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AFFAIRE DE L’INSTITUT SAINTE JEANNE D’ARC: Le Conseil national du Laïcat du Sénégal trouve révoltante et dangereuse la position du ministre

Le Conseil national du Laïcat du Sénégal apporte la réplique au ministre de l’Education nationale et à l’inspectrice d’Académie de Dakar, qui, avec empressement, ont condamné l’Institution sainte Jeanne d’Arc sans preuves. Le Conseil considère la position du ministre comme étant dangereuse et révoltante.


Rédigé par leral.net le Vendredi 10 Mai 2019 à 09:09 | | 0 commentaire(s)|

La polémique sur le port du voile à l’institution sainte Jeanne d’Arc est loin de s’estomper. Le débat a refait surface avec cette lettre épistolaire du Conseil national du Laïcat du Sénégal au ministre de l’Education nationale. Cette structure de l’église catholique prend fait et cause pour l’Institut Sainte Jeanne d’Arc et accuse le ministre de l’Education, Mamadou Talla d’avoir pris position, avec un empressement déconcertant, sur un débat dévoyé de son essence.

Le conseil explique le contexte dans lequel, l’institut a pris cette mesure qui alimente les débats. «Depuis un certain temps, les responsables de l’Institution ont observé des comportements et des pratiques «sectaires», en déphasage avec le caractère laïc de l’État du Sénégal et le vivre ensemble prôné en milieu scolaire. C’est ainsi qu’il a été relevé que certains élèves, identifiables à partir de leur port vestimentaire, se regroupent par affinité et se démarquent de leurs autres camarades. Ces comportements remettent en cause l’impossibilité de distinguer, de manière visuelle comme comportementale, (…) les différences de culture, de religion et de condition sociale entre les élèves», écrit le président du Conseil national Laïcat du Sénégal.

Pour eux, il n’est pas admissible de permettre dans les écoles privées catholiques, les tendances comportementales de certains élèves, consistant à refuser de serrer la main de leurs camarades et de leurs formateurs de sexe opposé, de s’asseoir à côté et sur les mêmes tables-bancs que leurs camarades de sexe opposé ou sur les mêmes bancs dans la cour de récréation, de faire l’éducation physique dans la tenue réglementaire de l’école, se faire suivre ou précéder immédiatement dans les rangs par des camarades de sexe opposé et porter strictement la tenue de l’école conformément au règlement intérieur.

A en croire le Conseil, de tels comportements ne correspondent ni à la laïcité de l’école, ni au vivre ensemble, ni aux valeurs chrétiennes qui fondent l’enseignement privé catholique. C’est cette attitude des élèves qui a motivé les mesures correctives parmi lesquelles l’uniformisation du port de l’uniforme de l’école. « Par égard pour les parents, les responsables de l’Institution ont initié une démarche d’information et de dialogue, pour les avertir des modifications qui interviendront à partir de l’année scolaire 2019-2020. En réponse, un groupe réduit de parents d’élèves a cru devoir établir un rapport de force avec l’administration, à travers une campagne de désinformation», regrette le président du Conseil.

L’inspectrice d’Académie de Dakar vouée aux gémonies

L’inspectrice d’Académie de Dakar qui a mené l’enquête, est sévèrement tancée par le Conseil national du Laïcat. «C’est dans ce contexte que l’Inspectrice d’Académie de Dakar s’est présentée à l’Institut, sans prévenir, ignorant que son interlocutrice directe devrait être la Direction diocésaine de l’Enseignement catholique (DIDEC). Malgré l’attitude inacceptable de l’inspectrice, qui a démontré son incapacité à observer la neutralité, l’impartialité et surtout l’obligation de respect qui sont attachées à son rang, les responsables de l’institution Sainte Jeanne D’Arc ont consenti à répondre à sa convocation le 3 mai», lit-on dans la lettre.

Dans son propos liminaire, regrette le Conseil, elle a indiqué que la proportion majoritaire des musulmans au Sénégal fait que toutes les femmes devraient être voilées. «Ayant ainsi annoncé la couleur, l’ensemble de l’entretien fut mené, en compagnie de ses collaborateurs, avec un parti pris surprenant pour des fonctionnaires d’un État laïc. Cette autorité académique a ainsi promis de faire céder l’Institut comme elle a déjà réussi à le faire dans une situation similaire à Saint-Louis», dénonce le président.

Par ailleurs, le Conseil national du Laïcat du Sénégal renseigne que l’objectif de l’uniforme est au-delà de la décence recherchée dans le port vestimentaire, est de mettre l’accent sur l’apprentissage et la cohésion dans le milieu éducatif en réduisant à leur plus simple expression toutes les conséquences perverses des différences de statut social, de moyens financiers, d’orientations religieuses et culturelles, etc. Pour eux, le respect scrupuleux de l’uniforme réglementaire d’une structure n’est donc pas, en soi, facteur d’une rupture du principe de laïcité au Sénégal.

«Votre posture (ministre Education, Ndlr) est révoltante et dangereuse»

Au ministre de l’Education national, le Conseil national du Laïcat du Sénégal reproche d’avoir indexer d’emblée des « actes discriminatoires d’ordre socio-culturel qui se manifestent de plus en plus dans l’espace scolaire », en les imputant insidieusement à cette institution privée catholique. « Si les adeptes du charlatanisme médiatique pouvaient réduire leur verbiage subversif et faire valoir des actes concrets de cette nature, les Sénégalais ne s’en porteraient que mieux. C’est dire que l’Église n’a aucune leçon à recevoir en matière de respect de la liberté de conscience, de services rendus aux citoyens et de promotion du vivre ensemble», fustige le Conseil.

Il condamne la réaction épidermique du ministre, Mamadou Talla, qui jette dangereusement en pâture une institution privée catholique, dont la préoccupation a juste été de faire respecter les valeurs chrétiennes qui la fondent et, au-delà, les principes constitutionnels d’égalité, de liberté, de respect mutuel. «En invoquant la loi d’orientation n°91-22 du 30 janvier 1991, vous taisez, à dessein, les dispositions de l’alinéa 2 de son article 4 nées de la modification de ladite loi (…) qui indique : «au sein des établissements publics et privés d’enseignement, dans le respect du principe de la laïcité de l’Etat, une éducation religieuse optionnelle peut être proposée. Les parents choisissent librement d’inscrire ou non leurs enfants à cet enseignement»», rappelle le conseil.

Selon le conseil national du Laïcat du Sénégal, la tutelle n’a pas eu la témérité de reprendre des instituts privés confessionnels agréés par son ministère et qui, au vu et au su de sa soudaine autorité, n’offrent de conditions pour s’y inscrire que la seule obligation de se couvrir la tête, en raison des convictions religieuses qui sont les leurs.

Le Conseil n’est pas ébranlé par la menace à peine voilée de fermeture de Sainte Jeanne D’Arc

Le Conseil dit à qui veut l’entendre que la ni la menace à peine voilée de fermeture de l’Institution Sainte Jeanne D’Arc, ni les appels au retrait d’élèves des établissements catholiques, lancés par des quidams apostats en perte de repères dans leur propre confession, ne les ébranlent. « Nous exprimons notre ferme détermination à les (Ecoles privées catholiques) assister dans l’opérationnalisation effective de toutes les mesures tendant à instaurer ou restaurer les principes constitutionnels et les valeurs de l’Église dans leur règlement intérieur. (…) Le laïcat catholique, imbu des principes du dialogue, de la concertation et de la paix, demeure ouvert à prospecter toute voie d’apaisement, pour l’intérêt exclusif des populations que sert l’Église», affirme le Conseil.






( Toutinfo.net avec Ousseynou BALDE )



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