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Allocution de Me Sidiki KABA, MAESE à l’occasion de l’élection du Sénégal à la présidence du Conseil des droits de l’homme

Genève, le 03 décembre 2018. Allocution de Son Excellence Maître Sidiki KABA, Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur à l’occasion de l’élection du Sénégal à la présidence du Conseil des droits de l’homme,


Rédigé par leral.net le Mardi 4 Décembre 2018 à 09:02 | | 0 commentaire(s)|

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Distingués délégués,
Mesdames et Messieurs,
C’est un honneur autant qu’un plaisir de m’associer à vous à l’occasion de cette session organisationnelle du treizième cycle du Conseil des droits de l’homme qui voit mon pays, le Sénégal, accéder à la présidence de cette prestigieuse Institution du système des Nations-Unies, au titre de l’année 2019.
Ce choix confirme, dans ce qu’il a de plus essentiel, la vision politique et l’action de Son Excellence Monsieur Macky SALL Président de la République du Sénégal en faveur de la promotion des valeurs que nous chérissons tous et qui ont pour nom, la promotion et la protection des droits de l’homme, la consolidation de la démocratie et le respect de l’Etat de droit. En effet, il place la dignité humaine au cœur de son projet de gouvernement.
Mesdames et Messieurs,
Je suis d’autant plus honoré que cette consécration fait suite à la brillante élection de mon pays à cet important Organe le 16 octobre 2017, à New York, fort de la confiance de 188 Etats Membres sur 193.
Voilà pourquoi, je souhaiterais, au nom de Son Excellence Monsieur Macky SALL Président de la République, du Gouvernement et du Peuple sénégalais, vous exprimer mes plus sincères et chaleureux remerciements.
Aussi voudrais-je saisir cette heureuse occurrence pour témoigner ma reconnaissance fraternelle aux pays africains qui ont bien voulu endosser la candidature sénégalaise pour la présidence de cet auguste Conseil des Droits de l’Homme.
Cette élection intervient exactement cinquante (50) ans après la première présidence sénégalaise de la Commission des droits de l’homme, ancêtre de notre actuel Conseil des droits de l’homme.
Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et les droits de l’homme se sont positionnés comme une pièce maitresse dans le système des Nations unies. L’Afrique, naturellement, a apporté sa contribution décisive et multiforme à l’élaboration des normes internationales relatives aux droits de l’homme, à la promotion desdites normes et au fonctionnement des mécanismes de défense des droits de l’homme.
C’est la raison pour laquelle le Sénégal, qui a reçu l’endossement de l’Afrique pour assurer la présidence du Conseil des droits de l’homme, envisage avec d’autres pays d’organiser à Genève, en marge de la 40ème session du Conseil en février-mars 2019, un évènement parallèle qui portera sur la contribution de l’Afrique à l’émergence et à la consolidation des droits de l’homme dans le système des Nations unies.
En effet, l’Afrique, plus que jamais, restera mobilisée pour que le mouvement des droits de l’homme puisse continuer avec ardeur et détermination sa courageuse marche pour les idéaux de justice et d’égalité pour tous. 
Nous sommes conscients que cette présidence sénégalaise du Conseil des droits de l’Homme pour l’année 2019 s’accompagne d’une responsabilité considérable, celle de contribuer à l’entreprise collective de renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité, sous le prisme de la promotion et de la protection des droits de l’homme.
Soyez convaincus, Mesdames et Messieurs, qu’en étroite synergie de pensée et d’action avec l’ensemble des parties prenantes (Etats membres, observateurs, représentants d’ONG…), mon pays ne ménagera aucun effort sur le plan politique et diplomatique pour relever ce noble défi et se hisser à la hauteur de la considération que vous avez bien voulue lui témoigner.
Mesdames et Messieurs,
La question prééminente et transversale des droits de l’homme requiert une attention et des efforts constants et concertés, tant de la part des acteurs nationaux qu’internationaux, des entités étatiques que non étatiques.
L’étroite imbrication notée entre la problématique de la promotion et de la protection des droits de l’homme et celle inhérente aux enjeux de paix, de sécurité et de développement durable est aujourd’hui indéniable.
En tout état de cause, les nombreux enseignements tirés des expériences passées combinés aux réalités nationales et internationales actuelles permettent d’en asseoir la ferme conviction.
Les effets de ces interactions sont d’autant plus manifestes que les actes de violations des droits de l’homme, en sus des dommages multiformes qu’elles causent à leurs victimes sur le plan individuel, ont des conséquences significatives à l’échelle globale, en tant que vecteurs de tensions et de haines qui font le lit de l’instabilité et de l’insécurité.
Dès lors, il nous semble primordial de maintenir la mobilisation, principalement autour de trois axes :
  • Travailler à rendre effectif le caractère universel, inaliénable, indivisible et interdépendant des droits de l’Homme ;
  • Œuvrer au renforcement de la place des droits de l’homme dans l’action des Nations Unies pour la réalisation d’un développement et d’une sécurité durables ;
  • Renforcer davantage la coopération entre le Conseil des droits de l’homme et l’Assemblée générale des Nations Unies, notamment, sa troisième Commission.
 
Mesdames et Messieurs,
C’est fort de cela que la 5e édition du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, tenue les 5 et 6 novembre 2018 autour du thème « Paix et sécurité en Afrique : enjeux de stabilité et de développement durables », a choisi de replacer la problématique des droits de l’homme au cœur de l’action de la communauté internationale.
Permettez-moi à ce niveau, avant de poursuivre, de magnifier l’action du Conseil des droits de l’homme au regard des initiatives ambitieuses et résolues entreprises dans le sens de l’amélioration continue de la situation des droits de l’Homme partout à travers le monde.
C’est le lieu de féliciter chaleureusement le Président sortant pour le brio avec lequel il a présidé à nos travaux et de remercier sincèrement le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme ainsi que l’ensemble du personnel du Conseil pour leur engagement constant pour le triomphe de la cause des droits humains.
En effet, à l’heure où les défis sécuritaires, la crise du multilatéralisme, la gestion des flux migratoires, l’accélération des changements climatiques, obscurcissent l’avenir de l’humanité, il est crucial que le Conseil des droits de l’homme reste un espace d’espoir, de dialogue et de coopération.
Espoir pour toutes les populations du monde !
Dialogue entre ses membres !
Coopération entre les Etats et tous les autres acteurs de la communauté internationale, la société civile, les défenseurs de droits de l’homme !
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de rappeler trois vérités :
  • Il n’y a pas de développement sans paix ;
  • Il n’y a pas d’Etat de droit sans sécurité ;
  • Il n’y a surtout pas de démocratie sans le respect des droits de l’homme.
Vous avez vu, il y a un lien organique, indissoluble, indestructible entre Paix, Développement, Sécurité et droits de l’homme. C’est le socle sur lequel le Président Macky SALL a bâti sa vision du Plan Sénégal Emergeant (PSE), au centre de son projet de construction d’une société démocratique, économique, culturelle et sociale.
Au Sénégal on dit :
« Niit, Nitay Garabam »
Ce qui signifie en wolof, l’homme est le remède de l’homme.
Je voudrais vous rassurer que le Sénégal s’engage à travailler au bonheur individuel et au bonheur collectif des peuples, garant de la paix et de la stabilité de notre monde si troublé par les périls qui le menacent, à savoir, le terrorisme, l’extrémisme violent, l’immigration illégale, le trafic d’êtres humains et d’armes, les changements climatiques etc...
Ce travail pluridimensionnel nous engage à défendre les valeurs du multilatéralisme, donc, du respect de la règle de droit, de la confiance entre les Etats, de la solidarité entre les peuples et du respect mutuel entre les nations pour la construction d’un monde de paix et en paix où chacune et chacun pourrait avoir droit au bonheur dans son propre pays et partout dans le monde, et à la réalisation effective de son espoir d’un monde meilleur et équitable.
 
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais vous dire que le Président Macky SALL me charge de vous rassurer que le Sénégal ne ménagera aucun effort pour instaurer un climat de confiance, une méthode de dialogue et un esprit de coopération pour un respect universel des droits de l’homme
Le Sénégal compte sur vous pour qu’ensemble, nous relevions les nombreux et difficiles défis que nous avons la responsabilité de surmonter.
Dans cette perspective, vous pouvez, aussi compter sur le Sénégal.
Je vous remercie de votre attention.



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