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Après le 16 février 1994, les émeutes de l’électricité en 2011, les services de renseignements en mode Off, le 8 février 2021

Et de trois ! Dakar en feu ces 8 et 9 février après la convocation du député Ousmane Sonko par la Section de Recherches. Pourtant, après les émeutes du 16 février 1994 qui se sont soldées par la mort de 6 policiers, celles dites de l’électricité en juin 2011, les Sénégalais avaient espéré ne plus revoir des images de ce genre. À juste titre, car depuis son arrivée au pouvoir, le Président Macky Sall a énormément investi dans la sécurité et la défense nationales. Dakar qui est quadrillée par des centaines de caméras de surveillance sans compter les services de renseignement, a failli basculer dans le chaos comme si les renseignements étaient en mode Off.


Rédigé par leral.net le Jeudi 18 Février 2021 à 15:39 | | 0 commentaire(s)|

Les leçons du passé n’auront pas servi à grand-chose ou bien, certains ont préféré « regarder » ailleurs pour prendre le leader de Pastef à défaut. Toujours est-il que l’État doit revoir ses priorités en matière de sécurité entre une traque présumée de terroristes ou djihâdistes qui emploie la quasi totalité des effectifs de la police et de gendarmerie et, l’envoi des personnels dans des missions soit onusiennes soit dans le cadre de la coopération bilatérale (Gambie et Guinée-Bissau).


Personne ne comprend pourquoi après l’appel à la résistance lancée par Ousmane Sonko le 7 février lors de son point de presse, qu’aucune disposition sécuritaire préventive n’ait été mise en place pour éviter ce qui s’est passé le lundi. Pourtant, même un profane aurait compris qu’avec le Covid-19 ou plutôt l’état d’urgence assorti du couvre-feu qui a participé à appauvrir les populations mais surtout, à réduire les libertés, l’occasion était trop belle pour certains de casser pour extirper le malaise profond imposé par le gouvernement, responsable de la gestion calamiteuse de la pandémie.

Avec l’arrestation au début du mois de février de supposés Djihadistes à la frontière avec le Mali, les renseignements ont plus investi dans la traque des barbus et non des jeunes impactés par un chômage chronique et qui ont encore leurs dents de lait, armes de destruction massive.

Depuis l’avènement du président Macky Sall au pouvoir, coïncidant avec l’invasion du Nord Mali, le Sénégal semble avoir opté pour une prévention tous azimuts dans la lutte contre le Terrorisme. Des procès pour apologie du terrorisme se sont même tenus avant de se révéler comme de véritables pièces de théâtre. Début février, l’information selon laquelle des Djihadistes auraient été arrêtés vers le Mali n’est pas nouvelle qui transparaît depuis 2015 au moins, épisodiquement. Assez, pour que les services de renseignements ne relèvent même pas l’appel lancé par le député Ousmane Sonko, qui en dénonçant le complot politique qui le visait, a fait appel à ses partisans pour apporter une résistance à l’injustice.

Les événements des 8 et 9 février derniers avec les troubles de l’ordre public, rassemblement non autorisé en cette période de Covid-19 et destruction gratuite de biens d’autrui, a révélé une nouvelle génération épousant non point tant les théories absentes d’un Leader comme Abdoulaye Wade des années auparavant, que défiant une autorité qui a trop tiré sur la corde de l’intimidation et du viol des droits individuels et collectifs des Sénégalais depuis 2012.


Ce ballon de sonde n’a cependant pas la même ampleur sociale que l’affaire de mœurs Sonko-Adji Sarr, une bénédiction qui tombe d’autant du ciel, que Ousmane Sonko a manqué de vigilance en se rendant dans un salon de massage sans envergure, relevant plus de l’informel que de la stratégie politique ; il est vrai que les plus grands caïds ont parfois un harem.

Les événements de 8 et 9 février dernier renvoient donc nos services de renseignements à leurs devoirs et mettent à nu leur faible niveau de technicité

Le pouvoir aura beaucoup de difficultés à convaincre de sa bonne foi dans l’affaire Sonko, privée au demeurant. Moins parce que les faits ne sont pas avérés que parce qu’il a abusé de situations pareilles pour pousser à la roue ; tant va la cruche à l’eau…

Ces incidents des 8 et 9 février posent par ailleurs le problème de l’efficacité de services de renseignements qui se sont laissés doubler par des jeunes apparemment mieux préparés, qui étaient à l’accueil avec toute l’armada nécessaire : pierres, briques, lance-flammes, etc…

Et c’est dommage : dans l’histoire de ce dépit amoureux, Macky Sall avait suscité un tel espoir que c’en fut une surprise générale en 2012 ; aujourd’hui, l’espoir est en train de pourrir aussi de l’autre côté : Ousmane Sonko a versé dans une légèreté inacceptable pour ce qu’il est, pour ce qu’il représente, pour l’offense qu’il fait au peuple sénégalais avec trois faits qui seuls doivent être relevés à ce stade-ci : il s’est dans l’endroit indiqué, il s’y est enfermé avec une ou plusieurs personnes, une de ces personnes a porté plainte en produisant ce qu’elle prétend être ses preuves biologiques ; tout le reste devient de la spéculation : exploitation ou pas de l’incident, accusation contre Macky Sall, appel à la veille militante avec les douloureuses conséquences que l’on sait.

A trop scruter la paille dans l’œil de terroristes présumés, les services de Antoine Félix Abdoulaye Diome ont mis à nu leur ministre qui n’ont pas vu la poutre qui leur barrait la vue : il est clair aujourd’hui que les Djihadistes et leur armada et les services de renseignements font vieux jeu devant les réseaux sociaux plus structurés, plus légers, touchant à la seconde même tous les coins du monde, jusqu’au Japon, pour lancer un mot d’ordre facile à exécuter : être partout en même temps sans se déplacer, sans déplacer quoi que ce soit, être visible sans être vu, dire sans parler… et imiter la sagesse du Christ : « Que ceux qui n’ont jamais pêché () jettent la première pierre », comme disait naguère Tidiane Kassé, en 1983, en revenant de la Casamance : « Xeer du jai Printania ».



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