Quand on a un décès, il y a des patients qui attendent. Je ne me rappelle plus avoir un lit disponible. Nous avons fait une extension de 24 lits. On l’a fait le lundi à 18h et à 19h30, c’était plein ; pour vous dire que la situation est alarmante. Nous n’avons pas de malades qui ne soient pas sous oxygène. Maintenant, on ne prend que les cas qui sont sévères parce qu’ils sont en train d’attendre dans les structures sanitaires, dans les maisons et les cliniques. Des fois, quand le malade est stable, sans oxygène, on le libère pour qu’il continue le traitement à domicile. Nous en sommes là maintenant. La plupart des patients, ce sont des jeunes d’âge inférieur à 50 ans, jusqu’à 25 ans. Ce sont des jeunes qui n’ont pas été vaccinés. Nous avons aussi des personnes âgées qui n’étaient pas vaccinées.

Vu que vous n’avez que des patients qui sont sous oxygène, vous devez avoir un problème d’oxygène ?

Franchement pour le moment, nous n’avons pas de problème d’oxygène. Nous avons un renforcement en oxygène avec des racks ; depuis quelques temps, nous n’avons pas de problème d’oxygène. Même avec cette demande intense, nous n’avons pas un problème d’oxygène. Par ailleurs, il y a quelques jours, nous avons une rupture avec la vaccination. Il faut que les gens sachent que seule la vaccination associée aux gestes-barrières, pourra nous sortir de cette situation.






L'As



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