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Attentat en Nouvelle-Zélande: inculpation de l’auteur de l’attaque contre deux mosquées

Rédigé par La rédaction de leral.net le 16 Mars 2019 à 10:47

Attentat en Nouvelle-Zélande: inculpation de l’auteur de l’attaque contre deux mosquées
Brenton Harrison Tarrant, le ressortissant australien âgé de 28 ans soupçonné d’avoir tué 49 personnes dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, vendredi 15 mars, a été inculpé pour meurtre, samedi 16 mars, par un tribunal de la ville néo-zélandaise.

Les deux cibles du tireur étaient la mosquée Al-Noor dans le centre-ville, où 41 personnes ont péri, et une seconde en banlieue, à Linwood, où sept personnes sont mortes. Une 49e victime a succombé à l’hôpital.

Audience fixée au 5 avril

Brenton Tarrant est apparu menotté et vêtu de la tenue blanche des prisonniers devant le tribunal du district de Christchurch, sans s’exprimer durant l’audience. Il a été formellement accusé d’avoir assassiné un homme, dont le nom n’a pas été prononcé par le juge Paul Kellar par égard pour la famille de la victime. Les autres chefs d’inculpation seront prononcés ultérieurement. L’avocat commis d’office n’a pas demandé de mise en liberté sous caution. Brenton Harrison Tarrant demeurera en détention jusqu’à une prochaine audience fixée au 5 avril.

Pour raisons de sécurité, seule la presse a pu assister à l’audience. L’ancien instructeur de fitness et « fasciste » autoproclamé est resté impassible lorsque son inculpation lui a été signifiée. Debout, flanqué par deux policiers, il a fait de la main droite le signe « OK », en joignant le pouce et l’index, symbole utilisé à travers le monde par les adeptes du suprémacisme blanc.


Deux autres suspects en garde-à-vue

Deux autres hommes sont en garde-à-vue, mais leur lien avec l’attaque n’a pas été clairement établi. L’un des deux, Daniel Burrough, 18 ans, a été inculpé pour incitation à la haine.

La police australienne a annoncé de son côté s’être rendue dans la maison d’enfance de Tarrant dans la ville de Grafton, au nord de Sydney, où des membres de sa famille ont été interrogés.

La Première ministre Jacinda Ardern a qualifié de « terroriste » cette attaque et parlé d’une des « journées les plus sombres » jamais vécues par la Nouvelle-Zélande. Mme Ardern a expliqué que Tarrant « n’avait pas été repéré pour son extrémisme par les renseignements ou la police ».

39 personnes hospitalisées

Non loin du tribunal, 39 personnes sont toujours hospitalisées pour des blessures reçues lors du carnage. Parmi les blessés figurent un garçon de 2 ans et une fillette de 4 ans, évacuée dans un état critique vers un plus grand établissement. Les médecins de l’hôpital de Christchurch ont dit avoir travaillé toute la nuit de vendredi à samedi dans douze salles d’opération pour venir en aide aux survivants. Pour nombre d’entre eux, la convalescence sera longue après de nombreuses interventions chirurgicales. Sans parler du traumatisme psychique.

Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné lors d’une conférence de presse Mme Ardern, en indiquant que la Turquie, le Bangladesh, l’Indonésie ou encore la Malaisie avaient proposé l’aide consulaire à leurs ressortissants. Un Saoudien et deux Jordaniens figurent parmi les victimes. Cinq Pakistanais sont portés disparus.


La législation sur les armes en question

Mme Ardern a précisé lors d’une conférence de presse que le tireur avait amassé un arsenal et disposait d’un permis de port d’armes obtenu en novembre 2017, promettant des réformes. « Je peux vous garantir que nos lois sur les armes vont changer », a-t-elle dit aux journalistes, ajoutant que les armes semi-automatiques pourraient être interdites.

Cinq armes – dont deux fusils semi-automatiques – ont été utilisées lors de l’attaque, a-t-elle précisé.

Les détails de l’intervention de police

Le carnage de Christchurch n’a pris fin vendredi qu’à la faveur de l’intervention de deux policiers d’une petite bourgade voisine, une demi-heure après le début de la tuerie. Sur une vidéo filmée d’un véhicule passant sur l’artère où a eu lieu l’arrestation, le véhicule du tireur est immobilisé contre le trottoir par une voiture de police qui l’a percuté. Une des roues avant de la voiture du suspect est décollée du sol et tourne dans le vide.

Deux policiers, dont l’un équipé seulement d’une arme de poing, pointent leur arme en direction de la porte ouverte de la voiture, côté passager. « Il y avait des policiers de campagne, je crois de Lincoln, qui étaient présents », a raconté Mme Ardern, en citant le nom d’une petite localité au sud de Christchurch.



Source: LeMonde.fr