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Arriva la disruption ! Moussa Diop, Ingenieur en Télécom

Le secteur des télécoms a été marqué ces 10 dernières années par de fortes mutations, qui ont fini d’installer le modèle économique des opérateurs Télécoms dans une impasse.


Rédigé par leral.net le Jeudi 6 Mai 2021 à 01:01 | | 0 commentaire(s)|

Arriva la disruption ! Moussa Diop, Ingenieur en Télécom
En effet, avec la révolution numérique ( arrivée de la 4G, 4G+ et 5G ), l’explosion des usages des consommateurs, l’avènement de nouveaux acteurs du Digital de plus en plus agressifs, avec des capacités d’innovation sans limite, la forte demande d’abondance du marché, ont mis ces opérateurs historiques dans un besoin impératif d’investissement, afin de faire face à tous ces enjeux et de permettre une fourniture de réseaux modernes, avec des capacités d’écoulement du trafic trop importantes.

Les investissements visent également un besoin d’adapter les réseaux classiques à de nouveaux usages accompagnant la révolution digitale (vidéo, streaming, télémédecine, téléenseignement, robotique … ) et la nécessité d’être des entreprises à responsabilité sociétale entière, par la préservation de l’environnement et le développement et l’utilisation des énergies dites propres.

A cette situation s’ajoute un environnement concurrentiel très agressif et une pression réglementaire très forte.

Dès lors, se réinventer devient plus que jamais un instinct de survie que pas mal d’entre eux auront très tôt compris et les stratégies les plus courantes étaient axées sur la croissance géographique des périmètres d’activités, le développement de services à valeur ajoutée, l’adoption de nouveaux métiers, et le Mobile Money ou le mobile Banking.

Force est de reconnaître qu’après plusieurs années encore, la situation des opérateurs télécoms ne connait pas d’embellie véritable, mais présente encore et encore de nombreuses menaces, avec parfois des décroissances de chiffre d’affaires et de rentabilité rétrécie, ne permettant plus de dégager un niveau de profit à la hauteur des attentes de leurs actionnaires.

En face, c’est plutôt l’émergence de nouveaux acteurs du digital, avec des organisations légères, une agilité naturelle, offrant des services qui facilitent la vie des populations au quotidien, avec une capacité effarante d’innovation. Ces entreprises créent beaucoup de richesses pour leurs actionnaires et attirent la plupart des investisseurs. Ils se positionnent dès lors en Leaders au niveau des bourses de valeur et commencent à reléguer au second rôle, les entreprises télécoms, qui faisaient jusqu’ici les choux gras du secteur financier.

Se réinterroger redevient un impératif pour non seulement survivre mais aussi, repositionner ces entreprises au cœur de l’écosystème numériques, en leur garantissant une rémunération juste et à la hauteur de leur niveau de contribution.

Il est certes avéré que les nouveaux acteurs créent une forte émulation dans le secteur par le développement des usages, mais force est de constater que l’usage à grande échelle de leurs services, reste tributaire du réseau des opérateurs, ayant à leur compte la base clientèle par des investissements sur la couverture réseau, son exploitation et sa maintenance pour y garantir un niveau de qualité de service, la mise en place d’équipes marketing et commerciales pour recruter ces clients et enfin, la mise en place de services clients pour répondre à toutes leurs sollicitations.

Une réponse adéquate à chacune des interrogations qui sont soulevées ci-après, permettrait, à notre humble avis,aux entreprises télécoms, de se repositionner de manière confortable dans cet écosystème, garantir leur pérennité tout en poursuivant leur mission de service public, mais également, de garantir la souveraineté de nos Etats faisant face à des enjeux sécuritaires et de développement.

1. Croissance externe serait-elle encore une bonne option ?
2.
Possible de dire oui. Cependant, un certain nombre de facteurs à risque doit être analysé et l’absence de garantie de maîtrise de ces risques peut amener à renoncer tout bonnement à une telle option. Entre autres risques :

• L’instabilité politique et sociale des pays
• L’émergence de nouvelles forces favorables à un patriotisme économique, tendant à préférer des entreprises locales aux entreprises dites étrangères
• Les environnements réglementaires et fiscaux qui souvent plombent la rentabilité de telles opérations
• Roll Back de telles opérations souvent périlleux

3. Ne faudrait pas repenser les organisations classiques ?
Il est évident que l’évolution de la technologique, l’avènement du digital et des réseaux sociaux, nous imposent forcément de nouvelles compétences, une nouvelle manière de fonctionner ou de collaborer, une nouvelle façon de communiquer et une très bonne capacité d’anticipation, d’innovation mais d’accélération, pour développer ses parts de marché et assurer la création de richesse pour l’entreprise.

4. Le marketing classique serait-il encore adapté ?
5.
Les solutions classiques des opérateurs continuent de peser lourd dans la configuration de leur chiffre d’affaires, mais aussi dégagent encore un niveau de rentabilité supérieur aux solutions dites relais de croissance. Cette situation est, en effet, le risque majeur encouru par ces mêmes opérateurs, qui lâcheraient difficilement cette aubaine au profit des relais de croissance. Ainsi, on constate facilement, malgré le fait que les opérateurs soient convaincus de la nécessité de se diversifier, que l’essentiel de leurs ressources reste mobilisé autour de ces sources de revenus dites classiques ( compétences marketing, ingénierie, force de vente et service client et budget ). Une partie plus infime est dédiée aux relais de croissance, freinant ainsi leur développement.

Le risque provient du fait que ces sources classiques ont atteint un niveau de maturité qui les amènerait vers une décroissance, pour ne pas dire de décadence. Perte de trafic international, communication essentiellement à partir des réseaux sociaux, demande forte du marché pour plus d’abondance à prix réduit, guerre de positionnement entre concurrents qui se traduit par une guerre des prix, limites en capacité réseau pour faire face à une explosion de trafic data.

Quelle que soit la stratégie marketing adoptée pour vendre de la voix ou des données, les solutions convergent vers le simple fait de louer une capacité à un client de manière illimité ou temporaire, à des tarifs qui garantissent une rentabilité et sous contrainte des capacités d’écoulement des réseaux.

De se poser dès lors une question toute simple : ne faudrait-il pas confier la monétisation aux acteurs réseau qui connaissent mieux les coûts, les capacités techniques offertes et les usages à développer.

Cette solution aura l’avantage de libérer toute l’intelligence marketing pur et vente, à consacrer entièrement au développement des nouveaux services (relais de croissance, nouveaux métiers, services à valeur ajoutée) avec un objectif de générer suffisamment de cash pour améliorer le rendement de nos ressources réseaux. La location d’une capacité réseau à un client, quelle qu’en soit la forme (PASS, illimix, illimax, illiflex, Forfaits Buur, ou Broadband ), est à portée des équipes techniques qui seront accompagnées par une interface de prise de commande ( physiques ou en ligne).

6. Filialisation ou pas des nouvelles filières
Agilité, innovation et anticipation demeurent un impératif pour rester compétitif face aux GAFA .

Les modèles qui ont le plus résisté avec l’avènement du mobile, sont ceux qui ont été géré en entité autonome, garantissant une certaine capacité d’investissement, d’agilité et d’innovation.

7. la fidélisation des RH Rampart ou pas de la préservation de nos parts de marché
La baisse des marges et les effets de décroissance constatée, peuvent généralement conduire à des politiques de diminutions de certains avantages et acquis que le personnel a. Conséquence directe de l’indexation d’une bonne partie des revenus sur la croissance des entreprises. Cette situation aura comme conséquence immédiate, de développer des conflits internes au moment où toutes les énergies devraient être consacrées à la préservation de nos parts de marché ainsi qu’au développement des nouveaux métiers.

C’est justement cette situation de nouveaux métiers à développer qui mettra plus de pression sur nos entreprises, la nécessité d’attirer de nouvelles compétences pour faire face.

Entre le personnel existant, le besoin de maîtriser les charges RH et l’exigence de recrutement.

8. Digitalisation
Mieux que les tarifs, la simplicité favorise beaucoup plus les usages. Beaucoup d’outils ou d’applications même s’ils sont gratuits, n’auront pas connu le même sort que Whatsapp, TiKTok,..qui doivent leur explosion à une certaine facilité d’utilisation. Instruit ou pas, analphabète ou pas, tout le monde sait les utiliser sans aucune difficulté.

Ainsi, la refonte de tous les processus et outils dans le but de simplifier le parcours client, demeure plus que nécessaire. Facilité est synonyme d’attractivité et devient dès lors, un élément de différenciation.

9. A suivre………

Moussa Diop, Ingénieur en Télécom



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