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À Gaza, où se réfugier? Les civils entre attente et crainte d'un nouveau déplacement

Rédigé par leral.net le Vendredi 29 Août 2025 à 09:29 | | 0 commentaire(s)|

L'armée israélienne intensifie ses opérations autour de la ville de Gaza. Le gouvernement israélien a ordonné qu'elle prenne le contrôle de la localité dans laquelle résideraient encore des centaines de milliers de personnes. Et les bombardements s'intensifient principalement dans le quartier de Zeytoun. Près d'un million de personnes pourraient être contraintes de se déplacer et des camps de réfugiés du centre de la bande de Gaza devraient aussi être évacués. Et si certaines sont déjà parties vers le sud de l'enclave palestinienne, d'autres ne savent pas où aller.


La foi leur permet parfois encore un peu d'espoir. Mais le départ, tous les habitants de Gaza sont aujourd'hui obligés de l'envisager. « Si Dieu le veut, nous pourrons rester à Gaza. Mais si nous avons un ordre de partir, nous partirons vers le sud. Mais nous ne savons pas où aller », témoigne ce père de famille au micro de Guilhem Delteil du service international de RFI, la voix éteinte après près de deux ans d'itinérance et presque autant de vie sous tente.

La même fatigue pour tous et des conditions de vie déplorables, caractérisées par un manque de nourriture et d'eau. Et le bruit incessant. Celui des chars, des bulldozers, des drones explosifs, écrit une jeune femme sur Facebook. Un bruit lourd de sens aussi, puisqu'il « tue le rêve de chacun de garder sa maison, celle où il espérait revenir », déplore-t-elle.

Dans l'attente d'un ordre d'évacuation

« J'attends mon tour », poursuit-elle. Son tour de devoir partir. Pour le moment, l'ordre d'évacuation n'est pas arrivé, mais elle sait qu'il viendra et elle s'interroge déjà : « Que vais-je emporter avec moi ? Mes vêtements ? Ou ce qu’il me reste de nourriture ? Peut-être que ces choses n’ont pas de valeur pour certains, mais j’ai peiné pour les obtenir, au prix de mille efforts. »

Partir pour où ? Partir comment ? Partir avec quoi ? Ces questions restent sans réponse pour beaucoup d'habitants. Alors, ils s'accrochent à ce dernier espoir. « Si Dieu le veut, cette guerre va s'arrêter. Ça suffit, c'est trop. »

Les Nations unies estiment que près de la totalité de la population a dû quitter son logement au moins une fois en près de deux ans en raison des combats et des bombardements. L'organisation estime à près d'un million de personnes la population actuelle du gouvernorat de Gaza, qui comprend la ville de Gaza et ses environs. À l'issue d'une visite de terrain, la directrice du Programme alimentaire mondial, Cindy McCain, a déclaré que la bande de Gaza, où sévit selon l'ONU une famine, est arrivée à un « point de rupture. »

Après avoir interdit en mars l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, Israël a autorisé en mai son retour, même si elle est jugée largement insuffisante par les humanitaires. L'offensive israélienne a fait au moins 62 966 morts dans ce territoire palestinien, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

RFI