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Avec Sidate Thioune, animateur au GFM: "Youssou Ndour, Déguène Chimère, Kouthia et moi..."

Il est de ces animateurs qui pèsent plus qu’ils ne comptent dans le showbiz sénégalais, pour ne pas dire le milieu de l’animation tout court. Sidate Thioune, qui a affûté ses armes à Dunyaa Fm, Walfadjri… avant de déposer ses baluchons chez Youssou Ndour au groupe Futurs Médias, se considère comme le géniteur de la très suivie émission « Dakar ne dort pas » sur la Tfm. Dans cet entretien avec Leral, il revient également sur ses relations avec ses autres collègues animateurs non sans s’offusquer de l’ingratitude des artistes.


Rédigé par leral.net le Mercredi 3 Juillet 2013 à 14:15 | | 1 commentaire(s)|

Avec Sidate Thioune, animateur au GFM: "Youssou Ndour, Déguène Chimère, Kouthia et moi..."
Vous êtes l’une des figures emblématiques de l’animation au Sénégal, parlez nous un peu de votre carrière.

Je pense que si on se mettait à retracer ma carrière à la radio, on peut y passer toute une journée. Mais pour être plus succinct, c’est en 1996 que j’ai intégré la radio, mon premier directeur est Ibrahima Ben Basse que je remercie beaucoup au passage. C’est grâce à lui que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. Il y a aussi Ndella Madior Diouf avec qui j’ai collaboré ainsi que Sidy Lamine Niasse. Actuellement, je suis avec Youssou Ndour. Donc entre 1996-2013, c’est un long chemin, parsemé d’embûches.

Comment est née cette passion pour l’animation ?

Peut-être que c’est mon destin. Parce que ce n’est pas un métier que j’ai choisi personnellement. J’étais quelqu’un de curieux depuis tout petit. C’est ma grand-mère qui m’a intégré à la radio, elle travaillait avec les Déguène Chimère Babou de la Tfm, Gagnesiry qui était à Canal Infos. Ma grand-mère s’appelle Ndèye Awa Mboup, je pense que tous ceux qui avaient l’habitude de suivre l’émission Confidences à l’époque la connaissent. En ce moment, j’avais une shop music car je faisais de l’animation musicale lors des cérémonies dans les quartiers.

Dites-nous ce qui vous a agréablement marqué dans votre carrière ?

Ce qui m’a le plus marqué dans ma carrière, c’est ma mère, j’ai beaucoup galéré avec elle. Ma maman n’a jamais aimé que je fasse de l’animation, elle me rendait la vie impossible pour que j’abandonne l’animation, parce qu’elle ne voit pas de raisons qui puissent faire de moi un animateur. Ce n’était pas une question de manque de moyens parce qu’on se contentait de ce qu’on avait. Car, mon papa aussi était un grand monsieur. Ma maman m’a amené plusieurs fois à la police pour qu’on me redresse afin que j’abandonne ce métier. A un moment donné, elle n’avait plus d’espoir pour mon avenir et m’a fait sortir de la maison. N’empêche, je n’ai pas baissé les bras. Après quelques années elle m’a accepté à la maison, un jour alors que je dormais, elle m’a réveillé en me disant : « Lèves-toi et va travailler avant que tu ne sois en retard, les auditeurs t’attendent ». Ce jour-là, j’étais très content. A ce moment, j’étais à Walfadjri.

Votre trajectoire ressemble à celle de Youssou Ndour, est-ce une idole pour vous?

Youssou Ndour c’est une idole, quelqu’un comme lui au Sénégal, il n’y en a pas. C’est une légende pour moi. La réputation qu’il s’est forgée, il l’a travaillé au Sénégal. Avant même de travailler pour lui, je le suivais. Parce que je faisais l’animation populaire avant de faire la radio. Youssou, je pense qu’on n’a pas encore fini de dire tout sur lui. C’est un Grand Monsieur, un self-made man et je pense que ce qui s’est passé avec Obama, ne devrait surprendre personne, bien au contraire. Prions simplement pour lui, que le Tout-puissant lui accorde longue vie, santé et succès dans toutes ses entreprises, car il faut dire que le succès de Youssou sera incontestablement celui du Sénégal et de tous les Sénégalais. Aujourd’hui, tout ce qu’il a investi dans ce pays en est une illustration parfaite.

Vous semblez être proche de Déguène Chimère au point qu’elle vous surnomme « Xaléboureew » du temps de Dunyaa Fm, comment est née cette complicité ?

Moi, je l’appelle « Maman Déguène » parce que je la considère comme une maman, c’est aussi une brave dame, une référence pour les femmes qui veulent devenir comme elle. Tout ce qu’elle fait à travers ses émissions, c’est pour l’intérêt du pays. Pourtant, elle n’était pas obligé de le faire. Mais, elle veut juste contribuer au développement du pays. C’est ma maman préférée et je le dis haut et fort.

Pourquoi « La mu saf » ou encore « Loupathiakh » ?

(Rires) Vous savez peut-être que cela vous impressionne. Moi, je suis un fils de griot, mais pas un griot qui tend la main. Je suis un noble griot, je travaille et je gagne ma vie convenablement. On naît avec des choses (begg) qui nous sont innées, cela peut ou ne pas déranger. Parce que chacun peut faire ses propres interprétations de la façon dont il comprend ces termes. D’habitude au Sénégal, quand vous dites quelque chose, les gens ont tendance, d’abord, à les prendre au sens négatif. « Lamousaf », c’est un nom qui est venu naturellement, j’ai l’habitude de créer des émissions pareilles. Il y a aussi d’autres expressions « Lupathiakh », « Thiokoro Bolé Ping-pong », « keurgui la maison », « ThiapittNiamitt, yoor sa you sew diko thiaw ». Pour simplement dire que j’ai des termes qui me sont propres. Comme on dit, Lamusaf kako matiaako xaam (ndlr : C'est celui qui déguste une chose qui en connait la saveur) » donc c’est à vous d’apprécier. Parce que quand vous ne goûtez pas à la chose vous ne pouvez pas l’apprécier. Ce qui est sûr, c’est que c’est une émission qui est très écoutée par les Sénégalais de la diaspora qui ne cessent de m’appeler. Il y a même certains auditeurs qui sont dans des pays un peu reculés que je ne peux imaginer et qui la kiffent grave. Ce qui fait que « Lamusaf » c’est comme une famille où tout le monde peut se retrouver.

Parlez-nous de vos relations avec Sanekh.

Sanekh c’est un frère, un ami. On est tout le temps ensemble dans le cadre du boulot, on a formé un duo de choc. Et quand je dis que c’est un frère ça veut tout dire.

Comment voyez-vous de nos jours, l’animation au Sénégal, notamment les relations artistes-animateurs ?

Ce que je vais dire ça va certainement blesser, s’il y a certains qui ne le comprendront pas, qu’ils m’en excusent. Mais, je dis que les artistes n’ont pas de reconnaissance et cela veut tout dire. Les artistes n’ont pas le sens de la reconnaissance, ils oublient le passé. Il y a beaucoup d’artistes pour qui on a tout fait pour leur promo, mais aujourd’hui ils nous ignorent royalement, malgré tout ce qu’on a fait pour eux. Malgré tout ce qu’on peut endurer pour eux parfois. Ils ne prennent pas le soin d’appeler leurs amis d’hier même s’ils le font, c’est rare. Il faut qu’ils aient cette habitude de se souvenir de ceux-là qui ont contribué à leur succès, c’est ça la reconnaissance. Il faut qu’ils sachent que nous ne sommes pas leurs fans, car c’est nous qui les avons imposés au public à travers leurs productions. Je pense que cela relève même de la trahison quelque part.

Il parait qu’il y avait un clash entre vous et Kouthia à cause d’une émission que vous deviez animer ensemble?

Ce n’est pas la Rfm qui pourra me mettre en mal avec lui. Kouthia, comme je l’avais témoigné pour Sanekh, c’est un frère. Vous savez, comme on dit en wolof, la langue et la dent cohabitent, il faut que vous compreniez une chose, on a essayé de nous mettre en mal, mais cela n’a pas marché. Il ne faut pas oublier que là où vous travaillez, vous avez des ennemis comme vous avez aussi des gens qui vous aiment et qui vous adorent. Donc, Kouthia, c’est un gars que j’estime beaucoup, c’est quelqu’un qui a énormément de talent qui mérite beaucoup de choses au Sénégal. On ne lui a pas rendu tout son mérite. On s’appelle, on communique et on mange parfois ensemble le « dakhine » un de nos plats préféré. C’est depuis walfadjri qu’on s'est connu. Donc personne ne peut me mettre en mal avec lui.

Un souvenir douloureux qui vous a le plus marqué dans votre vie ?

C’est lorsque mon papa m’a quitté. Je me rappelle, je devais aller en mission pour deux semaines. Mais avant d’y aller, il était déjà malade et je l’ai amené à l’hôpital pour le faire consulter et tout était normal. Ce jour-là, il était fier de moi, fier d’avoir un enfant qui puisse s’occuper de lui. Et il a prié pour moi. Après deux jours, on m’a appelé en mission avec Fallou Dieng pour deux semaines. Le jour de mon retour, la nuit même, on m’a informé que mon père était toujours malade, je suis allé directement chez lui quand je suis arrivé. Il m’a dit : « Pourquoi tu ne m’a pas averti avant d’aller à ta mission ? », je lui ai fait savoir qu’il fallait que j’y aille pour régler quelques affaires pour lui. Après, il m’a dit : « Ce n’est pas la peine car c’est toi que j’attendais, je pars demain ». Je lui ai dit pourquoi tu dis ça, il m'a répondu : « Je sais que demain je vais partir ». Et le lendemain, il nous a quittés. Cela m’a beaucoup marqué parce que mon papa c’était mon ami, il y avait une complicité entre nous de même que ma maman.

Il paraît que vous êtes sur le point d’être polygame ?

Amine ! Vous savez, le souhait de tout homme est d’avoir une femme qui puisse s’occuper de lui. Pour le moment, je gère mais je n’ai pas deux femmes, peut-être dans l’avenir parce qu’il ne faut jamais dire jamais. On ne sait pas, en tout cas, je préfère ne pas donner de suite.

On ne peut finir l’entretien sans parler de « Dakar ne dort pas », parlez-nous un peu de cette émission qui cartonne fort.

Dakar ne dort pas c’est une longue histoire… ( il se tait un moment).

Racontez-nous un peu cette histoire.

En vérité c’est mon concept, il y a « Dakar by night » qui existe à la radio Rfm et « Dakar ne dort pas » à la Tfm. C’est quand je suis venu à la Rfm que j’ai amené ce concept en le présentant à Youssou Ndour. Avant, je le faisais avec Dj Nicolas qui animait avec moi Real-one. On avait l’habitude d’aller sur le terrain pour prendre les impressions des gens qui allaient en boite de nuit. D’ailleurs, j’ai entendu certains dire que c’est eux qui l’ont créé mais c’est faux. Youssou Ndour peut me témoigner, il en sait quelque chose. Je lui ai présenté le concept chez lui à Fann Résidence. Mais aujourd’hui, ce qui est important, c’est que tous les animateurs de « Dakar ne dort pas » sont comme une famille. C’est d’ailleurs ce qui explique le succès de l’émission.

Interview réalisée par Cheikh Camara Coka et Moussa Fall (www.leral.net)



1.Posté par wereyane le 04/07/2013 13:42 | Alerter
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Noble griot ? Tu parles ...La noblesse est une affaire de sang

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