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Appel de Ousmane Sonko et tendances vers un pays ingouvernable : Abdou Mbow crache ses vérités

Exhumer les Unités de Vigilances Opérationnelles crées en 2011 et qui dorment encore, c’est ce que propose le député Abdou Mbow et porte-parole adjoint, aux responsables de son parti et de la mouvance présidentielle, pour faire face à Ousmane Sonko et à ses inconditionnels. Dans un entretien qu’il nous a accordé au retour d’une mission qui l’a mené à Saint-Louis pour le compte de l’Apr, il appelle ces derniers à faire face à Ousmane Sonko et à ses hommes, même si c’est l’Etat qui détient les moyens publics. Le porte-parole de l’Alliance pour la République jure qu’ils répondront politiquement présents parce que «Sonko est un homme dangereux». Abdou Mbow qualifie d’ailleurs, sa déclaration«de très irresponsable, un appel à la haine, à la discrimination, à la violence». "Les Echos"


Rédigé par leral.net le Mardi 24 Janvier 2023 à 11:10 | | 9 commentaire(s)|

Les Echos : Vous étiez hier à Saint-Louis pour la vente des cartes. Que peut-on retenir de cette mission ?

Abdou Mbow : Depuis plus d’un mois, le Secrétariat éxécutif de l’Apr a décidé de lancer la vente des cartes de notre parti sur toute l’étendue du territoire national. Mais aussi au niveau de la diaspora. Et nous avons pour objectif, dans un premier temps, de placer 1.500.000 cartes. Comment ça se passe ? Le Secrétariat exécutif national sous l’égide du président de notre parti, le camarade Macky Sall, a désigné des superviseurs dans toutes les 14 régions, dans tous les départements. Aujourd’hui, le plus important, c’est de travailler à asseoir les bases de notre parti avant de parler de la coalition.

Pour aller à des élections, il faudrait avoir des militants déterminés, aller sur le terrain. Il ne s’agit pas de dire qu’on va gagner les élections sans pour autant se préparer, expliquer aux populations ce que le Président Macky Sall et son régime ont réalisé dans ce pays, sur tous les plans : éducation, santé, agriculture, social….

Est-ce que vous ne mettez pas la charrue devant les bœufs quand on sait que jusqu’ici Macky Sall est aphone sur sa candidature?

La question n’est pas autour de la candidature de Macky Sall. Cette question, nous l’avons dépassée, parce que le Président Macky Sall lui-même a dit que le moment venu, il se prononcera. Nous travaillons à ce que Benno Bokk Yakaar puisse gagner les élections en 2024. Des élections pour les gagner, il faut aller sur le terrain, mobiliser les troupes, parler aux populations. Cette question de candidature n’intéresse que ceux qui sont aujourd’hui dans l’opposition et qui ne souhaitent qu’une chose : polluer le débat.

Vous avez entendu la déclaration faite avant-hier par le leader de Pastef, que vous inspire cette posture de l’opposant ?

D’abord, je voudrais m’indigner des propos irresponsables tenus par Ousmane Sonko. C’est un appel à la haine, à la discrimination, mais aussi à la violence à l’égard même du Sénégal et des Sénégalais. Ousmane Sonko a quand même été député dans le passé et, est aujourd’hui maire d’une commune. Il ne doit pas tenir ces genres de propos. C’est prétentieux de penser qu’on peut déstabiliser ce pays. Quand Ousmane Sonko va jusqu’à dire : ‘’Ce sera la vie de Macky Sall ou la mienne, c’est parce que cette personne est dangereuse pour ce pays. Je lance un appel solennel à toute la jeunesse sénégalaise de ne pas suivre ces aventuriers. C’est vrai que l’Etat fera son travail, parce que c’est l’Etat. Mais sur le plan politique, nous répondrons présents. On sera sur le terrain. Pas pour répondre à la provocation, mais pour expliquer et travailler à ce que la paix puisse continuer à être de mise dans ce pays. Je demanderai à tous les responsables de l’Apr, en l’occurrence, les jeunes, de redynamiser ce qu’on appelait les U.V.O ; les Unités de Vigilances Opérationnelles qui sont des unités composées de jeunes républicains, qui vont tout faire pour défendre la République, partout où l’appel du devoir se fera sentir. Nous n’allons pas provoquer ni prôner la violence, mais nous allons travailler à préserver la République.

Vous êtes en train de donner raison à Alioune Tine qui disait que l’on va vers une guerre civile. Non ?

Du tout. C’est en 2011, quand nous étions oppressés, malmenés par le régime de Wade, que nous avions mis sur pied les U.V.O dont je parle. C’était pour défendre la République. Pas avec des armes pour faire la guerre. Non. Dieu a fait que notre leader est le président de la République du Sénégal. Dieu a fait aussi que c’est un républicain. Nous travaillerons donc en utilisant la force des arguments pour défendre la République. On va aller vers les jeunes pour les sensibiliser et travailler avec eux, pour qu’ils ne servent pas à ces aventuriers de boucs-émissaires, de boucliers humains. Mais pas pour nous battre ou quelque chose de ce genre. Nous sommes des républicains et nous travaillerons à défendre cette République.

Ne pensez-vous pas que l’Etat doit lever le pied et classer l’affaire Adja Sarr/Ousmane Sonko, tout simplement… ?

Je ne vois pas pourquoi Ousmane Sonko, qui a maille à partir avec la justice, doit avoir un dossier classé. Pourquoi ? Nous sommes dans une République et nous sommes tous égaux devant la loi. Ousmane Sonko a été accusé de viol ; lui-même a réclamé urbi et orbi un procès, pour que tout soit clair. Pourquoi aujourd’hui, il veut ne plus aller au procès ? Que s’est-il passé entre-temps ? C’est une question qu’il faut se poser. La justice doit aller jusqu’au bout pour élucider cette affaire, parce que c’est une citoyenne qui a porté plainte contre Ousmane Sonko, pour viol. Ce sont des faits graves et je suis de ceux qui pensent que cette affaire doit être élucidée.

Selon Ousmane Sonko en tout cas, le pouvoir veut l’empêcher de participer à l’élection de 2024

Ce ne sont que des déclarations et des déclarations de Ousmane Sonko sont ce qu’elles sont. C’est quelqu’un qui dit le jour une chose et la nuit, le contraire. C’est un homme contradictoire qui ne dit jamais la vérité et qui est dangereux pour la stabilité de ce pays. mais, qu’il se le tienne pour dit : nous n’allons pas le laisser faire.

Pour la préservation de ce pays, nous travaillerons à ce que ce régime puisse être perpétué. Je finirai pour dire, par rapport à cela, qu’Ousmane Sonko et ses ouailles se le tiennent pour dit : nous n’allons pas nous réfugier derrière la force publique pour empêcher qu’ils puissent arriver à leurs fins.






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